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Un poisson dans le netRéflexionLes dénominations protestantes et évangéliques – Les Quakers (Société des Amis)

Les dénominations protestantes et évangéliques – Les Quakers (Société des Amis)

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L’École Biblique Emmaüs de Côte d’Ivoire nous a proposé de diffuser certains de leurs cours et c’est avec un grand plaisir que nous vous proposons le premier d’entre eux, « Les dénominations protestantes et évangéliques », par Olivier de Tarragon. Un sommaire de cette série vous permettra de retrouver l’ensemble des fiches de ce cours. Une version PDF de l’ensemble sera disponible dès la dernière fiche publiée. Aujourd’hui, les Quakers (Société des Amis).

V – Les Quakers (Société des Amis)

A – L’origine

Cette église fut fondée par George Fox (1624-1691) qui fut déçu de l’église Anglicane qu’il voulait servir et qui en 1647 entendit une voix qui lui disait que Jésus seul pouvait répondre à sa condition. Il se mit aussitôt à prêcher de lieu en lieu et beaucoup le suivent. Ses appels véhéments à la repentance faisaient trembler ses auditeurs d’où le nom de Quakers (= trembleurs). Persécutés en Angleterre, ils s’organisent en « société des Amis » puis obtiennent la tolérance religieuse en 1689.

Quelques-uns émigrent en Amérique où ils sont aussi persécutés avant d’être enfin accueillis par William Penn (1644-1718), un chrétien persécuté en Angleterre avant d’acquérir du roi d’Angleterre un territoire en Amérique grand comme 1/4 de la France en remboursement d’un prêt de son père fait au roi. W. Penn y créa en 1682, l’Etat de Pennsylvanie avec la liberté totale pour tous, y compris les Peaux-Rouges. Les Quakers furent ainsi les premiers au monde à créer une telle démocratie. Ils donnèrent à leur capitale le nom de Philadelphie.

B – La doctrine

1) La base doctrinale

Les Quakers n’ont pas de confession de foi car Fox déclarait que le salut n’est pas l’adhésion à des doctrines mais la présence de Jésus-Christ en nous. Les quakers mettent donc l’expérience au-dessus des idées (doctrines).

2) Les points particuliers

Les Quakers flirtent avec le mysticisme et sont ainsi les ancêtres spirituels des pentecôtistes :

  • ils acceptent l’autorité des Saintes Ecritures mais y ajoutent celle de la lumière intérieure
  • ils croient au péché originel mais aussi que le pécheur le plus éloigné de l’Evangile a une lumière intérieure et peut arriver au salut
  • ils insistent sur les sentiments par rapport à la régénération et à la sanctification
  • ils enseignent le perfectionnisme

Ainsi en mettant trop l’accent sur le côté expérimental de la foi, beaucoup de quakers ont négligé les Ecritures et le Sauveur et ils sont tombés dans le libéralisme. D’autres ont réagi contre cette tendance et se sont groupés pour affirmer les doctrines de la Bible.

C – L’organisation

Les Quakers constituent une « société des Amis » et ne veulent pas d’églises car ils déclarent qu’il n’y a pas d’églises visibles mais seulement une Eglise invisible (l’Eglise universelle, fiancée à Christ).

1) Les membres

Sont membres tous ceux qui veulent venir, enfants compris, et qui professent avoir la lumière intérieure. Il n’y a pas de registre des membres.

2) Les ministères

Tous les membres sont « prêtres » et ont le droit de prendre la parole. Ils reconnaissent cependant trois rangs de responsables :

  • les ministres (hommes et femmes ayant généralement fait des études)
  • les anciens (pour encourager et assister les ministres)
  • les surveillants (pour veiller à l’ordre et pour aider les pauvres)
3) Le gouvernement

Il y a un système synodal modéré : assemblée préparatoire (localité), assemblée mensuelle (contrée), assemblée trimestrielle (région), assemblée annuelle (pays).

Chaque assemblée envoi des délégués à l’assemblée supérieure. Il n’y a pas de présidents mais seulement des secrétaires. On ne vote pas de résolutions mais on enregistre seulement les opinions. S’il y a un désaccord profond, la question est renvoyée à l’assemblée suivante.

D – Le culte

Il a une absence totale de rites : pas de temple (mais une salle quelconque), pas de liturgie, pas de chaire.

Pendant la réunion, on s’attend au Saint-Esprit pour qu’il inspire quelqu’un qui prendra alors la parole. Le silence est employé pour l’examen de conscience et la méditation.

Il n’y a ni baptême ni sainte cène. En effet les actes extérieurs sont peu importants car c’est la lumière intérieure qui prime. Il y a néanmoins certaines pratiques spéciales :

  • costume spécial sans ornement (autrefois)
  • pas de formule de politesse et tutoiement général car tous sont frères
  • hostilités vis-à-vis des plaisirs mondains
  • rejet du service militaire et des guerres
  • refus de prêter serment devant les juges

E – Le développement

Au contraire des autres mouvements, celui-ci a d’abord été très rapide avec plus de 50 000 adhérents en Angleterre à la mort de G. Fox puis il a régressé.

Il y en a de nos jours 25 000 en Angleterre (60 en France), et 120 000 en Amérique du Nord. Ils sont près de 300 000 dans le monde. Le plus grand groupe serait en Afrique de l’Est : Kenya, Rwanda, …

Cependant la Société des Amis a exercé une très grande influence dans le monde par sa pratique de la non-violence et ses demandes empressées de réformes sociales :

  • établissement de la liberté de conscience (W. Penn)
  • amitié avec les Peaux-Rouges d’Amérique
  • libération des esclaves
  • amélioration du sort des prisonniers (Elisabeth Fry)
  • changement du code pénal
  • éducation populaire
  • tempérance
  • aide aux victimes de guerres et de catastrophes
Credit photo:
hildeengwenverbouwen

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