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Un poisson dans le netRéflexionLa motivation du chrétien : sentiments ou intelligence ? (1/5)

La motivation du chrétien : sentiments ou intelligence ? (1/5)

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Avec une grande finesse et une pédagogie très efficace, David Shutes nous expose clairement les étapes qui mènent au renouvellement de l’intelligence selon la Bible. Ce texte, en 5 parties, abordera successivement :

  1. La motivation du chrétien : sentiments ou intelligence ?
  2. Le dilemme du chrétien : la difficulté à bien choisir.
  3. La formation du chrétien : comment appliquer la Parole de Dieu ?
  4. L’engagement du chrétien : quel est notre choix ?
  5. La vie du chrétien : toujours joyeuse ?

Vous pourrez retrouver ce sommaire ici, et via la rubrique « Approfondir ses connaissances » de notre site. Un fichier pdf et epub de l’ensemble sera proposé à la fin… bonne découverte !

LE RENOUVELLEMENT DE L’INTELLIGENCE

David Shutes

1) La motivation du chrétien : sentiments ou intelligence ?

L’intelligence de l’homme (la faculté de raisonner et de choisir, mais aussi la cognition : la faculté de constater des faits, y compris sa propre existence) est l’aspect le plus fondamental de l’homme. Les sentiments dépendent en grande partie de l’intelligence. En effet, nous ressentons des sentiments surtout en fonction de ce que nous pensons : si je crois qu’une chose est dangereuse, j’en aurai peur ; si j’ai appris à aimer quelque chose, elle me produira du plaisir, etc. Les sentiments ont aussi une certaine influence sur l’intelligence (pour confirmer ou infirmer nos idées, par exemple), mais l’effet est surtout dans l’autre sens. La relation entre les deux est représentée par le schéma 1.

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Schéma 1

Lequel de ces deux domaines détermine notre comportement : l’intelligence, les sentiments, ou les deux ?

Si nous pensons que ce sont nos sentiments qui nous poussent à agir, nous pouvons représenter le mécanisme de la volonté comme dans le schéma 2.

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Schéma 2

Cela posera quelques problèmes, pourtant. Surtout, cela voudrait dire que nous ne contrôlons pas réellement nos actes, puisque nous ne pouvons pas déterminer avec précision, à un moment donné, nos sentiments. (L’effet de l’intelligence dans les sentiments n’est pas assez direct, simple, ou immédiat.) Cela veut dire que dans bien des domaines, nous pourrions être emmenés à faire quelque chose parce que c’est « plus fort que nous. » Cette déresponsabilisation semble soulageante pour l’homme dans un premier temps, mais en fait elle l’enferme dans un engrenage d’où il ne peut pas sortir, parce que la chose échappe à son contrôle.

Si nous pensons que notre intelligence détermine directement nos actes, le mécanisme serait ce qui est montré dans le schéma 3.

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Schéma 3

Là encore, il y a des problèmes. D’abord, les sentiments deviennent du coup un aspect inutile de l’homme, sans rapport avec sa volonté ou ses actes. A la limite, on pourrait supposer qu’en les éliminant, l’homme se porterait mieux, moins distrait par la recherche du plaisir, par exemple. Mais en fait (et c’est un deuxième grand problème avec ce schéma), les sentiments ne sont pas secondaires ; ils sont non seulement valables, mais essentiels pour vivre. Une personne sans sentiments n’aurait aucune préférence dans quoi que ce soit, et ne serait pas réellement vivante.

Les sentiments et l’intelligence influent donc tous les deux dans le comportement, sans que les sentiments déterminent (même occasionnellement) nos actes pour autant. C’est l’intelligence qui détermine nos actions, mais en tenant compte des sentiments. C’est ce que montre le schéma 4 : la flèche en courbe passe de l’intelligence aux actes, mais en passant par les sentiments, c’est à dire, en pensant aux sentiments. (Cette flèche représente la volonté, alors que la flèche vers les sentiments représente un mécanisme plus ou moins automatique, que nous ne maîtrisons pas.)

