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Un poisson dans le netRéflexionLes dénominations protestantes et évangéliques – Les Eglises Méthodistes

Les dénominations protestantes et évangéliques – Les Eglises Méthodistes

L’École Biblique Emmaüs de Côte d’Ivoire nous a proposé de diffuser certains de leurs cours et c’est avec un grand plaisir que nous vous proposons le premier d’entre eux, « Les dénominations protestantes et évangéliques », par Olivier de Tarragon. Un sommaire de cette série vous permettra de retrouver l’ensemble des fiches de ce cours. Une version PDF de l’ensemble sera disponible dès la dernière fiche publiée. Aujourd’hui, les Eglises Méthodistes.

sousbleu.20624 – Les Eglises Méthodistes

A – L’origine

Le nom « méthodiste » est un surnom donné aux petits groupes de croyants organisés par Wesley pour les aider par cette « méthode » à avancer dans la vie chrétienne.

Le réveil méthodiste, initié par John Wesley (1703-1791), a commencé en 1739 en Angleterre sous l’influence des réveils Piétistes et Moraves d’Allemagne. Les églises Anglicanes et Indépendantes étaient endormies et hostiles aux efforts d’évangélisation de John Wesley.

Celui-ci était admirablement secondé par :

  • son frère Charles Wesley (1708-1788), compositeur
  • Georges Whitefield (1714-1770), grand orateur
  • John W. Fletcher (1729-1785), théologien
  • La comtesse Huntingdon (1707-1791), riche dame noble

Repoussés par les églises établies, ils organisaient des réunions en plein air et rassemblaient les chrétiens en « classes méthodistes » car ceux-ci restaient dans leur église (J.Wesley lui-même est mort Anglican).

En 1784, J. Wesley fonda aux U.S.A. l’Eglise Méthodiste Episcopale car il vit que l’église Anglicane, appelée église Episcopale aux U.S.A. n’avait guère de chance de se développer en Amérique.

En 1787, les prédicateurs méthodistes sont officiellement reconnus par l’Etat en Angleterre, ce qui constitue une étape vers la séparation d’avec l’église officielle Anglicane.

En 1795, 4 ans après la mort de J. Wesley, la séparation avec l’Eglise Anglicane fut définitive avec l’institution de la sainte cène dans les assemblées méthodistes.

B – La doctrine

1) La base doctrinale

John Wesley resta dans l’Eglise Anglicane jusqu’à sa mort et les Eglises Méthodistes ont gardé l’empreinte de l’Eglise Anglicane jusqu’à ce jour. En Angleterre ces églises n’ont pas de confession de foi officielle. Aux U.S.A., elles ont une confession de foi, en 25 points, tirée des 39 Articles de l’Eglise Anglicane.

2) Les points particuliers

Le méthodisme rejette :

  • la prédestination
  • la persévérance finale des croyants. Le méthodiste peut donc perdre son salut.

Il insiste sur :

  • la conversion instantanée
  • l’assurance du salut par le témoignage intérieur du Saint-Esprit
  • la perfection chrétienne ou sanctification entière qui est une croissance continuelle avec la possibilité d’abstinence de tout péché conscient et de faire le bien qu’on doit faire. Il y a l’abstinence d’alcool et de tabac.

Aujourd’hui, le méthodisme est fortement contaminé par des déviations libérales graves.

C – L’organisation

1) Les membres

Autrefois, il fallait faire partie d’une classe pendant 6 mois et vouloir réellement être sauvé. La discipline était stricte. De nos jours, il suffit d’une simple demande.

2) Les ministères

Il y en a quatre :

  • les diacres et anciens
  • les prédicateurs laïcs locaux et itinérants
  • les pasteurs, après 4 ans de noviciat et affectés par les synodes
  • les évêques (seulement aux U.S.A.) sans diocèse, ordonnent les pasteurs
3) Le gouvernement

En Angleterre, il y a une organisation synodale à 4 étages (comme pour l’Eglise Réformée):

  • assemblée mensuelle des conducteurs (conseil presbytéral)
  • assemblée trimestrielle (consistoire)
  • assemblée de district (synode régional)
  • conférence annuelle (synode national) qui règle les affectations et ordinations des pasteurs

Aux U.S.A., il y a une organisation hiérarchisée :

  • la conférence annuelle a autorité sur la région
  • la conférence générale, tous les 4 ans, a autorité législative pour tout le pays

D – Le culte

Autrefois, il y avait beaucoup de réunions en plein air et des manifestations enthousiastes. Une grande importance était donnée aux « classes » en semaine pour l’édification. Le culte a une liturgie rigide adaptée du culte Anglican. Aujourd’hui, on ne fait pratiquement plus de « classes ».

Il y a deux sacrements :

  • le baptême des enfants par aspersion
  • la sainte cène, célébrée régulièrement

E – Le développement

Le Méthodisme a exercé au début une grande influence sur le christianisme mondial. Il a réveillé l’évangélisation en Angleterre et en Amérique. Il a développé l’école du dimanche et les sociétés bibliques ainsi que la distribution de littérature chrétienne par des tracts et des librairies populaires. Son œuvre missionnaire a été très florissante.

Il a aussi créé un nouvel esprit d’humanisme par ses interventions pour les réformes dans les prisons et par ses luttes contre l’esclavage et l’alcoolisme (abstinence obligatoire d’alcool et du tabac pour le méthodiste).

