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Un poisson dans le netL'essentiel de l'Évangile – 1 – L'homme dans le plan de Dieu

L'essentiel de l'Évangile – 1 – L'homme dans le plan de Dieu

Objectif

Découvrir la position de l’homme aux yeux de Dieu.

Textes bibliques à lire

  • Lecture principale : Genèse 1 et 2. La Genèse est l’un des cinq livres écrits par Moïse au 15ème siècle avant Jésus-Christ.
  • Lecture complémentaire : Job 38. Job s’interroge sur sa souffrance et sur la souveraineté de Dieu.

À discuter

  • Qu’est-ce que ça change à notre conception de la vie, si nous ne sommes pas le fruit du hasard ?
  • Quelles étaient les caractéristiques du monde que Dieu a créé ?
    • Par rapport à la beauté, à l’organisation, à la structure
    • Par rapport au dessein familial
    • Par rapport à la mission de l’homme sur terre
  • Quelle relation unissait l’homme à Dieu ?
  • Pourquoi un "arbre de la connaissance du bien et du mal" dans le jardin ?


Lecture complémentaire :
Dieu et son univers

Tout œuvre, quelle qu’elle soit, porte l’empreinte de son auteur. Ainsi en est-il de la création qui, lorsque l’informe a pris forme, renvoie, elle aussi, à son auteur.

La création est parfaite

Le premier chapitre de la Genèse dit : "Dieu vit que la lumière était bonne" (v. 4). La fréquence de l’expression " cela était bon " (v. 10, 12, 18, 21, et 25) n’a pour but que d’en souligner l’importance, encore renforcée par le jugement définitif que Dieu porte sur son œuvre : " Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon " (v. 31)

Tout le créé porte ainsi l’empreinte du Dieu saint et reçoit le sceau de son approbation. La conformité des lois de l’univers à la nature de Dieu marque aussi bien chaque sphère du créé que l’ensemble formé par l’homme et la totalité de son environnement.

Or, les lois de l’univers mettent en évidence la notion de spécificité à chaque niveau du créé. Celle-ci s’inscrit aussi bien dans le fonctionnement de la machine cosmique que dans le comportement animal et végétal, soumis chacun à une finalité irréversible. La ressemblance de l’homme avec Dieu lui confère un statut privilégié car il peut regarder à ce qui le transcende, sans avoir à s’abaisser à un niveau inférieur. C’est pourquoi l’approbation divine s’étend aussi à l’homme qui, à ce moment de son histoire, démontre la même perfection.

La louange éclate à travers toute la création : louange à laquelle s’associent l’homme, la machine cosmique et tout ce qui se situe à des niveaux intermédiaires. Chaque élément remplit – sans en avoir nécessairement conscience – une fonction spécifique et finale qui constitue en soi un hommage à Dieu et – sur un plan plus général – une évocation de sa mystérieuse souveraineté. Le péché n’existe pas encore et la relation avec Dieu est parfaitement adéquate. La machine, l’animal et l’homme trouvent ainsi leur raison d’être dans une spécificité conforme au caractère de Dieu et qui ne détruit pas l’harmonie entre les différents niveaux de la création.

Selon le théologien Tillich, l’homme est, dès l’origine, un être déchu. Par contre, selon la Genèse, l’homme trouve son identité véritable dans sa ressemblance au Créateur et dans sa relation à ce dernier. La Genèse, en effet, ne situe pas l’homme dans la perspective de la chute, mais dans celle de la création, qui est parfaite. L’homme originel – que ce soit l’homme ou la femme – peut supporter le regard de Dieu car tout en lui est bon, qu’il s’agisse de l’âme ou du corps. L’Écriture refuse formellement la notion courante d’une identification entre le péché originel et le premier acte sexuel dont le fruit défendu serait le symbole. Car Dieu approuve l’union de l’homme et de la femme, à laquelle s’assortit d’ailleurs le commandement d’avoir des enfants (Genèse 1:28).Au terme du récit de la création, le lecteur est émerveillé. La création est achevée. Faut-il dès lors admettre que toute intervention divine est désormais inconcevable ? Dieu serait-il donc le prisonnier de son œuvre ?… Non, certes : le fiat qui a engendré l’univers peut aussi le modifier, comme ce fut le cas par exemple après la chute d’Adam. Or, il est important pour l’homme du XXe siècle de comprendre que Dieu a la puissance d’intervenir et de provoquer des phénomènes discontinus par le seul effet du fiat. Nous reviendrons sur cette question.