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Schéma 4

En effet, un examen attentif de nos choix nous révèle le fait que notre motivation de base est le désir d’être heureux, ce qui est un critère émotif. Nous sommes bien capables de choisir de faire quelque chose qui ne nous plaît pas spécialement dans un premier temps, en vue d’être heureux plus tard, comme nous sommes capables de choisir quelque chose de désagréable simplement parce que c’est moins pénible que les alternatives (nous y reviendrons). Le critère de base, cependant, reste le désir d’être le plus heureux possible.

Ce schéma de la structure de la volonté nous permet de comprendre par où il faut commencer si nous voulons changer nos vies. Il est très difficile de modifier directement le comportement, parce que nous agissons pour des raisons. Tant que ces raisons ne sont pas modifiées, même si nous arrivons à changer notre comportement, nous ferons autre chose (qui ne sera pas forcément mieux) pour satisfaire ce besoin ressenti. Penser d’ailleurs que l’essentiel est d’agir comme il convient, c’est la définition même du légalisme. La Bible montre clairement que le bien et le mal ne résident pas dans nos actes, mais dans nos motivations (voir par exemple Rom. 14.14, surtout dans son contexte). Il est très souvent nécessaire, pour le chrétien qui mûrit, de modifier son comportement, mais ce n’est jamais une fin en soi.

On peut « remonter d’un cran » dans le schéma, et essayer de modifier notre comportement par les sentiments. Cela peut se faire soit par des sentiments positifs qui « donnent envie » d’agir correctement, soit par des sentiments négatifs qui « font honte ». Mais nous rencontrerons toujours des problèmes. Les sentiments changent, et nous ne pouvons pas toujours avoir les sentiments qui « motivent ». Dès que l’ambiance sentimentale change, le comportement changera. En plus, comme on ne peut pas ressentir l’effet émotionnel à long-terme, cette façon de faire ne peut que nous encourager à agir en fonction des sentiments immédiats, ce qui produira encore plus de problèmes dans la suite.

Il faut donc modifier premièrement notre compréhension, si nous voulons produire de véritables et profondes améliorations. C’est d’ailleurs ce qu’enseigne la Bible : voir Col. 1.9, Rom. 12.2, Jn. 14.26, Jn. 16.13 … Bien sûr, le but n’est pas d’en rester là. La croissance chrétienne produira des changements aussi bien dans nos émotions que dans nos actions. Mais si un comportement est mauvais, c’est une manifestation d’un problème plus fondamental, une conception erronée (le plus souvent, par rapport à Dieu, directement ou indirectement). Travailler le vrai problème, en s’adressant à l’intelligence, corrigera en même temps la manifestation qui en résulte dans les actes.

Credit photo:
PhotoXpress

One thought on “La motivation du chrétien : sentiments ou intelligence ? (1/5)

  1. Un message juste et cohérent! C’est en Jésus seul que Dieu donne une expression totale et complète de Lui-même ( extrait du commentaire d’A. Kuen)Voici mon point de vue : Puisque nous sommes des fils et des filles régénérés, transplantés dans les lieux célestes en union avec Christ, nous devons prendre conscience que nous n’appartenons plus à ce monde ici-bas, et par conséquent, de par cette réalité,les valeurs de ce monde sont obsolètes! Nous sommes étrangers à cela car nous avons en vérité, reçu Christ comme étant notre vie véritable, une vie sans tache et parfaite, possédant en elle, Sa propre loi. Cette loi qui nous pousse à marcher dans la volonté divine, au moyen de la Parole de Dieu. Nous savons qu’une partie de nous n’étant pas régénérée comme notre corps avec tous ses désirs, nous entraîne vers les valeurs terrestres. Il nous est indispensable, car c’est là notre part de responsabilité, de nous remplir de la Parole de Dieu comme nous irriguer d’eau pure, pour voir notre intelligence se renouveler mais toujours avec l’aide du Saint-Esprit. Il est clair que notre capacité naturelle de comprendre toute chose autour de nous, notre intelligence, s’en trouve limitée et ne peut saisir les réalités spirituelles d’où la présence indispensable du Saint-Esprit! 1 Corinthiens 3 v 13 à v 16

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