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La souffrance de Dieu

Abstract

La souffrance de Dieu

Pour comprendre la souffrance de Jésus à la fin des Évangiles, nous devons nous souvenir de la manière dont le Christ nous est présenté au début. Jean aborde, dans le premier chapitre de l’Évangile dont il est l’auteur, le concept mystérieux, et cependant essentiel, du caractère tri-personnel de Dieu. Le Fils de Dieu n’a pas été créé mais a pris part à la création et vit de toute éternité « dans l’intimité du Père » (Jean 1.18), c’est-à-dire dans une relation d’intimité et d’amour absolus. Néanmoins, à la fin de sa vie terrestre, il a été séparé du Père.

Il n’existe pas de supplice plus grand que la perte d’une relation à laquelle nous tenons désespérément. Si une simple connaissance se détourne de vous, vous condamne, vous critique et déclare qu’elle ne veut plus jamais vous revoir, c’est pénible. Si quelqu’un que vous fréquentez régulièrement agit de même, c’est plus douloureux. Si c’est votre conjoint qui vous inflige un tel traitement, ou l’un de vos parents pendant votre enfance, les dégâts psychologiques sont infiniment plus importants.

Nul ne peut imaginer, cependant, ce que ce serait de perdre, non pas l’amour accordé pendant des années par un époux ou des parents, mais l’amour infini du Père dont Jésus était l’objet de toute éternité. Les souffrances de Jésus auraient été impossibles à supporter éternellement. La théologie chrétienne a toujours admis qu’en prenant notre place, Jésus avait subi la séparation sans fin d’avec Dieu que méritait la race humaine. Dans le jardin de Gethsémané, les prémices et l’avant-goût de cette expérience avaient à eux seuls commencé à mettre Jésus en état de choc. Bill Lane, un spécialiste du Nouveau Testament, a écrit : « Jésus est venu pour être avec le Père dans l’intervalle qui a précédé la trahison, mais il a trouvé ouvert devant lui l’enfer, et non le paradis, et il a vacillé. » Sur la croix, le cri de désarroi de Jésus – « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » – souligne la profondeur de leur relation. Lane poursuit : « Ce cri possède une authenticité impitoyable … Jésus n’est pas mort en reniant Dieu. Même dans le brasier de l’abandon, il n’a pas renoncé à sa foi en Dieu mais, dans un cri affirmatif, il a exprimé sa prière angoissée : “Mon Dieu, mon Dieu”. » Jésus continue d’utiliser le langage de l’intimité – « mon Dieu » – même s’il subit une séparation infinie d’avec le Père.

Extrait du chapitre "Comment un Dieu bon pourrait-il permettre la souffrance ?", tiré de l’ouvrage "La raison est pour Dieu", qui vient de paraître aux Editions Clé. Consigne importante : Vous ne pouvez pas republier ce texte sur internet sans l’autorisation écrite des Editions Clé.

Pour en savoir plus sur cet ouvrage, consultez notre présentation. Mini-sommaire du chapitre :

  1. Le mal et la souffrance ne sont pas des preuves à charge contre Dieu
  2. Le mal et la souffrance pourraient (plutôt) constituer une preuve en faveur de Dieu
  3. Jésus comparé aux martyrs
  4. La souffrance de Dieu
  5. Rédemption et souffrance
  6. Résurrection et souffrance
Credit photo:
iratxo

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