Main menu
Un poisson dans le netRéflexionEn quoi suis-je pécheur ? Partie 2/9

En quoi suis-je pécheur ? Partie 2/9

Un texte très intéressant, expliquant les bases de l’Évangile avec le talent inimitable de l’un de nos auteurs !

 

<<< Début du texte Sommaire Partie suivante >>>

Le péché et la république !

Château de Vizille - 21 Oct 2009Tout petit, j’entendais souvent les adultes dire : « on fait ce qu’on veut, on est en république ! » Stupide mais imparable ! Avions-nous alors réellement une liberté plus grande que celle de nos parents d’avant le 14 juillet 1789 ? Va savoir ! De toute façon, par « on est en république » les gens voulaient probablement dire qu’ils n’appartenaient plus à un seigneur ou à un roi, qu’ils n’étaient les vassaux ou les inférieurs de personne, que nul n’avait le droit de leur dicter leur conduite, qu’ils n’étaient plus taillables et corvéables à merci. Qu’ils pouvaient marcher la tête haute.

Au XXI° siècle, nous nous considérons majeurs, vaccinés, intelligents, beau et surtout libres !

Je ne dois rien à personne ; je n’ai besoin de personne ; je suis autonome. Ni roi, ni seigneur, ni Dieu ni maître ! (juste quelque fois, un contremaître)

Je suis en République, c’est indéniable. Mais suis-je libre pour autant ? Au premier abord, on aurait tendance à répondre « oui ». Mais au deuxième « rabord ? » :

Le péché et nos devoirs

« Je suis un être libre ». Voilà qui est vite dit ! Mais à bien y réfléchir, ne faudrait-il pas se poser la question de savoir dans quelle mesure cette affirmation est exacte ? À quel aspect de ma personne la notion de liberté s’applique-t-elle ? Parce qu’en réalité je suis un mari mais aussi un père, un frère, un ami, un voisin, un citoyen, un employé, un frère spirituel, un client, et probablement bien d’autres choses encore. Comment le concept de liberté s’applique-t-il à chacune de ces casquettes ?

  • Si je suis un mari, je suis tenu d’être fidèle. C’est pour cela que je suis marié. Je ne suis donc ni libre de papillonner ni de négliger ma conjointe.
  • Si je suis un père, je suis tenu d’élever mes enfants, de les nourrir, de les aimer. Je ne suis donc pas libre de fuir mes responsabilités paternelles.
  • Si je suis un frère, je me dois d’être solidaire de ma famille. Je ne suis pas libre de laisser le reste de ma fratrie dans la détresse.
  • Si je suis un ami, je me dois de porter assistance à ceux qui me sont chers. Je ne suis pas libre de les négliger, même quand cela me dérange.
  • Si je suis un voisin, je ne suis pas libre de perturber le repos des occupants de mon immeuble.
  • Si je suis un être humain, je ne suis pas libre d’ignorer ceux qui m’entourent ni d’être aveugle à leurs besoins.

Bref, on pourrait continuer ainsi indéfiniment, mais je pense que vous comprenez ce que je veux dire. La liberté est une notion aussi exaltante que théorique. Un maillon n’est libre qu’avant d’avoir été intégré dans sa chaîne, c’est-à-dire avant d’être dans la situation qui donne du sens à son existence. Une fois relié aux autres, le mot « liberté » n’a plus aucun sens pour lui. Il tire celui qui le suit et il est tiré par celui qui le précède. Il devient ainsi solidaire de l’ensemble. C’est précisément pour cela qu’il a été forgé. Je suis peut-être en république, mais si je trompe mon épouse, néglige mes enfants, tourne le dos à ma famille, trahit mes amis et rend la vie impossible aux occupants de mon immeuble, les avocats, la police, et tout le reste de la société saura très vite me rappeler que ma liberté chérie s’arrête là où commence le nez de mon voisin.

La pensée des contemporains de Jésus se rapprochaient beaucoup des nôtres : « Nous sommes la postérité d’Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis-tu : Vous deviendrez libres (Jean 8.33) ? » La réponse du Seigneur nous rappelle sèchement que sur cette terre, personne n’est libre : « En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. (Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice ? » (Romains 6:16)

La Bible abonde dans ce sens :

Ephésiens 6:4 « Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur ».

Un père n’est pas libre de se comporter comme s’il n’en était pas un. Il doit à ses enfants ses soins paternels.

« Honore ton père et ta mère »

Les enfants ne sont pas libres de manquer de respect à leurs parents.

« 1 Corinthiens 7:3 Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. »

Le mari et la femme se doivent mutuellement amour et respect. On trouve même un verset qui dit : 1 Corinthiens 7:4 « La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari; et pareillement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. »

Nous voyons donc que, même dans ce domaine très intime, nous ne sommes pas libres non plus. Le mariage, ce n’est pas la république ; j’appartiens à ma femme, me rappelle la Bible ; mon cœur lui appartient ; mon corps aussi. Ma liberté s’est envolée au moment où mon épouse m’a passé la bague au doigt. Mon épouse a autorité sur moi ; j’ai autorité sur elle ; en fait nous sommes mutuellement en charge l’un de l’autre. Ni le mari ni la femme ne sont libres à l’égard l’un de l’autre. Et c’est tant mieux, car c’est bien là la raison d’être du mariage ! Nous nous devons mutuellement l’amour.

« Jacques 5:4 Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées ».

Les patrons ne sont pas libres de ne pas payer leurs ouvriers.

Colossiens 3:22 « Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur ».

Les ouvriers ne sont pas libres d’occuper leur temps de travail à autre chose qu’à leur travail.

Nous nous devons tous quelque chose en tant que père, époux, frère, voisin etc. Qui dit ‘devoir’ dit aussi ‘dette’. Nous avons les uns envers les autres, des dettes que nous sommes tenu d’honorer, que nous ne sommes pas libres d’ignorer, qui nous lient tous les uns aux autres. D’ailleurs l’idée même de ‘société’ sous entend cela. Une société, c’est fondamentalement un groupe de personnes liées les unes aux autres à la façon des maillons d’une chaîne. Le maillon libre n’a pas sa place dans le concept de la chaîne. Il ne prend sa valeur et sa raison d’être que dans la mesure où il est relié aux autres ; tous les cyclistes savent cela, surtout ceux qui ont un jour « pété leur chaîne ».

À tous les niveaux de la société, nous sommes mutuellement endettés, que nous le voulions ou non. Nous avons des devoirs les uns envers les autres. Si quelqu’un se blesse dans la rue, je suis tenu, sinon par ma conscience, du moins par la loi, de lui porter secours. Si je ne le fais pas, si je prends la liberté de me soustraire à ma dette, je me rends coupable de non assistance à personne en danger. Or qui dit : ’lien’, ‘devoir’, ‘obligation’, s’éloigne encore une fois du concept de la liberté.

Romains 13.7 « Rendez à tous ce qui leur est  : l’impôt à qui vous devez l’impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur ».

Remarquez encore une fois l’emploi du verbe « devoir » surtout à l’impératif : Si je dois, c’est que j’ai une dette, que je suis un débiteur. Or si je suis débiteur, je ne suis libre en aucun cas.

 

<<< Début du texte Sommaire Partie suivante >>>
Credit photo:
fab738

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons by-nc-sa. ©2017 Un poisson dans le net (http://unpoissondansle.net).
RSS Articles - RSS Commentaires - Contact

Commentaires récents