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Un poisson dans le netRéflexionAu commencement… Dieu ? Les fossiles — Une assurance loin d'être partagée (14)

Au commencement… Dieu ? Les fossiles — Une assurance loin d'être partagée (14)

 » Compte tenu de la richesse des archives fossiles actuelles, il est bien peu probable qu’une remise en cause de l’évolution puisse avoir lieu ! D’autant que l’on dispose de séries fossiles caractéristiques qu’il serait difficile de réfuter, en particulier celle qui concerne la classe des mammifères. « (1)

Cette assurance est loin d’être partagée par toute la communauté scientifique. En effet, nombreux sont les géologues et les paléontologues qui voient dans le l’étude des fossiles de graves difficultés pour la théorie darwinienne. De nouveau, il faut faire une distinction entre la micro-évolution et la macro-évolution. Il est incontestable que certains organismes ont subi des changements superficiels à travers les siècles passés (tandis que d’autres sont restés inchangés). Mais il n’est pas possible, par l’étude des fossiles, de montrer que toutes les espèces vivantes aujourd’hui ont des ancêtres communs. C’est une généralisation qui contredit plutôt ce que nous observons dans ces traces laissées dans les couches sédimentaires de notre planète.

A part quelques rares fossiles d’animaux pris dans les puits de bitume ou dans de la sève, presque tous les fossilesfossile de tortue sont les restes d’animaux ensevelis brusquement dans d’épaisses couches de sédiment portées par les eaux, et si rapidement que la détérioration n’a pas pu avoir lieu. Par la suite, par un processus encore mal compris, les matières organiques ont été remplacées par les éléments inorganiques. Le professeur Felden a raison de parler de  » la richesse des archives fossiles.  » En effet, on nous dit que, quel que soit notre lieu de résidence dans le monde, nous pourrions trouver des fossiles dans un rayon de moins d’un kilomètre. On a répertorié jusqu’à présent près de 250 000 différentes espèces fossilisées (2) . Les fossiles représentent alors une source abondante de renseignements sur les formes de vie qui ont existé dans le passé.

C’est cette richesse même qui accentue un phénomène commun à toutes les couches sédimentaires : l’absence notoire des formes de transition importantes. On rencontre des opinions très divergentes concernant la validité de certains  » chaînons manquants « , mais tous s’accordent pour dire que la grande majorité des classes, des ordres, et des familles apparaissent dans les strates fossilifères parfaitement formées, sans antécédent. En réalité, il ne s’agit pas de quelques « maillons » qui manqueraient dans la chaine évolutive, mais de grandes longueurs de chaines qui sont introuvables. Il suffit de voir ce que disent les paléontologues :

  1. En ce qui concerne les couches cambriennes, qui sont généralement considérées comme les plus anciennes qui portent des fossiles multicellulaires :

    Un des problèmes majeurs et non-résolus de la géologie et de l’évolution est la présence d’invertébrés marins à la fois diversifiés et multicellulaires dans les roches cambriennes de tous les continents, et leur absence dans les roches plus âgées.[…] Lorsque nous cherchons dans les roches précambriennes pour trouver les précurseurs de ces fossiles cambriens, ils ne sont pas là(3) .

    Cette brusque apparition de la vie est souvent appelée une  » explosion de vie  » à cause des nombreuses espèces qu’on y trouve :

    Lorsque la vie invertébrée apparaît pour la première fois dans les mers anciennes du Paléozoïque, elle est déjà divisée en pratiquement tous les groupes majeurs que nous connaissons aujourd’hui. Non seulement tous les grands phylums des invertébrés sont représentés, mais leurs principaux sous-groupes sont aussi présents en nombre important. Les Mollusques, par exemple : les représentants primitifs des Céphalopodes (le groupe comprenant les pieuvres et les calmars), des Bivalves (palourdes et huîtres) ou des Gastéropodes (escargots et limaces), etc. sont déjà fortement différenciés quand ils surgissent dans les gisements fossiles(4) .

  2. En ce qui concerne les vertébrés :

    Entre le Cambrien, d’où ils sont sans doute originaires, et l’Ordovicien, où nous trouvons pour la première fois des fossiles d’animaux ayant des caractères explicites de poissons, il y a un intervalle de près de 100 millions d’années que nous n’allons probablement jamais combler(5) .

