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Un poisson dans le netRéflexionLes dénominations protestantes et évangéliques – Les Assemblées de Frères / Darbystes

Les dénominations protestantes et évangéliques – Les Assemblées de Frères / Darbystes

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L’École Biblique Emmaüs de Côte d’Ivoire nous a proposé de diffuser certains de leurs cours et c’est avec un grand plaisir que nous vous proposons le premier d’entre eux, « Les dénominations protestantes et évangéliques », par Olivier de Tarragon. Un sommaire de cette série vous permettra de retrouver l’ensemble des fiches de ce cours. Une version PDF de l’ensemble sera disponible dès la dernière fiche publiée. Aujourd’hui, les Assemblées de Frères / Darbystes.

VI – Les Assemblées de Frères / Darbystes

A – L’origine

En 1826, des chrétiens anglicans se réunirent pour l’édification personnelle puis ils prirent la sainte cène ensemble et ces groupes se multiplièrent. En 1828, John Nelson Darby (1800-1882), pasteur anglican prit une place importante dans le groupe de Plymouth. Ayant abandonné le ministère anglican, il se rattacha à une Assemblée de Frères de Londres et visitait fréquemment celle de Plymouth qui était aussi en contact avec celles de Dublin et Bristol.

Il voyagea beaucoup en Angleterre et à l’étranger (France, Suisse, Allemagne et Amérique). Il prit rapidement une place importante dans son groupe car il était très instruit et exposait avec clarté et puissance la doctrine chrétienne. Il réveilla la foi de beaucoup de chrétiens mais il enseignait aussi la déchéance irrémédiable de toutes les églises et l’excommunication des fidèles sur la seule décision d’un petit groupe de frères.

Il traduisit la Bible en anglais, en français et en allemand (!) et écrivit de nombreux commentaires bibliques.

B – La doctrine

1) La base

Il n’y a pas de confession de foi officielle. La Bible seule fait autorité. La plus stricte orthodoxie s’est maintenue chez les Frères jusqu’à ce jour.

2) Les points particuliers
  • le rejet des églises organisées. Un grand changement aurait eu lieu entre I et II Timothée et depuis ce temps les églises seraient infidèles et la dispensation de la grâce serait ruinée. Il n’y a donc plus de raison de vouloir restaurer et de réorganiser les églises visibles.
  • une certaine exagération de la doctrine de la prédestination, d’où l’abstention chez certains d’évangéliser (car les destinés au salut seront obligés de se convertir !).
  • le dispensationalisme qui divise l’histoire du salut en sept périodes (dispensations). Ils mettent ainsi l’accent sur les épîtres au dépend des Evangiles puisque l’Evangile concerne, selon eux, la future dispensation du Royaume (millénium) tandis que les épîtres donnent l’enseignement pour la dispensation actuelle de la grâce.
  • le retour de Jésus se fera en deux phases : la première pour l’enlèvement de l’Eglise qui peut avoir lieu d’un moment à l’autre, la seconde phase après sept ans de Grande Tribulation pour régner 1000 ans sur terre (millénium).

C – L’organisation

Les Assemblées de Frères veulent vivre selon le modèle de l’Eglise primitive. Elles rejettent les églises organisées car celles-ci seraient devenues infidèles et ne peuvent plus être restaurées. Ces églises organisées sont donc la Babylone de l’Apocalypse ! (comme l’enseignent les Témoins de Jéhovah).

1) Les membres

Seuls les convertis sont membres. Il n’y a pas de registre de membres. La discipline est restée très stricte.

2) Les ministères

Il n’y a ni pasteurs, ni comités officiels, mais des frères qui sont à l’œuvre selon les dons de Dieu. C’est le rejet des écoles bibliques. Certains peuvent avoir un ministère itinérant mais sans soutien financier régulier. La femme n’a aucun ministère et elle ne peut pas prier ni intervenir lors du culte.

3) Le gouvernement

Chaque assemblée est entièrement indépendante. Deux ou trois frères sont chargés des questions matérielles. Il n’y a pas de synode ni de sociétés missionnaires. Cependant des missionnaires indépendants sont à l’œuvre dans certains pays.