Un "jour" dans la création

La notion de jour est diversement traitée dans l’Écriture et en particulier dans la Genèse, ce qui doit nous inciter à donner du champ à l’interprétation de ce terme. "Dieu créa l’homme et la femme, il les bénit, et il les appela du nom d’homme, lorsqu’ils furent créés" (litt. "le jour où ils furent créés", Genèse 5:2). Or, selon le contexte, Adam et Eve n’ont pas été créés dans un même temps, ce qui laisse supposer que ce mot jour désigne une période de plus de vingt-quatre heures. D’autres passages de l’Ancien Testament – tels Esaïe 2:11,12 et 17 – l’assimilent à une période indéterminée, à l’instar de la traduction anglaise où cette acception du terme est fréquente. Le terme hébreu, tout comme son équivalent en anglais – recouvre en réalité trois significations distinctes ; il décrit, selon le cas, une période ponctuelle de vingt-quatre heures, la clarté dispensée dans ce même temps, voire une durée indéterminée. En conclusion, la notion de jour échappe à toute définition trop stricte. L’usage du mot dans la Bible d’une part, et le caractère imprécis de la datation scientifique d’autre part, ne permettent pas d’aboutir à des conclusions formelles.

La création, l’existence et de l’identité de Dieu

La plus grande partie de la théologie moderne ainsi que toute la pensée orientale sont confrontées dans la Genèse à une conception et à une présentation parfaitement originales de la réalité du monde et de sa relation avec Dieu. La réalité factuelle de la création élimine le concept qui réduirait celle-ci à une simple extension de l’essence divine. L’Écriture et la tradition judéo-chrétienne attestent constamment pour leur part l’existence d’une réalité distincte de celle du Créateur, mais qui, tout en étant objective, constitue un éclatant hommage au caractère divin, et ce sous quatre aspects différents.Le monde extérieur, même défiguré par la chute, nous parle encore de l’être et, comme je l’ai dit à propos de Jean-Paul Sartre, la philosophie fonde toute sa problématique sur le postulat de l’être. La réalité objective du monde atteste l’existence de Dieu. C’est ainsi que l’existence de l’univers achemine à l’existence de Dieu en passant par l’existence de l’être.Par ailleurs, l’univers possède une structure qui permet d’en appréhender l’unité à partir des éléments particuliers. Les recherches scientifiques les plus poussées ne confrontent jamais l’homme au chaos, et les lois d’espèce, définies en Genèse 1, en sont une démonstration. Si tel est le créé, tel est le Créateur, qui est aussi le Dieu de l’Écriture. Il ne saurait être considéré comme l’inconnaissable de la philosophie, ou le Grand Tout, ou encore le hasard, ou le chaos. Il est au contraire – avec toute la révérence due à sa personne – un Dieu accessible à la raison.

De plus, l’univers créé par le fiat divin exalte la perfection de Dieu au travers de sa perfection initiale.

Enfin, la création nous parle de la personne de Dieu. L’homme, en tant que créature-témoin de cette personne, est porteur de la plus authentique et de la plus complète révélation que Dieu ait donnée de lui-même ; rien dans l’univers ne peut soutenir la comparaison, rien hormis les anges – mais c’est à l’humain que l’Écriture attribue cette fonction de révélateur, à cet humain qui nous est familier. L’homme, c’est la personne au cœur même du non-personnel. Et cette personne renvoie à celle du souverain Créateur, dont elle est l’unique image ; car ni la machine, ni les plantes, ni les animaux ne possèdent ce caractère représentatif. L’amour et la communication sont les attributs permanents du Dieu triunitaire, qui se trouvent reproduits dans l’homme créé à son image, et cette ressemblance implique une relation dont le reste de la création est exclu. L’homme possède la parole, et Dieu peut donc lui parler. L’homme pense en propositions, de sorte que Dieu peut se révéler à lui selon cette même modalité.

