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Un poisson dans le netRéflexionLes dénominations protestantes et évangéliques – Les Eglises Mennonites

Les dénominations protestantes et évangéliques – Les Eglises Mennonites

L’École Biblique Emmaüs de Côte d’Ivoire nous a proposé de diffuser certains de leurs cours et c’est avec un grand plaisir que nous vous proposons le premier d’entre eux, « Les dénominations protestantes et évangéliques », par Olivier de Tarragon. Un sommaire de cette série vous permettra de retrouver l’ensemble des fiches de ce cours. Une version PDF de l’ensemble sera disponible dès la dernière fiche publiée. Aujourd’hui, les Eglises Mennonites.

geom.XV_90x90cmII – LES EGLISES INDEPENDANTES

Les mouvements luthérien, calviniste et anglican avaient abouti en Europe à la formation d’Eglises protégées par l’Etat et dont les citoyens d’un pays devaient autant que possible faire partie en étant baptisés dès leur naissance. Ils conservèrent ainsi la conception de la domination du monde de l’Eglise Catholique. Le roi ou le prince choisissait entre ces quatre religions celle qui serait officielle chez lui et les membres des autres religions étaient plus ou moins persécutés.

Mais de nombreux éléments dans les trois branches protestantes étaient convaincus qu’on n’était pas allé assez loin dans les réformes de l’Eglise et dans sa rupture avec le catholicisme et qu’on devait revenir davantage encore à la Bible et à l’exemple laissé par l’Eglise primitive.

C’est ainsi qu’un quatrième mouvement protestant apparut, connu d’abord et classifié sous le nom « Anabaptisme ». Celui-ci donna plus tard naissance aux Eglises Mennonites et Baptistes et il est la base de toutes les églises appelées « Evangéliques » et qui se veulent indépendantes de l’Etat ou d’une hiérarchie ecclésiastique quelconque.

Le mouvement anabaptiste est à l’origine des revendications de la liberté religieuse et des idées démocratiques modernes.

1 – Les Eglises Mennonites

A – L’origine

Les premiers chrétiens qui se sont officiellement séparés des églises officielles ont été appelés  « Anabaptistes » (= rebaptiseurs), car ils rebaptisaient ceux qui se joignaient à eux et avaient été baptisés enfants. Pour eux, l’Eglise ne peut être composée uniquement de croyants qui manifestent leur foi par les eaux du baptême.

Avant eux, déjà au Moyen-âge, des chrétiens avaient exprimé cette pensée ; les Frères de la Vie Commune, les Vaudois et les Hussites. Et c’est pour cela que le mouvement anabaptiste apparut simultanément en plusieurs endroits au moment de la réforme Protestante.

Le début officiel de ce mouvement se fit à Zurich, en Suisse (1523), où plusieurs collaborateurs de Swingli se séparèrent de ce dernier à cause de l’autorité qu’il accordait à l’Etat dans les affaires de l’Eglise. Ils commencèrent à rebaptiser les adultes convertis (1525) ce qui déclencha la persécution  des autorités civiles, en particulier envers les trois leaders :

  • Konrad Grebel mourut en prison
  • Félix Manz fut noyé dans le lac de Zurich
  • Blaurock (George Jacob) fut battu et chassé puis brûlé au Tyrol

Le mouvement se répandit en Allemagne, Autriche et Hollande et partout il fut persécuté à la fois par les protestants et les catholiques. Des anabaptistes furent noyés ou décapités à Zurich, Berne, Bâle ainsi qu’en Allemagne où Michel Sattler fut brûlé et sa femme noyée et d’autres décapités (avec l’approbation de M. Luther). De même à Vienne, Balthasar Hubmeyer fut brûlé et sa femme noyée en 1528.

Les anabaptistes fuyaient leur pays et certains trouvèrent refuge en Moravie (région du réveil Morave en Tchécoslovaquie). On pense que le nombre d’anabaptistes mis à mort entre 1530 et 1560 s’élève à plus de cent mille.

