Main menu

Porteurs de brancards

22.4.2010: Sant'Apollinare Nuovo, Ravenna

Les gens accourent de partout quand ils apprennent son arrivée. A Capernaüm ce jour-là, on ne parle que de Lui. J’imagine les enfants quitter leur salle de classe en hâte. Les mamans laissent derrière elles leur cuisine. Les vendeurs au marché ferment leur magasin. Personne ne veut rater l’occasion de voir et d’entendre l’Homme de Galilée. La maison où Jésus prêche se remplit très vite.

Mais quelque part ailleurs en ville, se trouve une autre maison. Celle-là est pratiquement vide. On n’y trouve qu’un homme. Il est paralysé. Les rues de son quartier sont également vides. Tout le monde est allé voir Celui que certains appellent le Messie. Le pauvre paralytique s’est peut- être dit : « Si seulement Jésus avait choisi ma maison pour y tenir sa réunion. Il n’y a aucune chance que je puisse le voir ! »

Un homme seul. Paralysé.

C’est l’image du monde dans lequel nous vivons. Tout autour de nous, des vies paralysées, brisées. Je vis dans un pays paralysé. Après avoir été paralysé par l’un des pires génocides de l’histoire, le Cambodge est aujourd’hui paralysé par la corruption, la pauvreté, l’injustice. Dans les rues et les bidonvilles de Phnom Penh, je rencontre chaque jour des vies brisées. A travers le monde, il y aurait jusqu’à 200 millions d’enfants dans la rue. De Dakar à Dacca, des multitudes de garçons et de filles dont la vie est paralysée.

L’histoire nous parle de quatre hommes. Ils vont se salir les mains. Ils placent le paralytique sur un brancard et se rendent sans attendre à la maison où se trouve Jésus. Ils arriveront en retard pour la réunion. Il ne faudrait pas que Jésus soit déjà reparti quand ils arrivent.

Nous ne connaissons rien de ces 4 hommes. Sont- ils des voisins ? Ses frères ? La seule chose que nous savons d’eux : ils ont en leur cœur un feu, une passion. Ils sont déterminés à voir le paralytique guéri.

Dieu ne s’intéresse pas tant à nos titres, notre statut social, ou de notre nombre d’années d’études, qu’à notre passion pour les perdus. Dieu cherche des hommes et des femmes prêts à prendre un brancard et à s’en servir.

Quand finalement ils arrivent à la maison où enseigne Jésus, la maison et l’entrée de la maison sont noires de monde. Il est impossible de faire entrer un malade sur un brancard.

Le jour où vous vous décidez à prendre un brancard et à servir Dieu vous allez faire face à des ‘portes noires de monde’, mais si vous avez pris votre engagement au sérieux, vous trouverez malgré l’opposition, de nouveaux moyens, parfois innovants pour conduire un monde malade à Jésus. Vous trouverez même des escaliers le long du mur.

Pour ces quatre amis, porter un homme sur un brancard, le long des marches étroites n’a pas dû être une simple affaire.

Bien souvent, en travaillant parmi les pauvres au Cambodge, je me trouve comme sur des marches d’escaliers à me demander : « Comment je fais maintenant pour monter cet enfant des rues, cette famille du bidonville, jusqu’au toit de la maison ? »

Ils arrivent enfin sur le toit. Evidement le toit est fermé. (Comme tous les toits du monde d’ailleurs !) Mais ils sont si déterminés à conduire le paralytique jusqu’au Seigneur, qu’ils vont aller jusqu’a casser le toit.

Si l’on veut sérieusement voir un monde malade trouver Jésus ; voir les derniers peuples de la terre non-atteints connaitre enfin l’Evangile, il va falloir parfois ‘casser quelques toits’. Et tant pis pour le protocole et le politiquement correct ! L’une des raisons pour lesquelles les églises de pays comme le Guatemala ou l’Argentine connaissent une croissance phénoménale remonte aux années 50, quand les chrétiens évangéliques, petits groupes dispersés et minoritaires, ont agit comme les 4 hommes de Capernaum : en cassant des toits. Les évangéliques d’Argentine par exemple n’avaient pas l’autorisation d’émettre l’Evangile sur les ondes. Ils l’ont quand même fait.

Le jour où vous avez donné votre vie a Jésus, Dieu vous a remis un brancard. Malheureusement de nombreux chrétiens ne s’en sont jamais servis. Leur brancard est resté au rencard. Dieu vous a équipé. Il vous a donné des dons et des talents. Servez vous-en !

Quelqu’un un jour a dit :

« Je rêvais que le monde n’était que joie, je m’éveillais et découvrais que le monde n’était que service, alors je servis et je découvrais que le service n’était que joie. »

La majorité du peuple de Dieu est à l’intérieur de la maison. On les trouve fidèlement à l’église tous les dimanches.

Et puis il y a la minorité. Celles et ceux qui ont décidé de porter pour le reste de leur vie, un brancard. A travers le monde ils sont nombreux, ces hommes et ces femmes de Dieu, souvent seuls et dans des coins perdus du globe, à porter tant bien que mal un brancard. Vous les trouverez à Haïti au milieu de centaines d’orphelins. Vous les trouverez à partager l’Evangile dans les bouches de métro de Paris ou de Lyon. Vous les trouverez à implanter une église dans un village reculé en Roumanie, ou encore à traduire le Nouveau Testament dans la langue d’une tribu oubliée d’Asie centrale.

Tous seuls, ces ouvriers de la foi ont du mal à monter les escaliers. Ils ont besoin de renfort. Je vous invite à les rejoindre.

 

À propos de ce texte

Timotée Paton est un missionnaire qui sert Dieu au Cambodge depuis 1999. Une grande partie de son ministère consiste aussi à faire des tournées partout à l’étranger pour encourager jeunes et moins jeunes à s’engager dans l’œuvre missionnaire.

Au fil des ans, suite à son ministère, un grand nombre de chrétiens se sont levés pour répondre au défi de la mission.

Il écrit régulièrement de courts articles d’encouragement à l’engagement missionnaire et nous a proposé de les publier.

C’est avec grand plaisir que nous vous les proposons sur le site. Le titre général de la série est celui de l’un des articles : « Il est temps de quitter la plage » !

Comme à l’habitude, nous ouvrons une page de sommaire pour la série. Une dernière précision : vous pouvez suivre l’action de Timotée Paton sur son site http://www.timpaton.info/ Ne vous en privez pas !

Credit photo:
Nick in exsilio via Compfight cc

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons by-nc-sa. ©2016 Un poisson dans le net (http://unpoissondansle.net).
RSS Articles - RSS Commentaires - Contact

Commentaires récents