C’est donc sur cette base de rationalité que Dieu rencontre les êtres humains dans le cours de l’histoire, comme en témoigne le passage suivant : " L’Eternel Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras " Genèse 2:16-17.Ce texte nous apprend que Dieu entretenait une relation avec l’homme avant la chute, mais cette relation, loin d’être une expérience existentielle sans contenu, était haussée au niveau d’une authentique communion. La transparence de la communication était due au fait qu’elle était d’une part fondée sur l’amour, et d’autre part conforme à la nature propositionnelle de la pensée.

La parole adressée à Adam et Eve après qu’ils eurent mangé le fruit est à cet égard exemplaire : " Alors ils entendirent la voix de l’Eternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Eternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. Mais l’Eternel Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ? " Genèse 3 : 8-9.Après avoir écouté Adam et Eve, Dieu leur parle en termes aussi propositionnels que précédemment. La communication entre Dieu et l’homme est donc une réalité permanente dans son histoire, aussi bien avant la chute qu’après.La communication entre les êtres humains est en quelque sorte l’autre face d’une même réalité, car elle se modèle sur la relation entre les hommes et Dieu. Le moindre échange de propos est en effet un témoignage – fût-il inconscient – à la nature divine ; le plus grand blasphémateur et l’athée le plus militant se retrouvent donc à la barre des témoins, même lorsqu’ils profèrent des injures contre Dieu ou qu’ils nient son existence. La faculté de communiquer apparaît ainsi comme une marque indélébile de la personne divine dans l’homme.

Dans sa configuration, l’univers exprime donc les attributs de la personne divine, à savoir sa rationalité et sa bonté. Par conséquent, l’homme s’accomplit pleinement dans la relation de personne à personne entre l’être fini qu’il est lui-même et le Dieu infini qui constitue sa référence suprême. Le commandement d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force ne se réduit donc pas à un exercice de dévotion irrationnel mais confère au contraire une signification précise aux aspirations de notre être limité. En résumé le rapport entre Dieu et l’homme doit sa dynamique à trois facteurs essentiels qui sont : la personne, la réciprocité dans la communication, et la réciprocité dans l’amour.

Aimer… Voilà notre raison d’être : Aimer Dieu au niveau qui est le nôtre, le niveau humain qui est différent de celui de la machine. D’autres éléments par contre, tels l’atome d’hydrogène ou le système stellaire, sont limités à un rapport strictement mécanique. Si la prière ou la louange à Dieu se situent à ce niveau non personnel, nous trahissons notre véritable identité.

Que devient dans tout cela l’amour du prochain ? Considéré à la lumière de ce qui vient d’être dit, il prend tout son sens. Car l’homme qui tombe amoureux – qu’il soit un incroyant ou même un blasphémateur – rend lui aussi hommage à la nature de Dieu. Or, ce témoignage renforce celui que l’univers rend à l’existence et à la bienveillance de Dieu. La nature des relations humaines, aussi bien sur le plan de l’amour conjugal que sur celui de l’amitié, affiche ce que Dieu est essentiellement, c’est-à-dire amour.

La création constitue une interpellation de Dieu à l’homme, car sans être une extension du divin, elle l’évoque néanmoins dans chacun de ses éléments.

Dans cette perspective, la relation homme-femme ne devrait plus être le sujet de dérision, ou le fléau qu’elle est trop souvent pour l’homme moderne. Dieu, nous le savons n’a pas voulu que l’homme soit seul ; il a mis près de lui un être complémentaire et cependant différent, ce qui a donné à la communication et à l’amour leur dimension humaine. Ainsi, par-delà leur valeur intrinsèque de réciprocité, l’amour et l’amitié nous parlent de la nature même de Dieu.

Il y a en effet dans l’amour une transcendance que la chute n’a pas abolie, comme en témoigne d’ailleurs l’Épître aux Romains : " Car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’oeil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Les hommes sont donc inexcusables. . . " Romains 1:19-20.Tout ce que Dieu a créé est donc "depuis la création. . . " une constante évocation de son existence, de sa personne et de sa bienveillance.