La discipline imposée à un membre est applicable dans toutes les autres assemblées et exige une séparation radicale avec cette personne. Si une assemblée reçoit un tel frère excommunié, toute cette assemblée risque d’être excommuniée (ce point a été la source du conflit qui opposa Darby et G. Muller).

D – Le culte

Il n’y a pas de temple et les réunions se font dans les maisons. À tour de rôle, un frère dirige le culte. Une grande place est accordée à l’adoration et à la sainte cène.

  • le baptême est administré aux enfants par aspersion (anglicanisme)
  • la sainte cène, tous les dimanches, est donnée uniquement aux membres des assemblées de Frères, avec du pain sans levain.

E – Le développement

Le Darbysme a attiré à lui de nombreuses assemblées dissidentes qui existaient déjà dans de nombreux pays. Il y a 750 assemblées en Angleterre, une centaine en France avec 15 000 membres, 50 en Suisse, environ 700 aux U.S.A. Il y a moins de 500 000 Darbystes dans le monde.

Les darbystes n’aiment pas porter ce nom et leurs assemblées se nomment Assemblées Chrétiennes.

La discipline rigoureuse des églises Darbystes provoque bien des départs en particulier vers les assemblées de Frères Larges.

Annexes :

I – Les Frères Larges

A – L’origine

Des chrétiens irlandais (à Dublin) et anglais considéraient qu’ils devaient célébrer la sainte cène tous les dimanches et sans qu’il soit nécessaire d’avoir un pasteur ordonné pour cela. Exclus par leurs églises, ils se réunirent entre eux et constituèrent des assemblées sans pasteurs, dirigées par des anciens. La première assemblée fut constituée à Dublin vers 1830.

À partir du début du 19e s. des Assemblées de Frères se multiplièrent dans toute l’Europe.

En 1848, il y eut une séparation d’avec les frères Darbystes à la suite de l’excommunication de l’assemblée de Bristol qui avait reçu des amis d’un excommunié de l’église de Plymouth. A Bristol, Georges Muller (1805-1898), avait fondé un orphelinat pouvant contenir 2 000 orphelins qui fonctionnait par la foi. Sans jamais rien demander à personne, Muller a toujours reçu en réponse à la prière tout ce qui était nécessaire à l’entretien de ses milliers d’orphelins.

G. Muller et quelques autres se séparèrent alors des Darbystes et prirent le nom de Frères Larges.

Tandis que l’assemblée de Plymouth demeurait fidèle à John N. Darby, d’autres assemblées suivirent G. Muller et Robert Chapman (1803-1902) qui se séparèrent de Darby.

B – La doctrine

Ce sont les mêmes principes que chez les Darbystes mais beaucoup moins rigides. Ils n’enseignent pas la ruine de l’Eglise organisée et ne pratiquent pas l’excommunication sur la seule décision d’un petit groupe de frères.

C – L’organisation

Il y a une collaboration avec les autres églises évangéliques pour des campagnes d’évangélisation ou des conventions chrétiennes. Ils veillent sur la pureté de leurs propres assemblées. Ils acceptent les femmes dans les œuvres missionnaires et œuvres sociales.

D – Le culte

Il y a les deux ordonnances :

  • le baptême, uniquement pour les croyants
  • la sainte cène, pour les vrais convertis, membres ou non de cette église

E – Le développement

Ils sont plus nombreux que les Darbystes. Il y a une centaine d’églises en France (CAEF) et il y en a aussi un certain nombre en Suisse. Il y a environ deux millions de membres des églises des Frères Larges dans le monde.

II – L’Action Biblique

A – L’origine

L’Action Biblique a été fondée en 1919 par Hugh Edward Alexander, né en Ecosse, mais domicilié en Suisse à partir de 1906. Il était un évangéliste remarquable mais très intransigeant. En 1916, il dénonce le libéralisme et tous ceux qui ne luttent pas rigoureusement contre celui-ci.

B – La doctrine

Elle est très stricte et constitue un retour au darbysme. Depuis le décès d’Alexander en 1957, il y a plus de souplesse au sujet de la discipline.

C – L’organisation

Il y a une direction centralisée à Genève-Coligny où se trouve aussi l’école biblique « Le Roc ». Les membres doivent signer la confession de foi.

