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Un poisson dans le netRéflexionLes Nouvelles Spiritualités (partie 2)

Les Nouvelles Spiritualités (partie 2)

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L’expérience prime

Les croyances essentielles sont difficiles à cerner. Puisqu’il n’y a pas de référentiel, presque tout est permis. C’est ce qui est d’ailleurs reproché au croyants des NS :

L’adepte  » mystique-ésotérique  » tel que j’ai pu en dresser l’idéal type croit à diverses croyances incroyables comme les  » régressions dans les vies antérieures « , les  » sorties hors du corps physique « , les communications avec des  » guides spirituels « , des  » grands initiés « , des  » maîtres de la hiérarchie spirituelle « , etc. Il faut croire aussi au pouvoir de guérison des cristaux, aux  » voyages astraux  » (notamment dans le passé), aux Tarots : en diverses pratiques de type magique même si chez lui les conditions psychologiques (de concentration, d’ouverture…) nécessaires à la réussite des pratiques l’emportent sur le respect des règles purement comportementales [16].

C’est l’une des nombreuses contradictions des NS qui cherchent à légitimer leurs croyances dans la science, tout en croyant… à l’incroyable ! C’est que le vrai n’est pas conçu d’une manière objective. Il est subjectif et passe par le vécu, par l’expérience :

La centralité donnée à l’expérience personnelle et le pragmatisme concourent également à faciliter la croyance en l’incroyable. Pour les adeptes mystiques-ésotériques, l’éprouvé personnel est considéré comme le seul critère de validation des croyances. De plus, la catégorie de l’utile prime sur celle de la vérité : qu’une croyance soit vraie ou fausse compte moins que ce qu’elle peut apparaître de bien-être, de bonheur personnel, d’aide dans les difficultés [17].

Willaime complète cette idée en évoquant les caractéristiques communes à ces NS :

… la quête du salut à travers la recherche d’un certain état de bien-être ici-bas ; la valorisation de l’expérience et de l’authenticité : il s’agit plus d’expérimenter personnellement que de croire (chacun doit trouver la voie qui lui correspond le mieux) […] L’expérience s’y trouve valorisée : les individus sont moins invités à adhérer à un corps de doctrines qu’à expérimenter une forme de sagesse censée leur procurer du bien-être [18].

L’expérience prime ! Le scientifique évoqué tout à l’heure approuve :

Je crois aussi que toutes formes figées dogmatiques, qui remplacent l’expérience par les mots, sont le contraire du mystère qu’elles affirment. Je pourrais mettre à ce sujet le mot de trans-religion, ce qui est entre, au-travers et au-delà des différentes attitudes religieuses [19].

Pire ! L’expérience est révélatrice du vrai :

[…] le bouddhisme, et en particulier le bouddhisme tibétain, nous propose une vision toujours révolutionnaire à ce jour, à savoir que la vie et la mort existent dans l’esprit et nulle part ailleurs. Mais ceci est tout simplement proposé. C’est la force et l’originalité de ces enseignements qui reposent essentiellement sur l’expérimentation individuelle. Ainsi, la vérité n’est pas imposée, mais bien au contraire elle peut être découverte par soi-même au fond de cette existence. Voilà la voie. Maintenant la question est simplement de s’y engager [20].

Point Bible

  • bible verseLe Christ, Parole vivante, nous laisse une Parole écrite parfaite (2 Tim. 3.16) dont la véracité ne dépend pas de la manière dont on vit son enseignement.
  • Une expérience ou une émotion spirituelle, même bouleversante, ne recevra pas toujours une approbation divine (Apoc. 3.1). Pierre, présent lors de la transfiguration, minimise l’impact de cette expérience lorsqu’il la compare à l’enseignement prophétique qu’il prend pour  » d’autant plus certaine  » (2 Pie. 1.18-20).
  • Une expérience que Dieu approuve fait suite à l’appropriation d’une vérité révélée dans l’Ecriture. La  » naissance d’en haut  » (Jean 3.3) fait suite à la confiance que l’on place en Christ pour le pardon de nos fautes. La joie du pardon suit la compréhension de la miséricorde de Dieu (Ps. 51), etc.