La création en paix avec elle-même

A l’origine, la création était en paix avec elle-même ; le texte de Genèse 1 : 29-30 – sans être très explicite – semble indiquer que les hommes et les animaux se nourrissaient exclusivement de végétaux. Par contre, la parole que Dieu adresse à Noé marque une altération assez nette dans les rapports entre les hommes et le monde extérieur, puisqu’elle accorde l’entière liberté en ce qui concerne le choix de la nourriture : " Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte "
Genèse 9:3 Il existe donc une nette corrélation entre la nouvelle série d’alliances inaugurées au lendemain du déluge, et le cours de l’histoire qui est dès lors très sensiblement modifié. L’univers est désormais sous le règne de la peur : " Vous serez un sujet de crainte et d’effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains " " Genèse 9:2.

Si les implications de ce nouveau rapport de forces n’apparaissent pas clairement ici, le texte révèle – comme en filigrane – l’existence d’un état originel non conflictuel que la création est destinée à retrouver. Cet état de paix laisse supposer, sinon l’absence de toute dégradation, du moins l’absence de la violence et de la peur du néant, qui est si familière à l’homme.

Envisageons une dernière hypothèse selon laquelle la violence aurait déferlé sur le monde après la révolte de Satan qui est antérieure à celle d’Adam ; certains auteurs, tel C. S. Lewis, admettent cette hypothèse que rien dans l’Écriture ne confirme ni n’infirme. Cependant, certains textes (Jean 12.31 ; 14.30 et 16.11) présentent Satan comme " le prince de ce monde " et accréditent l’idée que sa domination s’exerçait déjà avant la chute, voire avant la création de l’homme. Esaïe situe ce que je crois être la chute de Satan dans une perspective identique (Esaie 14 :12-17). La violence qui a altéré l’état de l’univers aurait donc été introduite par Satan à une époque où l’homme n’existait pas encore. Cette hypothèse s’appuie donc sur deux éléments : – les altérations seraient postérieures à la création ex nihilo de l’univers ; -la chute de Satan a effectivement précédé celle d’Adam.

L’histoire en marche

Contrairement aux allégations d’un certain nombre de penseurs existentialistes ou orientaux, l’histoire a une signification. Loin d’être statique, elle tend, depuis la création, vers un dénouement précis. L’Écriture annonce expressément le retour à l’état initial : " Car la création a été soumise à la vanité – non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, – avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement ; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps " Romains 8 :20-23.

Le verset 19 fait allusion à un développement normal que, d’après ce passage, la création doit retrouver au moment de la résurrection corporelle des chrétiens.

Le verset 23 de ce chapitre parle d’une adoption à venir ; or le chrétien est, dans un certain sens, " adopté " dès le moment où il accepte Jésus-Christ comme Sauveur personnel. La première partie du chapitre décrit en effet la condition de l’enfant de Dieu qui est désormais déculpabilisé et justifié. Le verset 23 fait allusion à l’étape finale de l’adoption qui aura lieu à la deuxième venue de Jésus- Christ. Cette adoption ne sera vraiment totale qu’au moment où la création sera restaurée et qu’aura lieu la résurrection des corps (Romains 8 : 23). L’adoption revêt donc un caractère inclusif, universel : " La création tout entière souffre les douleurs de l’enfantement. " La création a perdu son aspect originel et sa vocation première. La venue de Christ et la résurrection des corps concrétiseront l’adoption dans le sens d’un complet rétablissement de toutes choses. C’est, ce me semble, le message du prophète Esaïe qui décrit ces temps futurs dans les termes suivants :

" Le loup habitera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits un même gîte ; et le lion, comme le boeuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic " Esaïe 11:6-8.Il ne s’agit nullement d’une nouvelle conception de la nature mais d’une authentique transformation du monde extérieur.

Les divergences en ce qui concerne l’époque exacte de ce renouveau s’incarnent dans deux courants d’opinion. Certains chrétiens – et je suis de ceux-là – admettent l’existence d’un millénium terrestre – ou règne millénaire de Christ – antérieur au règne éternel de Jésus-Christ dans la gloire. D’autres, par contre, considèrent que ces passages se réfèrent uniquement au règne éternel. Quoi qu’il en soit, la création est destinée à témoigner à nouveau, dans l’harmonie retrouvée, de l’existence et de la personnalité bienveillante de Celui qui l’a modelée à l’aube des temps. Par conséquent la pensée judéo-chrétienne s’oppose nettement à la conception moderniste d’un monde statique, car elle présente l’histoire comme un continu significatif marqué par un commencement et une fin.