Il y a des évangélistes et des colporteurs car leur principale activité est de répandre la littérature évangélique et de gérer des librairies chrétiennes.

D – Le culte

Il y a les deux ordonnances :

  • le baptême, seulement pour les convertis
  • la sainte cène, pour les croyants

E – Le développement

Il s’est fait principalement par l’évangélisation et le colportage. L’Action Biblique a de nombreuses librairies « les Maisons de la Bible ». Elle a 50 églises dont 15 en Suisse. Elle a 2300 membres et 5000 sympathisants environ. Elle n’est rattachée à aucune fédération ou alliance et travaille le plus souvent seule.

Credit photo:
hildeengwenverbouwen

9 thoughts on “Les dénominations protestantes et évangéliques – Les Assemblées de Frères / Darbystes

  1. S’il vous plaît, accepteriez-vous de me faire connaître le nombre de frères Darbystes dans les Iles Britanniques (Irelande et Grande Bretagne).

    Avec tous mes remerciements Robert Chaumeil

  2. Suite à différentes recherches, je trouve cette page que j’ai lue avec étonnement.
    Si il y a beaucoup de choses justes, il y a aussi plusieurs inexactitudes. Dommage.
    D’autant plus qu’on veut en faire un « cours biblique ».
    Ce ne sont pourtant pas les sources fiables qui manquent à l’heure actuelle avec Internet.

      1. C’est vrai que plusieurs choses sont « brodées » par exemple le baptême des enfants qui n’est vrai que pour une minorité et les pains sans levain pour la cène chose tout bonnement inventée très déçu…

  3. Il y a pas mal de bons points, comme de mauvais.
    Le rejet de l’institutionnalisation est un bon point, mais il est dommage que ce soit au final une dénomination, même si ils se réunissent en maison, alors que les dénominations sont condamnées par la Parole de Dieu (1 Corinthiens 1 & 3).

    Je ne comprends pas non plus comment on peut être un érudit de la Parole et toujours baptisé les bébés… Il faudra se décider un jour à sortir de Rome…

    Et puis c’est comme pour les Amish : tu as beau vouloir te préserver des souillures du monde comme tu veux, mais si l’Église n’est pas évangélisatrice, elle rate son but.
    Quand l’Église n’est pas évangélisatrice; c’est que l’équilibre n’est pas tenue.

    Concernant le ministère comment il se produit, c’est déjà pas mal, sachant que ce qu’on appelles les ministères ne sont pas des titres mais des fonctions (« Frère untel je peux te voir » et non « pasteur un tel je peux te voir ») etc.

    Bref ils avaient compris avant beaucoup de monde certaines doctrines essentiels quant au christianisme pratique, mais bon, on en apprend tous les jours !

  4. Omer Oladjiré je suis Béninois et je réside au Burkina-Faso.
    je suis chrétien né de nouveau équipé selon la sainte doctrine acquit à l’école biblique Emmaüs. Prédicateur: je partage les avis des frères larges et souhaite votre soutien pour expansion de ses idéaux au Burkina-Faso.

  5. Les isme et iste ne font pas le chrétien, cela dépend de nous. L’évangile de Christ est simple sans fioriture, respectant l’homme, la femme, les enfants(il ne compartimente pas les hommes, il n’humilie pas les femmes). Jésus lui même a été juger parce qu’il parlait à des gens de mauvaise vie, il n’a pas juger la prostituer, il a été mis au banc des malfaiteurs, juger comme un imposteur. Jésus ne demande qu’une chose  » nous repentir et de croire en lui », il est dit, le salut et le pardon ne vient pas des hommes, mais il vient du Christ lui seul. L’homme est sauvé par la foi en Jésus. Les religion ne sauvent pas ni aucun homme, car tous ont péché et sont privé de la gloire de Dieu en Jésus. Les pratiques religieuses, ne satisfassent que l’orgueil de l’homme. Le salut est obtenu par la foi en Jésus et son œuvre, pas besoin d’exercer des rites et autres choses qui soumettent l’homme à un esclave. Croire de tout son cœur dans l’œuvre de Christ (ressuscité)qui s’est offert pour toute l’humanité..