    Etant donné le grand fossé qui sépare les vertébrés des invertébrés, il faut croire que pendant 100 millions d’années des multitudes d’organismes mi-poisson/mi-invertébré ont existé et ont péri sans laisser la moindre trace. C’est possible, mais moins crédible que le récit de la création !

  3. En ce qui concerne les mammifères :

    L’événement le plus mystérieux de l’histoire de la vie sur terre est le changement du Mésozoïque (l’âge des reptiles) à l’âge des mammifères. C’est comme si le rideau descendait subitement sur la scène où tous les rôles importants étaient pris par les reptiles (et surtout les dinosaures, si nombreux et si variés) pourse lever immédiatement après pour révéler la même scène. Mais cette fois, les acteurs sont complètement différents : les dinosaures ne sont plus présents, d’autres reptiles sont des figurants peu importants, et tous les rôles importants sont confiés à des mammifères qui sont à peine mentionnés dans les actes précédents(6) .

Cet événement est mystérieux pour le Dr. Simpson parce qu’il est difficile de concevoir comment un changement si radical se serait produit sans laisser de trace. Il est impossible dans cette discussion de considérer en détail un sujet aussi vaste que la paléontologie. L’étude des fossiles autorise des différences honnêtes d’opinion. Mais les archives fossiles sont très décevantes pour ceux qui y cherchent un appui à la théorie générale de l’évolution.

L’absence presque totale de formes intermédiaires et ancestrales dans les gisements fossiles est aujourd’hui largement reconnue comme l’une de leurs caractéristiques les plus frappantes par beaucoup de paléontologues éminents(7) .

Darwin lui-même était très conscient de ce problème, car sa théorie exigeait l’existence d’une quantité innombrable de formes de transition, et il était troublé par leur absence :

Le nombre des formes intermédiaires constituant les chaînons de transition entre toutes les espèces vivantes et les espèces perdues a donc dû être infiniment grand ; or, si ma théorie est vraie, elles ont certainement vécu sur la Terre(8) .

Pourquoi donc chaque formation géologique, dans chacune des couches qui la composent, ne regorge-t-elle pas de ces formes intermédiaires ? La géologie ne révèle assurément pas une série organique si bien graduée, et c’est en cela, peut-être, que consiste l’objection la plus sérieuse qu’on puisse faire à ma théorie. Je crois que l’explication se trouve dans l’extrême insuffisance des documents géologiques(9) .

Darwin croyait alors que les recherches futures allaient apporter ce qui manquait dans les indices fossiles. Aujourd’hui on n’a plus cet espoir :

[…] L’expérience montre qu’il est possible que les intervalles qui séparent les plus grandes catégories ne soient jamais comblés par les fossiles. Beaucoup de discontinuités ont tendance à devenir de plus en plus abruptes à mesure que les collections augmentent(10) .

  • (1) Felden, Et si l’homme était seul dans l’univers… ?, page 156.
  • (2) D.M. Raup, Field Museum of Natural History Bulletin, 50 : 22, (1979).
  • (3) D. Axelrod, Science 128 :7 (1958).
  • (4) Denton, Michael. Evolution : Une théorie en crise, page 169.
  • (5) F.D. Ommanney, The Fishes, Life Nature Library, 1964. page 60.
  • (6) G.G. Simpson, cité dans Life Before Man, Time-Life books, (1972), page 42.
  • (7) Denton, Michael. Evolution : Une théorie en crise, page 172
  • (8) Darwin, L’Origine des espèces, II, page 356, Petite collection Maspero, François Maspero, Paris, 1980.
  • (9) Ibid., page 355.
  • (10) Newell, D/D/ (1959) « The Nature of the Fossil Record », Proc. of the Amer. Phil. Soc. 103(2) : 264-285, cité par Denton, Michael. Evolution : Une théorie en crise, page 193.

Ce texte est la 14ème partie d’ Au commencement… Dieu ?, un ouvrage en texte intégral en cours de republication. Retrouvez-en le sommaire ici, dont les chapitres seront complétés régulièrement.

Suite…

Credit photo:
trailmixnet

Two thoughts on “Au commencement… Dieu ? Les fossiles — Une assurance loin d'être partagée (14)

  1. Merci pour ces articles qui seront bien utiles pour les lecteurs. J’y fais référence sur mon site et j’espère vous envoyer quelques visiteurs. Que le Seigneur vous bénisse.

  2. Pingback: Les fossiles et la théorie darwinienne « Cœur de berger

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