Les conséquences de la chute se sont répercutées sur la création qui a " été soumise à la vanité " ; il n’est donc de restauration possible que sur la base de l’œuvre de Christ – l’Agneau de Dieu – qui redonnera à l’homme sa véritable place dans la création. La restauration finale marquera le terme du processus divin dont voici les grandes étapes :

  • dans le temps de l’histoire : la repentance et la régénération du pécheur qui, en devenant enfant de dieu, retrouve la communion avec lui, et sa propre raison d’être ;
  • à la fin des temps : la transformation du corps du croyant au moment de la deuxième venue de christ ;
  • enfin, le rétablissement de la création.

Comment s’étonner, face à la perfection de l’ouvrage divin, que la louange éclate dans le dernier livre de l’Écriture ?

" Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance ; car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées " Apocalypse 4:11.Ainsi la louange à Dieu est-elle avant tout louange au Créateur. Est-ce à dire, alors, que le monde tel que nous le connaissons est parfait ? Le comportement de l’homme de la rue, l’œuvre tourmentée de l’artiste ou encore le monde qui nous entoure ne révèlent-ils pas plutôt l’existence d’une faille, voire d’un état de faillite ? Et l’image du Dieu de bonté n’est-elle pas à tout le moins déformée ? Le péché est là, en effet, présent dans l’homme mais aussi dans le monde où tout est heurt et conflit. Au cœur même de cette réalité, l’univers et l’homme n’en demeurent pas moins les témoins éloquents de l’existence et de la nature de Dieu. Rien dans la création – que ce soit dans le ciel, sur la terre ou sous la terre – ne peut résoudre la contradiction. Rien si ce n’est l’œuvre rédemptrice de Christ dans l’histoire. Seul l’Agneau de Dieu peut changer ce qui doit l’être ; c’est ce que nous enseigne le chapitre 5 de l’Apocalypse, en parfait accord avec le passage cité ci-dessus à propos de la création originelle.

La lecture d’Apocalypse 5 :9-11 nous fait découvrir un authentique rapport de cause à effet entre la rédemption et la louange ; car si l’homme loue l’Agneau de Dieu, c’est parce qu’il est racheté. " Tu es digne de prendre le livre, et d’en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation. " Les versets 12 à 14 reprennent comme en écho le même thème : " L’Agneau qui a été immolé (le passé souligne le caractère historique de l’événement) est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la louange. " Le passage suivant évoque implicitement le même avenir de paix que celui décrit dans le huitième chapitre des Romains : " Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s’y trouve, je les entendis qui disaient : A celui qui est assis sur le trône, et à l’Agneau, soient la louange, l’honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! Et les quatre êtres vivants disaient : Amen ! Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent. "Tous sont prosternés, tous sont dans l’adoration. Pourquoi? Parce qu’en ce temps-là la création bénéficiera effectivement de la paix que le sacrifice rédempteur de Jésus- Christ sur la croix lui a acquise.La vision donnée à l’apôtre Jean dans l’Apocalypse est celle d’une plénitude universelle dont l’Écriture nous offre ailleurs les prémices. L’arche de Noé, par exemple, transportait outre Noé et sa famille, les diverses espèces animales, conformément à l’alliance que Dieu allait plus tard étendre à tous les êtres vivants et à la " terre " elle-même (Genèse 9 :12-13 et 16). De même, le sang de l’agneau pascal était le symbole du rachat à la fois pour les premiers-nés des Israélites et pour ceux de leur bétail.

Le temps vient où la création fera de nouveau retentir le message originel ; un temps ou son existence témoigne de l’existence de Dieu, comme la personnalité humaine témoigne de la personnalité divine ; un temps où la création tout entière exaltera la rédemption et la bienveillance souveraine de Dieu.

Francis Schaeffer, "Dieu et son univers" (tiré du livre : La Genèse – Berceau de l’histoire : Préverenges : Maison de la Bible, pp. 53 – 64)

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