Les croyances essentielles

Monisme / Panthéisme / Universalisme

Tout ce qui existe provient d’une seule source d’énergie divine. Tout ce qui existe est Dieu ; Dieu est tout ce qui existe. De là l’idée que l’homme est divin. La divinité n’est pas à rechercher dans des textes, ou dans les cieux. Elle est à trouver en nous-mêmes. Puisque tout est Dieu, il n’existe qu’une réalité, difficile à cerner, mais abordable de tout côté. Aucun chemin n’est exclusif.

Point Bible

  • bible versePaul présente aux Athéniens un Dieu autonome, distinct de sa création (Actes 17.24-25).
  • Le monde naturel révèle suffisamment l’existence d’un Dieu invisible et parfait (Rom 1.20), qui appelle les hommes à la repentance. Ceux qui refusent d’admettre son existence pour en tirer les conséquences, sont livrés à une spiritualité  » folle  » puisqu’en adorant la création, ils offensent le créateur (Rom. 1.21-23).

Le karma / la réincarnation

Les actes bons ou mauvais forment un passif ou un actif que l’on appelle le karma(n). A la fin d’une vie, le karma détermine les punitions ou les récompenses attribuées à chaque individu, pour ses prochaines vies. Il se réincarnera immédiatement (pour les Tibétains), après 49 jours (Druzes), selon un cycle de 144 ans (Rosicruciens) ou de 1000 à 1400 ans (Théosophes). Mais l’homme meurt et renaît plusieurs fois afin de se purifier et mûrir.
Cette pensée est de plus en plus à la mode. Les témoignages en sa faveur se font nombreux :

« Ce qui me fait adhérer à l’idée de réincarnation, explique Laurent, 31 ans, responsable du marketing dans une société agro-alimentaire de l’Isère, c’est la notion de justice qui y est attachée. Nous nous réincarnons en fonction de nos existences antérieures. Si nous avons commis beaucoup d’actes négatifs, nous nous réincarnerons nécessairement dans une condition difficile. A l’inverse, si nous faisons le bien, nous aurons une existence future prospère et heureuse. Sans adhérer à aucune religion, je suis croyant, et c’est la seule explication rationnelle que je vois pour expliquer les inégalités fondamentales qui existent dès la naissance entre les hommes. » [21]

Point Bible

  • bible verseLa loi du karma s’oppose à la grâce en ce que la première propose le paiement de nos fautes par des œuvres compensatoires. Alors que le Père offre un pardon complet puisque la dette de tout péché a été  » payée  » par son Fils mourant sur la croix (Héb. 9.12, 10.10). L’homme ne peut parvenir à Dieu par ses propres efforts, mais uniquement par Christ (Tite 3.5 ; 1 Tim. 2.5).
  • La Bible enseigne que nous ne passons qu’une seule fois sur terre – pas de réincarnation (Héb. 9.27). L’homme demeure dans son état à son décès : pécheur pardonné, il rejoint Dieu ; s’il ne s’est repenti dans la confiance, il demeure séparé de Dieu, pour toujours (Dan. 12.2 ; Mat. 25.46).


[16] Champion, Op. Cit., p. 73-74.

[17] Ibid., p. 84.

[18] Willaime, Op. Cit., p. 62.

[19] Nicolescu, Op. Cit., p. 40.

[20] Gérard Riba,  » Jouer avec l’esprit « , Terre du Ciel, avr.-mai, 96, p. 37.

[21] L’Express, Op. Cit. p. 30.

 

À propos de ce texte

Cet article est la seconde partie du dossier « Les nouvelles spiritualités » (Sommaire de la série).

Credit photo:
photoXpress.com, h.koppdelaney via Compfight cc

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