Un groupe dissident à Munster dévia et sombra dans l’anarchie, la cruauté et l’immoralité (polygamie) avant d’être exterminé par les troupes catholiques (1534).

Heureusement, ce mouvement fut repris en main par un prêtre catholique converti en voyant mourir les martyrs anabaptistes, Menno Simon (1492-1559). Il travailla essentiellement en Hollande et en Allemagne du Nord en visitant inlassablement durant 25 ans les communautés et écrivant de nombreux ouvrages pour combattre le fanatisme et ramener les adhérents aux origines de ce mouvement. Grâce à lui, le mouvement prit un nouvel essor et prit le nom d’Eglise Mennonite.

B – La doctrine

1) La base doctrinale
  • la confession de foi de Schleitheim (rédigée par Michel Sattler en 1527)
  • la confession de Dordrecht (1632)
  • le catéchisme des Deux-Ponts (même époque)
2) Les points particuliers
  • la nécessité de la conversion personnelle et du baptême des adultes comme son signe
  • le rejet de la régénération baptismale (et du pédobaptisme)
  • l’obéissance aux autorités tant que les lois ne contredisent pas la Parole de Dieu ou notre conscience
  • le refus de porter les armes
  • le refus d’occuper une fonction dans le gouvernement ou de prêter serment
  • le rejet de la doctrine de la prédestination
  • le lavement des pieds avant la sainte cène

Avec le temps les anabaptistes ne rejettent plus la prédestination ni les fonctions publiques.

C – L’organisation

1) Les membres

On devient membre après une confession de foi et le baptême, généralement après deux ou trois ans d’instruction religieuse donnée aux enfants de 14 à 17 ans. La discipline a pendant longtemps permit à ces églises de rester fidèles à leur confession de foi.

2) Les ministères

Il n’y a pas de hiérarchie et ceux qui sont financièrement soutenus par les églises sont seulement les prédicateurs itinérants.

  • les anciens
  • les prédicateurs : locaux (bénévoles) ou itinérants (à plein temps)
3) Le gouvernement

Chaque assemblée locale est indépendante. Il n’y a ni évêques ni synodes. Les assemblées annuelles ont des pouvoirs limités car elles n’ont qu’une voix consultative et ne peuvent faire que des recommandations.

D – Le culte

Longtemps il s’est tenu dans les fermes car les anabaptistes étaient pour la plupart d’origine rurale puis dans des temples. Il n’y a pas de liturgie et les femmes se voilaient pendant le culte.

Le baptême se fait par une triple immersion et parfois par aspersion. La sainte cène est célébrée rarement (deux fois par an) ; c’est un mémorial sans présence réelle. Autrefois le lavement des pieds précédait la cène.

E – Le développement

Les violentes persécutions venant à la fois des catholiques et des protestants ont provoqué un repliement sur soi-même et il fallait se marier seulement à l’intérieur des assemblées Mennonites. Certains gardaient les vêtements du 16e s. du temps de leur origine, comme aujourd’hui les Amish aux U.S.A.

Certains Mennonites pratiquaient la communauté des biens d’où leur grande hospitalité.

Au 18e s. l’impératrice Catherine de Russie en a invité chez elle car ils étaient d’excellents agriculteurs et leur a accordé beaucoup de liberté. Mais certains ont émigré aux U.S.A. après la révolution communiste de 1917.

Il y a environ 1 200 000 Mennonites dans le monde.

En France, il y en a environ 3000, en Allemagne, leur nombre était tombé de 15 000 (1970) à 5 000 mais 40 000 mennonites de Russie sont rentrés en Allemagne dans les années 1970. En Hollande leur nombre est tombé de 60 000 (1970) à 10 000.

Aux U.S.A. il y en a 320 000, au Canada 124 000, en Inde 90 000, en Ethiopie 75 000.

Leur champ de mission est principalement au Congo-Kinshasa (187 000) et en Indonésie (89 000).

Credit photo:
hildeengwenverbouwen

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