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Un poisson dans le netRéflexionLe dilemme du chrétien : la difficulté à bien choisir (2/5)

Le dilemme du chrétien : la difficulté à bien choisir (2/5)

Seconde partie de notre série sur le renouvellement de l’intelligence selon la Bible, par David Schutes. Retrouvez le sommaire de la série ici.

this way, that way

2) Le dilemme du chrétien : la difficulté à bien choisir.

Nous agissons toujours en vue d’être heureux. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut toujours faire ce qui plaît sur le moment, ou refuser de faire ce qui est désagréable sur le moment. La façon la plus raisonnable de procéder, c’est d’évaluer l’effet de nos actes à long-terme. Cela se voit nettement en considérant des représentations de l’effet émotionnel de quelque chose dans le temps.

Quand une chose est agréable, le plaisir vient souvent progressivement (avec l’anticipation), atteint son maximum pour un temps, puis disparaît graduellement, jusqu’au jour où il n’y a plus de plaisir de la chose (parce que c’est oublié, par exemple). Cette courbe est représentée dans le schéma 5, où l’axe horizontal indique le temps et l’axe vertical l’état émotif. Le plaisir est représenté par un « + », et la peine par un « – ». Le véritable « effet émotif » est représenté par la surface sous la courbe, c’est à dire, tant de plaisir pour tant d’heures.


Schéma 5

Schéma 5

Il y a des choses désagréables qui ont une courbe très similaire, mais en dessous de la ligne « zéro » des sentiments, comme dans le schéma 6. Là encore, l’« effet émotif » est représenté par la surface entre la courbe et la ligne zéro, mais c’est une valeur entièrement négative cette fois-ci.

Schéma 6

Schéma 6

Tout n’est pas aussi simple, par contre. Il y a bien des choses qui sont désagréables dans un premier temps, mais qui produisent un bien-être par la suite, un bien-être qui souvent dure plus ou moins indéfiniment. Une visite chez le dentiste, par exemple, a cet effet (Voir aussi Héb. 12.11). Cela fait mal dans un premier temps, mais le bien qui en résulte continuera pendant des années et des années. Une telle courbe est représentée par le schéma 7.

Schéma 7

Schéma 7

Il y a une partie négative, mais il y a aussi une partie positive qui est nettement plus grande que la partie négative. On comprend donc facilement que la chose est largement « rentable » en termes de bien-être. S’en priver à cause de la peine initiale serait bien dommage.

Beaucoup d’autres actions conduisent à la courbe contraire, c’est à dire, des choses qui font plaisir dans un premier temps, pour nous faire énormément de peine par la suite, comme dans le schéma 8. La cigarette, les drogues, le sexe mal vécu … il y a bien des exemples de tels pièges dans la vie. On jouit du plaisir initial au prix des peines qui parfois n’en finissent pas.

Schéma 8

Schéma 8

Il y a des courbes encore plus complexes, mais le but n’est pas de les examiner toutes. Il suffit de comprendre que nous ne pouvons pas choisir notre comportement en fonction de ce qui fait plaisir sur le moment. Il faut apprendre à réfléchir à long terme, afin de choisir ce qui nous donnera de la joie pour la vie, et même pour l’éternité, plutôt que de nous contenter de ce qui nous « fait envie » à court terme.

1 Tim. 6.3-12 illustre bien ce principe. Les versets 3 à 10 mettent en avant deux domaines qui peuvent non seulement paraître mais être réellement bien agréables, dans un premier temps au moins : le goût du pouvoir (qui n’est pas en vue directement, mais seulement impliqué dans les attitudes dont il est question) et le gain matériel. Les versets 11 et 12, en se servant de verbes très forts qui impliquent un choix déterminé, enseignent que l’homme (ou la femme, ou le jeune) qui veut marcher avec Dieu doit refuser ce qui fait plaisir à court terme, en vue de poursuivre des valeurs éternelles.

Dans le passage très similaire de 2 Tim. 2.22, Paul dit à Timothée de « fuir les passions de la jeunesse » en vue de rechercher les vraies valeurs divines. En grandissant, l’être humain apprend progressivement, depuis le stade de bébé, à réfléchir de plus en plus loin. Les « passions de la jeunesse » sont des désirs dont le côté positif semble exagéré par le fait de ne considérer que le court-terme. La personne qui veut marcher sérieusement avec Dieu apprend à regarder plus loin, à refuser les choses mauvaises même si elles font plaisir dans un premier temps, et à choisir ce qui nous donnera la paix et la joie dans la présence de Dieu pour l’éternité.

Il y a deux grandes difficultés dans cette évaluation de l’effet de nos actes, pourtant, qui nous poussent trop souvent à mal choisir. Je les appelle le problème de la perspective, et le problème de la complexité.

Le problème de la perspective

Le problème de la perspective est semblable à la vue d’une chose lointaine : plus c’est loin, plus cela semble petit. Dans les choix, ce problème vient essentiellement du fait qu’on ne peut pas ressentir les émotions bien à l’avance. Même si on sait qu’une chose nous fera du bien, le plaisir qui en résultera étant plus loin dans l’avenir que la peine qu’il y a à faire la chose, peut sembler moins important. À l’inverse, même quand nous savons qu’une chose est mauvaise, le fait que le mal qui en découlera viendra dans un avenir plus ou moins lointain peut nous inciter à céder à la tentation du plaisir immédiat, simplement parce que ce qui est loin semble plus petit. La seule solution pour ce problème de perspective, c’est d’apprendre à réfléchir, et surtout à réfléchir à long terme. Le chrétien vit pour l’éternité, non pour un moment. Si je vis en fonction de ce que je ressens, je ne peux travailler que selon le court terme, puisque je ne peux pas ressentir les sentiments lointains. Je peux savoir qu’ils viendront, mais je les ressentirai véritablement seulement quand ils seront bien plus proches.

Le problème de la complexité

Le problème de la complexité, c’est le fait que nous ne pouvons pas comprendre tous les effets de nos actes, surtout si nous cherchons à comprendre l’effet éternel d’une chose. Trop souvent, nous pouvons penser qu’une chose nous fera du bien alors que ce n’est pas le cas, qu’une chose n’a aucune importance pour l’éternité alors qu’elle en l’a, ou qu’une chose est importante pour l’éternité, alors qu’elle est parfaitement insignifiante. Ceci peut venir simplement du fait que les effets de nos actes sont trop subtils, trop imbriqués avec d’autres choses, et trop complexes, pour que nous puissions les évaluer. Le problème de la complexité nous oblige essentiellement à deux attitudes :

  • D’abord, à réfléchir aussi mûrement que possible, selon l’information que nous possédons (ou pouvons nous procurer) sur l’implication de cette chose.
  • Deuxièmement, à compter sur la direction de Dieu qui sait parfaitement quels sont les enjeux. S’il nous dirige à agir de telle ou telle manière, même si nous ne voyons pas la logique, nous pouvons être sûrs qu’il a des bonnes raisons pour cela.
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Photo Credit: Lori Greig via Compfight cc

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