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Un poisson dans le netRéflexionLes dénominations protestantes et évangéliques – Les Églises Luthériennes

Les dénominations protestantes et évangéliques – Les Églises Luthériennes

L’École Biblique Emmaüs de Côte d’Ivoire nous a proposé de diffuser certains de leurs cours et c’est avec un grand plaisir que nous vous proposons le premier d’entre eux, « Les dénominations protestantes et évangéliques », par Olivier de Tarragon. Un sommaire de cette série vous permettra de retrouver l’ensemble des fiches de ce cours. Une version PDF de l’ensemble sera disponible dès la dernière fiche publiée. Aujourd’hui, les Eglises Luthériennes.

Colorful lightsI – LES EGLISES OFFICIELLES

Ce groupe comprend trois grandes Eglises qui sont directement issues de la Réforme Protestante et qui ont conservé des points importants du catholicisme, comme l’union avec l’Etat (le césaropapisme), le pédobaptisme et la régénération baptismale (on naît chrétien).

Le premier groupe (Eglise Luthérienne) est né en Allemagne au temps de Martin Luther ; le second (Eglise Réformée / Presbytérienne) est né en France et en Suisse sous l’influence de Jean Calvin ; le troisième (Eglise Anglicane) est né en Angleterre d’abord pour une raison essentiellement politique au temps du roi Henry VIII et donc est resté proche du catholicisme.

1 – Les Eglises Luthériennes

A – L’origine

Ces églises se réclament toutes de l’enseignement de Martin Luther (1483-1546), le premier artisan de la Réforme protestante née en 1517 en Allemagne. Né d’une famille humble de la Saxe, Luther étudia dans diverses villes avant de devenir moine augustin à Erfurt. Il fut ensuite nommé professeur à l’université de Wittenberg.

Là, en étudiant l’épître aux Romains, il comprit que l’homme ne peut être justifié aux yeux de Dieu par ses bonnes œuvres et donc que le salut s’obtenait par la foi seule et la seule grâce de Dieu. Un voyage à Rome ébranla sa confiance dans les institutions catholiques.

En 1517, Un moine dominicain Tetzel vint à Wittenberg pour y vendre des indulgences devant servir à financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome. Scandalisé par ce commerce, Luther afficha le 31 octobre 1517, 95 thèses à la porte de l’église du château de Wittenberg dans lesquelles il insistait sur les conditions spirituelles du pardon et sur la grâce de Dieu.

Ces thèses se répandirent en Allemagne avec une rapidité extraordinaire. Le pape Léon X menaça Luther d’excommunication et celui-ci brûla publiquement la bulle de pape. L’empereur Charles Quint (1519-1556) dût convoquer Luther devant la diète à Worms. Luther y déclara qu’il ne pouvait se rétracter que si on pouvait le convaincre d’erreur par les Ecritures.

Banni, il fut caché par son ami l’électeur de Saxe, au château de Wartbourg où il commença la traduction du Nouveau Testament en Allemand. De retour à Wittenberg, il se maria à une religieuse catholique convertie dont il eut six enfants.

Luther prêchait, enseignait, voyageait. Il écrivit 80 gros volumes. Sa traduction de la Bible a fixé la langue allemande moderne. Il mourut à 62 ans et fut enterré dans l’église de Wittenberg où il avait affiché ses thèses, déclenchant ainsi sans le savoir la Réforme Protestante.

B – La doctrine

1) La base doctrinale

Les confessions de foi particulières au luthérianisme sont :

  • la confession de foi d’Augsbourg (Mélanchton, 1530) et son apologie (1531)
  • le grand catéchisme et le petit catéchisme (Luther 1529)
  • les articles de Smalcade (1537)
  • la formule de Concorde (1577)
2) Les points particuliers
  • la justification par la foi seule, sans les œuvres
  • le péché originel et la corruption totale de la nature humaine qui ne permettent pas à la volonté libre de l’homme de connaître par elle-même les choses spirituelles
  • la prédestination qui permet par l’action du Saint-Esprit à l’homme d’arriver à la foi
  • la consubstantiation, c’est-à-dire la présence réelle et matérielle de Christ dans la sainte cène
  • les sacrements : baptême et sainte cène. La régénération baptismale qui efface le péché originel. Par ces moyens de grâce, le Saint-Esprit transmet et scelle le pardon des péchés et le salut. La plupart des églises luthériennes sont devenues très modernistes.

C – L’organisation

1) Les membres

Sont membres tous ceux qui sont baptisés et confirmés.

2) Les ministères

Il y a une hiérarchie comprenant :

  • les pasteurs
  • les évêques (Allemagne, Scandinavie), ou inspecteurs ecclésiastiques (France) ou superinten-dants (U.S.A.). La Suède, elle seule, a un archevêque.
3) Le gouvernement

Dans certains pays Européens, il y a une union Eglise-Etat, l’autorité souveraine y est entre les mains du roi (Scandinavie), mais celle-ci délègue généralement ses pouvoirs à l’assemblée (consistoire) composée d’évêques, de pasteurs et de laïques.

Là où il n’y a pas d’union avec l’Etat, des synodes exercent l’autorité dans l’Eglise. En France, il y a :

  • un synode local nommé par chaque paroisse
  • des synodes particuliers regroupant des synodes locaux une fois par an
  • un synode national tous les trois ans

D – Le culte

Dans le temple, l’autel est au centre, surmonté d’un crucifix et de cierges, et la chaire est sur le côté. Le pasteur officie en robe noire et la liturgie est élaborée. On suit le cycle catholique des fêtes chrétiennes avec des lectures et prédications prescrites pour chaque dimanche.

  • le baptême est administré aux nourrissons (pédobaptisme) et il est nécessaire au salut (régénérescence baptismale). Certains enseignent qu’il donne la nouvelle naissance. Il est considéré comme la nouvelle circoncision.
  • la sainte cène est célébrée sous les deux espèces près de l’autel. Jésus est matériellement présent dans le pain et le vin (consubstantiation).
E – Le développement

La Fédération Luthérienne Mondiale a été fondée en 1947 et compte 22 millions de membres. Il y a environ 70 millions de luthériens dans 70 pays (145 groupes d’églises). En Scandinavie (Suède, Norvège et Finlande), ils représentent 98 % de la population et en Allemagne près de 50 %. Aux U.S.A., 10 millions de membres sont groupés selon leur origine Européenne. En France, il y en a environ 300 mille en Alsace et région parisienne.

Cette dénomination a des champs missionnaires importants en Tanzanie, Congo-Brazzavile, Madagascar, Indonésie et Japon.

Credit photo:
pagedooley

One thought on “Les dénominations protestantes et évangéliques – Les Églises Luthériennes

  1. Quelques imprécisions :
    – C’est pas « on naît chrétien », c’est « toute personne baptisée est incorporée au peuple de Dieu ». Après, on ne considérera pas comme chrétien quelqu’un qui a renié son baptême en s’éloignant de l’Église.
    – La conssubstantiation n’est pas vraiment affirmée ; on préfère ne pas dire comment le Christ est présent ; on affirme néanmoins qu’il l’est, sur l’autel, aussi réellement que si on le croisait sur une route de Galilée.
    – La prédestination, c’est calviniste, pas luthérien, il me semble.
    – Le pasteur est en robe blanche. La robe noire, c’est pour les crypto-réformés 😀

    Je pourrai écrire durant des heures sur ce qui distingue le luthéranisme du reste du protestantisme, si vous avez besoin 😉

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