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Un poisson dans le netMéditation bibliqueMéditation sur Matthieu 7:1

Méditation sur Matthieu 7:1

une personne horrifiéeNe jugez point, afin que vous ne soyez point jugés ", nous dit Matthieu 7 :1. J’ai souvent pensé, à tort, que cette déclaration de Jésus ne s’adressait qu’aux non-croyants. J’avais grand tort, car la réserver à autrui revient à se priver d’un avertissement mais aussi d’un outil très précieux. La grande difficulté réside dans la compréhension de la notion de ‘jugement’. J’ai souvent confondu le jugement avec les ragots de comptoirs ou de bureau, le sucre qu’on casse, avec une méchanceté assaisonnée de plaisir, sur le dos de celui qui vient de sortir.

Il me semble pourtant que l’idée de jugement est beaucoup plus vaste et beaucoup plus commune que cela. En fait, elle imprègne mon quotidien à un point que je n’imagine pas tant elle est omniprésente. Et comment pourrait-il en être autrement puisque je suis ‘fait’ à l’image de ce Dieu qui juge de tout constamment.

En fait, il me semble que le jugement commence au moment où, après avoir entendu le récit d’un événement choquant, blessant ou au contraire édifiant, je ressent en moi cette petite bouffée d’émotion, ce petit ‘Oh ! Quelle horreur ! Comment un être humain a-t-il pu commettre un acte pareil ?’ Ou bien ce ‘Voilà une belle action ! une belle parole ! Voilà qui est méritant !‘ Ce n’est pas ce jugement-là que Jésus condamne.

En fait, heureusement que j’ai en moi la possibilité de reconnaître encore le bien du mal. Certains l’ont malheureusement jeté aux orties et ils sont vraiment à plaindre. Ce contre quoi Jésus nous met en garde c’est l’aspect ‘condamnation’, du style : Celui qui a commis une telle chose est un sale type ! Quelquefois même je vais encore plus loin et je me laisse même aller à penser : le méchant qui a fait cela mérite

Cela m’est apparu particulièrement clairement ce matin alors que j’allais à la rencontre de Jonas sous la direction de mon programme de lecture. Ah Jonas ! Je me demande si on n’est pas parent, toi et moi. Si je peux me permettre, pour une fois, un jugement, je dirais que Jonas est un chouette sale type. C’est mon frère, mon jumeau. Si vous regardez bien le texte vous verrez qu’il est raciste jusqu’au bout des ongles. Il Déteste (oui ‘Déteste’ avec un grand ‘D’) ces sales étrangers que sont les Ninivites. Sa devise c’est : Un bon Ninivite est un Ninivite qu’on évite’. Un Ninivite, ça pue, ça parle fort, c’est bête, c’est méchant, ça n’a rien de consommable et de toute façon, même quand ça a raison, ça a tort ! En plus, non contents d’avoir une fausse religion, un jour, croyez-moi, vous verrez, ils viendront chez nous pour nous dire ce que nous devons faire !

Le discours actuel, bien sûr, nous voudrait tous vertueux et donc exempts de racisme au berceau. Comme dirait Rousseau, nous sommes tous nés ‘anges’ et c’est la société qui nous a transformé en démons. En fait, il me semble qu’il existe un test infaillible pour savoir qui est naturellement raciste. Prenez une lame et coupez-vous. Si vous saignez, vous êtes raciste :-)

En fait, le racisme n’est qu’un des aspects particuliers de ce péché général qu’est le refus d’aimer, et le refus d’aimer se manifeste dans le désir de juger et dans celui, déplacé car il n’appartient qu’à Dieu, de voir la punition sanctionner l’objet de notre condamnation.

Si je pouvais voir Abraham face à Sodome et Jonas face à Ninive, marcher côte à côte, je me verrais tel que je devrais être et tel que je suis. Abraham qui intercède pour le sale étranger menacé de la colère divine face à Jonas ("Moi") qui le condamne.

Pour cela, il me faut sans cesse mourir à moi-même ; mener un combat sans cesse recommencé ; me souvenir que je ne suis pas ici chez moi et donc qu’aucun homme ne peut détruire quoi que ce soit qui m’appartienne et qui ait de l’importance pour moi. Et si quelque chose, par malheur, se trouve avoir une importance telle qu’elle entraîne de ma part une condamnation de celui qui la menace, c’est que le Jonas des Ninivites qui survit encore en moi a besoin de mourir pour laisser la place à l’Abraham de Sodome afin que j’intercède, que je ne juge ni ne condamne point, et que Dieu soit glorifié.

Seigneur, aie pitié de moi et donne moi, chaque jour, chaque minute, la force spirituelle de ne pas condamner (et de ne pas trop m’attarder sur les faits divers des journaux).

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Credit photo:
dieselbug2007

One thought on “Méditation sur Matthieu 7:1

  1. Bonjour
    Je souhaitais dire que je suis d’accord avec les commentaires sur nos jugements. Seulement pour défendre Jonas, il faut dire que les habitants de Ninive étaient réputés pour être des sanguinaires, des tortionnaires à tel point que plusieurs villes assiégées par les soldats de Ninive se rendaient sans vraiment combattre tellement les représailles étaient dures… Jonas ne souhaitait pas que Dieu pardonne leur méfaits. C’est un peu comme si nous ne souhaitions pas que Dieu pardonne d’anciens nazis… Bref, tellement humain Jonas…tellement commun…
    Quant à Abraham, il devait déjà pensé à Lot…
    Fraternellement…

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