  6. Je suis aussi chrétien comme vous, car j’ai pour Seigneur et Sauveur le fils de Dieu lui ma propitiation.
    Je ne suis pas un chrétien très âgé, mais permette moi de données ma contribution.
    Aucun mouvement Chrétien ne peut prétendre à l’infaillibilité, seule la Bible est faillible. Nous sommes tous incliné à voir l’erreur chez ceux qui pensent différemment. Mais il est davantage nécessaire d’examiner toute chose non à la lumière de notre tradition ecclésiastique, mais à la lumière de la parole de Dieu. Si un prédicateur a commis des erreurs dans ses écrits, nous avons les devoir et la responsabilité de le corriger. Les Frères sont des Chrétiens comme nous, ceux-là qui sont appelé « étroit » évangélisent aussi, mais à l’intérieur du Pays (RDC-Kinshasa), ils ont assurément leur point de faiblesse, mais ils ont aussi leur point de force. Alfred Kuen « dans son livre je bâtirai mon Église », Jules Marcel Nicole « dans son livre esquisse de l’histoire de l’Église » et Charles Ryrie « dans son livre ABC de la doctrine Chrétiens » les ont rendus un beau témoignage. Citons : « par eux Dieu à remit beaucoup des enseignements Chrétiens à la lumière », ils ont influencé beaucoup les mondes évangéliques. Selon Alfred Kuen, chaque dimanche dans leur culte il a annoncé l’unité de tous les chrétiens. Ils n’acceptent pas une dénomination, parce qu’ils se considèrent pas comme la seule vraie Église et parce que cela ne pas recommander dans la Bible. Darby a enseigné le baptême des enfants mais cela n’est pas pratiqué par les frères, parce que ce qu’ils ont compris que seul un croyant peut être Baptisé. Comme un Frère a dit ici l’isme et liste ne fait pas chrétien, seule la foi en Jésus. Les Frères eux-mêmes aussi ne se considèrent pas comme darbyste, ils sont justes chrétiens.
    La ligne théologique des Assemblées des Frères est du type réformé, avec comme axes majeurs :
    l’importance de l’engagement personnel qui les rapproche du courant évangélique;
    La volonté d’être réunis « autour du Seigneur », dans la simplicité, entre « frères »;
    le sacerdoce universel de tous les croyants sans nomination est spontané (absence de clergé et de liturgie);
    l’autonomie des Églises locales dirigées par des anciens (congrégationalisme).
    biblicisme : considérations sur la centralité de la Bible et l’approche que l’on en a (étude, interprétation), appelée bibliologie ;
    une christologie conservatrice : qui inclut la naissance virginale du Christ et le principe de l’Incarnation, la réalité et l’historicité de ses miracles et surtout de sa résurrection, des considérations variables sur la relation entre les récits de l’Évangile et la réalité de la vie de Jésus ;
    la doctrine du sacrifice subrogatoire du Christ : « Attaché à la Croix pour moi / Il a pris mon péché, il m’a délivré7 » le conversionniste : « reconnaître » l’œuvre du Christ par repentance, et faire la démarche d’un choix personnel pour « recevoir » le « don » du salut inaliénable correspond à une nouvelle naissance (ou « régénération » en langage théologique), indissociable de la qualité de chrétien.
    On ne peut poursuivre sans y ajouter d’autres éléments d’expression de la foi chrétienne traditionnelle et de la Réforme protestante, moins particuliers aux évangéliques :
    la Trinité ;
    la justification et le principe du Salut par la grâce au moyen de la foi et non par les œuvres ;
    le principe de l’« Église invisible »8 ou « spirituelle »9, appelée « Église universelle ».
    Je demande l’auteur d’approfondir ses études sur les « frères »
    Voici les sites qui peuvent vous aider :
    http://www.bibliquest.org http/www. Bibelcenter.de/
    Mes salutations fraternelles

  7. Un bon moyen de connaître ou/et de peut-être mieux comprendre les chrétiens qui ne se disent pas darbystes mais que le monde étiquette darbystes est de lire leurs écrits – qui redirigent vers la Bible. L’un des sites les plus complets est effectivement http://www.bibliquest.org

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