  • en Angleterre, il y eut un grand développement aux 18e et 19e s. puis plusieurs schismes dont l’Armée du Salut.
  • aux U.S.A. le progrès fut extraordinaire grâce aux efforts d’évangélisation dans l’Ouest par des prédicateurs itinérants. L’Eglise Méthodiste Episcopale a fusionné, en 1968, avec l’Eglise des Frères Evangéliques pour devenir l’Eglise Méthodiste Unie qui a 11 millions de membres dont 8 millions aux U.S.A. et 3 millions au Canada. Cette église est la deuxième dénomination protestante aux U.S.A. après la Convention Baptiste du Sud.
  • au Canada, les églises Méthodistes ont fusionné, en 1925, avec les églises Presbytériennes et Congrégationalistes pour former l’Eglise Unie du Canada (3 millions).
  • en France, il y avait 80 assemblées en 1938 lorsque la plupart entrèrent dans l’Eglise Réformée de France. Il ne reste qu’une dizaine d’églises très évangéliques rattachées avec des églises Suisses à l’Eglise Méthodiste Unie.
  • En Côte d’Ivoire, la mission Méthodiste Britannique commença l’évangélisation en 1924 et l’église devint autonome en 1985 puis celle-ci se rattacha à l’Eglise Méthodiste Unie des U.S.A. en 2001.

Le Méthodisme compte environ 17 millions d’adhérents dans le monde.

Annexe : l’Armée du Salut

A – L’origine

L’Armée du Salut est sortie du méthodisme. Elle n’est pas une église bien qu’elle fonctionne comme telle. Cette société est la plus importante œuvre d’évangélisation du monde.

Le fondateur, William Booth (1829-1912), se convertit au méthodisme en 1845 puis devint prédicateur en 1851. Dès sa conversion il organisa des réunions d’évangélisation en plein air et des visites aux malheureux vivant dans les bidonvilles. Comme on ne le laissait pas évangéliser selon sa conscience, il quitta l’Eglise Méthodiste en 1865 et se définit comme « une armée de volontaires, une armée du Salut », d’où le nom qui a été attribué à cette œuvre d’évangélisation.

B – La doctrine

C’est celle de l’Eglise Méthodiste : les points particuliers sont aussi la sanctification complète, le rejet de la prédestination et de la persévérance finale. On appelle avec insistance les pécheurs à venir se convertir sur le banc des pénitents.

C – L’organisation

L’Armée du salut ne veut pas être considérée comme une église mais comme une société d’évangélisation. Ayant été appelée une armée, W. Booth lui donna une organisation militaire avec une hiérarchie et une discipline correspondantes :

1) Les membres et les ministères

Ils sont classés selon leur grade : soldats (membres du quartier), sergents (conseillers des classes), lieutenants et capitaines (responsables des postes), majors, brigadiers, colonels (responsables des divisions), commissaires (responsables des territoires).

Un général siège au quartier général de Londres pour diriger l’œuvre au niveau mondial. Chaque officier est installé par son supérieur et a autorité sur ses subordonnés. Chez les officiers, on exige l’abstinence totale d’alcool et de tabac.

2) La formation

Elle est faite dans des Ecoles Militaires (instituts bibliques) et les étudiants se nomment cadets et aspirants. Il y a une égalité absolue entre homme et femme ; la fille de W. Booth devint “la générale”. Pour se marier, il faut l’autorisation des supérieurs. L’épouse officier prend automatiquement le grade de son mari. Homme et femme ont chacun leur uniforme militaire.

D – Le culte

Bien qu’elle ne soit pas une église, l’Armée du Salut a néanmoins son culte dominical ! L’ordre du culte est assez rigide avec un long appel à la repentance et un enthousiasme entretenu par une fanfare et des drapeaux.

Il n’y a ni baptême ni sainte cène puisqu’elle n’est pas une église bien qu’elle ait un culte dominical, ce qui empêche les croyants de se rendre dans une église. Ceci est un grand manquement surtout dans les champs de mission car alors des chrétiens vivent leur vie durant sans baptême ni saint cène !!!

Il y a beaucoup de réunions d’évangélisation (le plus souvent en plein air) et d’autres pour la sanctification. L’Armée du Salut est mondialement connue pour ses nombreuses œuvres sociales : asiles de nuit pour S.D.F., vagabonds et mendiants, maisons de relèvement pour les prostituées et les ivrognes, foyers de jeunes, centres d’accueil pour anciens détenus, maison de retraite, fermes agricoles, etc. …

E – Le développement

Le début a été difficile à cause de la forte opposition des églises établies et de la moquerie des incrédules. L’Armée du Salut débuta aux U.S.A. en 1880, en France en 1881, en Suisse en 1882.

Universellement respectée de nos jours, l’Armée du Salut a 15 000 postes d’évangélisation dans 120 pays, avec 17 000 officiers et 120 000 officiers locaux. Elle a 2 000 000 de membres et sympathisants dans le monde. Elle gère 6 500 institutions sociales et 2 300 écoles (de la maternelle à l’université).

Credit photo:
hildeengwenverbouwen

One thought on “Les dénominations protestantes et évangéliques – Les Eglises Méthodistes

  1. Les dénominations, quelle raison d’être. Ont-elles toutes une même tête Christ? Christ est-il divisé? Les dénominations ne sot-elles pas des divisions? N’est-il pas possible d’être fidèle chrétien sans appartenir à une quelconque dénominations? Je pense que toutes les dénominations sans distinction sont hors la volonté de Dieu qui est de bâtir une église dont Christ est la tête, de faire de tous les croyants une seul peuple uni en Christ.

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