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Un poisson dans le netRéflexionEn quoi suis-je pécheur ? Partie 1/9

En quoi suis-je pécheur ? Partie 1/9

En quoi suis-je pécheur ?

Un texte très intéressant, expliquant les bases de l’Évangile avec le talent inimitable de l’un de nos auteurs !

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DSC04009Le concept du péché, tout au moins dans nos cultures, reste extrêmement flou. Ceux qui prennent la peine de lui accorder une pensée se demandent : « au fond, c’est quoi, le péché ? » « ‘J’ai pas tué, j’ai pas volé’ ; je ne suis pas si mal que ça après tout. En tout cas pas plus mal qu’un autre… »

Vers l’âge de 9 ans je me suis tourné vers Dieu. Ce qu’on m’avait appris au catéchisme était suffisant pour que je sache qu’il me fallait demander pardon pour mes péchés. Je me revois encore en train de dire dans mon petit cœur d’enfant : « Mon Dieu, je n’ai aucune idée de quoi il faut que je demande pardon, mais je te fais confiance, et même si je ne sais pas de quoi, je te demande de me pardonner ! » C’est vrai, le péché, je ne comprenais pas trop ce que c’était. Monsieur le curé, les dames du catéchisme, ma maman, ma mémé et l’air du temps, me disaient : « Si tu meurs en état de péché mortel, tu iras en enfer ». Mais cela n’éclairait pas plus ma lanterne.

Le péché c’est quoi ? Si je comprenais ce qu’il est, au moins pourrais-je essayer de l’éviter. Peut-on se repentir vraiment de ce que l’on conçoit mal ? Et comment l’idée du salut pourrait-elle avoir du sens pour un incroyant, si l’idée qu’il court un danger à cause d’une notion aussi improbable que le péché lui paraît complètement ridicule ? Beaucoup de nos concitoyens possédant de bonnes valeurs morales sont persuadés qu’ils sont des hommes et des femmes « biens ». Même parmi les croyants, beaucoup réduisent le péché à une infraction d’un certain nombre de règles, alors qu’il est beaucoup plus que cela. Si déjà la notion reste floue pour les croyants, il est évident qu’elle sera à plus forte raison totalement incompréhensible pour les incroyants.

Mais alors, le péché, qu’est-ce que c’est ?

Je revois encore le confessionnal. J’y entrais comme une petite souris apeurée. De l’autre côté de la grille, j’entendais des chuchotements. Un autre pécheur était dans la station de lavage, et le curé lui passait le savon. « Pch. Pch.pch.pch.pch » Mon cœur s’emballait un peu. Allais-je me souvenir des formules ? Soudain, le « rrric rrrac du panneau en bois qui se ferme » Ça y est, l’autre est propre comme un sou neuf. Un bruit sourd. (Le curé se tournait de mon côté.) « Rrrric, rrrrac ». Dans la pénombre j’apercevais le bout d’un nez sur lequel s’accrochait un éclat de lumière. « Pardonnez-moi mon père, parce que j’ai péché. » Puis arrivait le moment de la confession. La petite souris apeurée devait avouer ses crimes. J’avais 8 ans, 9 peut-être ! Je devais peser 35 kilos pour 1 m 20 au garrot. Pourtant le bouffe-péché attendait sa pitance. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir lui donner à se mettre sous la dent ?

Parce que, d’ordinaire j’étais un petit garçon bien sage. Comme j’avais peur de tout, je n’osais pas trop bouger les oreilles. J’étais poli, je mouchais mon nez, je disais bonjour à la dame et tout et tout ! Alors, oui, dans ce confessionnal, je me laissais aller à mentir. « J’ai chipé un bonbon dans la boite de ma grand-mère ! » (Elle n’a même pas de boite à bonbons !) J’ai menti à ma mère (Je ne vois pas quel intérêt j’aurais eu à la faire). Bref, je sortais du chapeau quelques friandises pour calmer le fauve. (Était-il dupe ? Je me le demande encore.) Finalement, pour que la cérémonie se termine de façon convenable, le « bouffe-péché », du fond de son antre, me donnait le détergeant convenant à ma souillure : la Pénitence ! « Tu diras 3 dizaines de chapelet et 2 Notre Père. » (Franchement, je me demande quel avantage Dieu pouvait retirer de la corvée que j’expédiais à vitesse grand « V ».) Je sortais de la cage aux fauves, allais m’agenouiller sur un prie-Dieu, et un quart d’heures plus tard, je sortais de l’église. Étincelant !

Pour le curé, comme pour moi d’ailleurs, l’idée du péché se résumait à quelques bonbons chapardés dans le placard des parents, à une irrésistible envie de glucose sur ma langue juvénile, à des actes qui ne se commettent pas, à des omissions qui font comme des trous de mites dans le pull de la vie, à des commandements transgressés, des lâchetés.

Lorsque je me suis vraiment tourné vers le Seigneur il m’a fallu bourlinguer à travers un océan d’existence pour commencer à comprendre à quoi ressemble ce serpent de mer qu’on nomme « péché ».

Boileau, dans l’art poétique, nous dit que « ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire nous viennent aisément. » Grand bien lui fasse ! Parce qu’il me semble qu’un concept aussi universel que mal défini que le péché ne se laisse pas facilement prendre par la queue.

Pour essayer de comprendre l’énigme du péché, nous allons partir d’une réflexion que j’entendais souvent quand j’étais enfant.

 

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Credit photo:
paulthielen

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