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Résurrection et souffrance

Résurrection et souffrance

A cool waterfall to relax at during the hike, and a new Newsletter!Je pense que savoir Dieu présent à nos côtés dans l’adversité ne nous suffit pas. Nous avons besoin d’espérer que nos souffrances « ne sont pas vaines ». Avez-vous déjà remarqué combien les familles qui ont perdu un être cher ont désespérément besoin de le dire ? Elles travaillent à la réforme des lois ou au changement des conditions sociales qui ont entraîné le décès de leurs proches. Il leur faut croire que la mort de leurs bien-aimés a conduit à une vie nouvelle, que l’injustice a débouché sur plus de justice.

À celui qui souffre, la foi chrétienne offre comme recours non seulement son enseignement sur la croix mais également la réalité de la résurrection. La Bible enseigne que l’avenir n’est pas un « paradis » immatériel mais de nouveaux cieux et une nouvelle terre. En Apocalypse 21, nous n’avons pas la vision d’êtres humains sortis du monde et emportés vers le paradis mais celle du paradis qui descend vers ce monde matériel pour le purifier, le renouveler et l’amener à la perfection. Selon le point de vue laïc, il n’y a bien sûr aucune restauration après la mort ni après la fin de l’Histoire. Les religions orientales enseignent quant à elles la perte de notre identité et le retour à « l’âme universelle », de sorte que notre vie matérielle dans ce monde disparaît à jamais. Même les religions qui croient en un paradis céleste considèrent qu’il s’agit d’une consolation pour toutes les pertes et souffrances de cette vie et d’une compensation pour toutes les joies qui auraient dû survenir.

La Bible parle, elle, de résurrection – pas d’un futur qui ne serait qu’une consolation pour compenser la vie que nous n’avons jamais eue, mais d’une restauration de la vie que nous avons toujours voulue. Cela signifie que chaque événement abominable qui aura eu lieu sera non seulement « défait » et réparé, mais rendra d’une certaine façon la gloire et la joie finales encore plus belles.

Il y a quelques années, j’ai fait un horrible cauchemar dans lequel toute ma famille avait péri. Lorsque je me suis réveillé, j’ai éprouvé un immense soulagement auquel s’ajoutait une autre sensation : la joie que me procurait chaque membre de ma famille était devenue nettement plus intense. Je les ai tous regardés et j’ai pris conscience de la profondeur de l’amour et de la reconnaissance que je ressentais pour eux. Pourquoi ? Parce que le cauchemar avait grandement amplifié mon bonheur. Parce que le plaisir que j’avais éprouvé en me réveillant avait en quelque sorte englouti la terreur, si bien qu’à la fin, le sentiment d’avoir perdu puis retrouvé ma famille avait accru mon amour pour elle. Le même mécanisme s’enclenche quand vous perdez un bien que vous teniez pour acquis. Lorsque vous le retrouvez (après avoir cru qu’il avait disparu pour toujours), vous le chérissez et l’appréciez bien plus qu’auparavant.

La philosophie grecque (et en particulier le stoïcisme) considérait l’Histoire comme un cycle sans fin. De temps à autre l’univers se réduisait et se désintégrait dans un gigantesque incendie appelé la palingénésie. Ensuite l’Histoire, ayant été purifiée, recommençait à zéro. En Matthieu 19.28 (version Parole de vie), Jésus a parlé de son retour sur terre comme étant le palingenesis : « Je vous le dis, c’est la vérité : dans le monde nouveau [en grec : palingenesis], le Fils de l’homme sera assis sur son siège glorieux. » Il s’agissait d’un concept radicalement nouveau. Jésus affirmait que son retour s’accompagnerait d’une telle puissance que le monde matériel et l’univers seraient purgés de toute pourriture et de toute cassure. Tout sera guéri et tout ce qui aurait dû être sera.

Dans la trilogie « Le Seigneur des Anneaux », Sam Gamgee découvre, juste après que le paroxysme du roman a été atteint, que son ami Gandalf n’est pas mort (comme il le croyait) mais bien vivant. Il s’écrie : « Je pensais que tu étais mort ! Mais ensuite j’ai pensé que j’étais moi-même mort. Tout ce qui est triste est-il en train de devenir faux ? » Le christianisme répond « oui » à cette question. Tout ce qui est triste deviendra faux et sera en quelque sorte sublimé pour avoir été auparavant brisé et perdu.

Adopter les doctrines chrétiennes de l’incarnation et de la croix nous apporte une profonde consolation lorsque nous sommes confrontés à la souffrance. La doctrine de la résurrection peut faire naître en nous une espérance puissante. Elle promet que nous connaîtrons la vie à laquelle nous avons tant aspiré. Cette vie se déroulera dans un monde infiniment plus merveilleux que celui qui aurait existé si le courage, l’endurance, le sacrifice et le salut n’avaient jamais été nécessaires.

Dostoïevski l’a parfaitement exprimé dans ces lignes :

Je suis convaincu, comme un enfant, que la souffrance disparaîtra, que la comédie révoltante des contradictions humaines s’évanouira comme un piteux mirage, comme la manifestation vile de l’impuissance mesquine, comme un atome de l’esprit d’Euclide ; qu’à la fin du drame, quand apparaîtra l’harmonie éternelle, une révélation se produira, précieuse au point d’attendrir tous les cœurs, de calmer toutes les indignations, de racheter tous les crimes et le sang versé ; de sorte qu’on pourra, non seulement pardonner, mais justifier tout ce qui s’est passé sur la terre.

Plus succinctement, C.S. Lewis a écrit :

Aux prises avec la souffrance, ils disent : « Aucun bonheur futur ne pourra la compenser », sans savoir que le ciel, lorsqu’ils y seront, œuvrera à rebours et changera cette agonie même en gloire.

C’est la défaite ultime du mal et de la souffrance. Non seulement ils disparaîtront mais ils seront aussi vaincus de façon tellement radicale que ce qui nous est arrivé ne servira qu’à rendre infiniment plus merveilleuses notre vie et notre joie futures.

Extrait du chapitre "Comment un Dieu bon pourrait-il permettre la souffrance ?", tiré de l’ouvrage "La raison est pour Dieu", qui vient de paraître aux Editions Clé. Consigne importante : Vous ne pouvez pas republier ce texte sur internet sans l’autorisation écrite des Editions Clé.

Pour en savoir plus sur cet ouvrage, consultez notre présentation. Mini-sommaire du chapitre :

  1. Le mal et la souffrance ne sont pas des preuves à charge contre Dieu
  2. Le mal et la souffrance pourraient (plutôt) constituer une preuve en faveur de Dieu
  3. Jésus comparé aux martyrs
  4. La souffrance de Dieu
  5. Rédemption et souffrance
  6. Résurrection et souffrance
Credit photo:
stuckincustoms

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