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Un poisson dans le netRéflexionAu commencement… Dieu ? Les fossiles — la théorie de l'équilibre ponctué (15)

Au commencement… Dieu ? Les fossiles — la théorie de l'équilibre ponctué (15)

Dans les années 1970, certains biologistes dont Jay Gould, Niles Eldridge et Steven Stanley, sont arrivés à la conclusion que la théorie de variations lentes et régulières proposée par Darwin n’était plus tenable à la lumière des discontinuités. Ils ont alors proposé un raffinement à la théorie : la vie n’a pas évolué à une vitesse constante mais par à-coups. Selon cette théorie, appelée  » équilibre ponctué « , L’histoire de la plupart des espèces fossilisées comporte deux aspects très différents de l’évolution graduelle :

  1. Stase : La plupart des espèces ne montrent aucun changement directionnel pendant leur existence sur la terre. Elles apparaissent dans les documents fossiles avec la même apparence que lorsqu’elles disparaissent ; le changement morphologique est d’habitude limité et sans direction.
  2. Apparition brusque : Dans toute région donnée, une espèce n’est pas produite graduellement par une transformation progressive de ses ancêtres ; elle apparaît soudainement et complètement formée(11) .

Le problème n’est pas pour autant résolu. Premièrement, les absences dans les archives fossiles sont particulièrement gênantes entre les grandes classes d’organismes où il faut imaginer des changements radicaux : l’apparition de la vie, l’explosion de la vie multicellulaire dans le Cambrien avec sa variété inouïe d’espèces ; l’apparition soudaine des vertébrés, des reptiles, des oiseaux, des mammifères. L’explication par l’équilibre ponctué peut peut-être satisfaire dans le cas de changements peu importants, mais reste complètement incapable d’expliquer l’absence des milliers de formes de transitions qui devraient exister entre les grands phylums.

A moins de croire aux miracles, ces grandes discontinuités ne peuvent tout simplement pas avoir été franchies rapidement (à l’échelle géologique) par le biais d’une ou deux espèces de transition occupant des zones géographiques peu étendues. […] La supposition frise l’incroyable !(12)

Un autre auteur, qui est pourtant évolutionniste, a la probité intellectuelle d’admettre que les gisements de fossiles de plantes, examinés sans a priori, semblent indiquer l’œuvre d’un Créateur :

On peut tirer de la biologie, de la biogéographie, et de la paléontologie plusieurs indices en faveur de la théorie de l’évolution, mais je pense que, pour celui qui n’a pas de préjugé, le l’étude des fossiles de plantes favorise plutôt une création spéciale(13) .

Jusqu’ici nous avons examiné trois affirmations importantes de la théorie générale de l’évolution. En effet, pour pouvoir expliquer à elle seule l’existence de la vie sur la terre, cette théorie doit démontrer :

  1. Que la vie, avec toute sa complexité, s’est formée sans aide surnaturelle,
  2. Que tous les organes et structures des différents organismes ont pu se créer par petites étapes, par le moyen unique d’erreurs dans la transmission du code génétique et de la sélection du plus apte,
  3. Que l’examen des fossiles révèle cette continuité de rapports entre toutes les formes de vie.

Mais même une considération superficielle de ces propositions nous a montré à quel point elles sont en contradiction avec ce que nous pouvons observer dans la nature. Avons-nous ainsi prouvé que toute la théorie est fausse? Certainement pas, car il faudrait une étude beaucoup plus technique et détaillée afin de déterminer la part de vérité et la part de supposition dans le dogme de l’évolution, tel qu’il est enseigné aujourd’hui. Ceux et celles qui désirent pousser un peu plus loin ces questions pourront consulter la bibliographie annotée à la fin de l’ouvrage.

Cependant, le peu que nous avons vu doit nous permettre quelques conclusions. Tout d’abord, malgré les assertions de certains, la théorie naturaliste de l’évolution reste une hypothèse hautement spéculative et invérifiable. Elle relève surtout de la philosophie, ayant comme base de départ la non-existence de Dieu, comme l’indiquent amplement les deux citations ci-dessous :

Ce qui est peut-être plus important est de voir que si le monde avec ses créatures a été formé uniquement par des forces matérielles et physiques, il n’a pas pu être dessiné et il n’a ni but ni objectif(14) .

 

… étant entièrement soumise au seul hasard, l’évolution du vivant n’est tributaire d’aucun finalisme(15). Ce qui revient à confirmer que tant dans l’étude de la vie que dans celle de l’ensemble de l’univers, on n’a encore jamais identifié le moindre élément rationnel permettant de supposer une quelconque téléologie cosmique(16) .

Quelles sont les expériences et les observations qui ont permis à ces hommes de faire de telles déclarations dogmatiques ? Comment ont-ils pu prouver que toutes les merveilles de la nature sont la conséquence du seul hasard ? D’où vient leur certitude que l’homme n’a ni devoir ni destin ?

Tel n’est certes pas l’avis de tout le monde. Dans son livre, La faim du tigre, l’écrivain René Barjavel consacre plusieurs pages à une description fascinante de l’oreille humaine pour arriver à cette conclusion bien différente :

une oreille humaineQui a conçu l’oreille ?

Il faut être singulièrement facile à contenter pour accepter de voir dans la simplicité harmonieuse de son aménagement général, le raffinement de ses détails, la diversité de son fonctionnement mécanique, acoustique, électrique, chimique, séreux, sanguin, conjonctif, osseux, musculaire, nerveux, liquide, solide, gazeux, et nous en oublions, et nous en ignorons, et dans la coordination immédiate et parfaite de cette multiple subtilité, le résultat chanceux de mutations hasardeuses. […]

Qui a voulu ces perfectionnements successifs ?

Est-ce l’individu ?

Si c’était possible, tous les hommes se seraient depuis longtemps fait pousser des ailes et des yeux derrière la tête.

Est-ce l’espèce ? La matière vivante elle-même ?

Qui ?

L’oreille ne s’est pas faite par l’invraisemblable hasard de millions de mutations favorables.

L’oreille est un ensemble conçu, architecturé, organisé. Le hasard ne conçoit pas, n’ajuste pas, n’organise pas. Le hasard ne fait que de la bouillie.

[…]

Alors d’où viennent l’oreille et la marguerite ?

IL Y A QUELQU’UN!…(17)

.

  • (11) Jay Gould, « The Episodic Nature of Evolutionary Change » dans The Panda’s Thumb (Le pouce du Panda), cité par Johnson, op.cit. p. 50.
  • (12) Denton, Michael. Evolution : Une théorie en crise, page 201.
  • (13) E.J.H. Corner, Contemporary Botanical Thought, 1961, p. 97.
  • (14) Futuyma, Science on Trial : The Case for Evolution, p. 12-13, cité par Johnson, Darwin on Trial, p. 202.
  • (15) finalisme et téléologie : Deux termes employés pour indiquer que l’univers a été créé pour une raison et un but prédéterminés.
  • (16) Felden, Et si l’homme était seul dans l’univers… ?, p. 161.
  • (17) René Barjavel, La faim du tigre, p. 100-101. (majuscules et italiques dans le texte original)

 

Ce texte est la 15ème partie d’ Au commencement… Dieu ?, un ouvrage en texte intégral en cours de republication. Retrouvez-en le sommaire ici, dont les chapitres seront complétés régulièrement.

Suite…

Credit photo:
trailmixnet

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