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Un poisson dans le netRéflexionAu commencement… Dieu ? l'ADN est une encyclopédie (12)

Au commencement… Dieu ? l'ADN est une encyclopédie (12)

Nous avons déjà comparé ce polymère d’ADN, qui est enfoui dans toutes les cellules vivantes, à une sorte de bibliothèque qui contient toutes les instructions nécessaires à la formation de l’organisme. Nous pouvons pousser plus loin cette comparaison. Les mêmes règles et principes qui gouvernent un langage s’appliquent aussi aux processus de stockage d’information dans l’ADN. Dans un article du Journal of Theoretical Biology, un biologiste affirme :

La structure statistique d’une langue imprimée se manifeste par la fréquence des lettres, diagrammes,…, fréquence des mots, etc. ainsi que par les règles d’orthographe, de grammaire… Il est important de savoir que nous ne procédons pas par analogie. L’hypothèse des séquences s’applique directement à la protéine et au texte génétique aussi bien qu’à la langue écrite. Le traitement est alors mathématiquement identique (17) .

Sans vouloir entrer dans les détails, il paraîtrait alors qu’il existe une ressemblance formelle entre l’écriture de la langue parlée dans un livre et celle du  » texte génétique  » dans ce minuscule ruban qu’est l’ADN. Car ce polymère est composé d’éléments comparables à des lettres discrètes (les nucléotides) ainsi que d’espèces de longues phrases (les gènes, qui comptent en moyenne un millier de nucléotides). Vu de cette perspective, il est inimaginable que cette  » écriture  » soit non seulement inventée mais aussi utilisée par le pur hasard. Michael Denton, dans son livre, l’Evolution, Une théorie en crise, montre combien il est difficile de trouver ou de modifier des mots et des phrases par hasard pour obtenir une information intelligible.

Considérons d’abord la difficulté de trouver par hasard des mots anglais (par exemple) dans l’espace infini de toutes les combinaisons de lettres possibles. Un échantillon de cet espace pourrait ressembler au bloc de lettres suivant :

          FLNWCYTQONMCDFEUTYLDWPQX
          CZNMIPQZXHGOTIRJSALXMZVT
          NCTDHEKBUZRLHAJCFPTQOZPN
          OTJWDWHYGCBZUDKGTWIBMZGP
          GLAOTDJZKXUEMWBCNXYTKGHS
          BQJVUCPDLWKSMYVGXUZIEMTJ
          BYGLMPSJSKFURYEBWNQPCLXK
          ZUFMTYBUDISTABWNCPDORISM
          WKALQJAUWNSPDYSHXMCKFLQH
          AVCPDYRTSIZSJRYFMAHZLVPR
          ITMGYGBFMDLEPEOEZBYTHIUH

Dans cet espace des lettres considéré dans sa totalité, on trouve tous les mots anglais isolés, toutes les phrases anglaises, et en réalité tous les livres qui ont été ou seront écrits dans la langue de Shakespeare. Mais la plus grande partie de cet espace consiste en une infinitude de pur charabia.

Les mots simples de trois lettres y sont relativement communs. On peut former 263=17,576 combinaisons différentes de trois lettres ; comme la langue anglaise compte environ cinq cents mots de trois lettres, une combinaison sur trente environ est un mot. Tout les autres triplets de lettres n’ont aucun sens. […]

Les mots de trois lettres sont si fréquents qu’il est très facile de passer de l’un à l’autre en substituant des lettres au hasard dans le triplet. Dans le cas du mot hat, par exemple, en substituant des lettres au hasard à l’emplacement occupé par de h, on tombe rapidement sur un nouveau mot de trois lettres : hat ; aat ; bat ; cat ; dat ; eat ; fat ; …

Cependant, trouver par hasard des mots plus longs, disons, de sept lettres comme English ou require, exigerait une recherche beaucoup plus longue. Il y a 267 combinaisons de sept lettres, environ huit milliards soit de l’ordre de 1010. Comme il y a certainement moins de dix mille mots anglais de sept lettres, il faudrait chercher dans une chaîne de caractères de l’ordre de cent mille unités pour en trouver un au hasard. Les mots de douze lettres comme construction ou unreasonable sont si rares qu’on n’en trouve qu’un par hasard dans une chaîne de 1014 lettres ; comme il y a environ 1014 minutes dans deux cents millions d’années, on peut imaginer le temps qu’il faudrait à un singe dactylographe pour taper accidentellement un mot anglais de douze lettres. […]

Si trouver des mots par hasard pose problème, c’est surtout parce que l’espace de toutes les combinaisons de lettres possibles est immense et que l’écrasante majorité de ces combinaisons n’ont aucun sens. […]

Bien entendu les phrases même les plus courtes sont encore plus rares, et la rareté des phrases longues est un défi à l’imagination….. (18)

Denton n’arrête pas là la discussion. Il montre ensuite qu’il est impossible de changer un mot d’une phrase au hasard sans transgresser les règles de grammaire qui exigent une combinaison rigoureuse non seulement de lettres, mais aussi de noms, de verbes, et ainsi de suite. Il arrive à la conclusion que toute phrase est un système complexe que le hasard ne peut ni formuler ni transformer. Puisque  » le texte  » génétique est gouverné par les mêmes principes que la langue écrite, il est difficile de ne pas arriver aux mêmes conclusions concernant l’ADN. Cette comparaison nous montre aussi pourquoi la mutation fortuite est presque toujours nocive à l’organisme. Car une mutation n’est autre que la substitution de  » lettres  » ou de  » mots  » dans le texte génétique. Un petit changement dans une phrase n’est pas invraisemblable. Mais toute transformation majeure, qu’il s’agisse d’une mutation isolée ou de plusieurs mutations accumulées, détruit immanquablement l’information que la phrase contient.

Le professeur Schützenberger est aussi convaincu de l’impossibilité de modification majeure dans le code génétique :

Une modification typographique d’un programme informatique ne change pas un peu le programme, elle l’annule purement et simplement. Il en va de même avec un numéro de téléphone. Si j’essaie d’appeler par téléphone un correspondant, il importe peu que je me trompe sur un, deux, trois ou huit chiffres de son numéro. […] Il y a toute une grammaire de formation des protéines, en trois dimensions, que l’on connaît encore bien mal. Nous ne disposons d’aucune règle physico-chimique nous permettant de relier de manière intelligible les modifications typographiques à une structure biologique efficace (19).

Cette difficulté n’est pas une lacune mineure dans la théorie générale de l’évolution, elle sape sa fondation même. La science permet de comprendre de plus en plus comment la cellule fonctionne, de quoi elle est faite et comment elle se reproduit. Mais il est arrogant de croire que par cela nous nous sommes débarrassés de Dieu. Le contraire est vrai. La vraie science ne fait que découvrir comment Dieu agit dans notre monde. Et chaque cellule est, en fin de compte un livre écrit et signé de la main du Créateur, complètement hors de portée du hasard.

 

  • (17) Yockey, « Self Organization. Origin of Life Scenarios and Information Theory », Journal of Theoretical Biology, 91, 1981, p.16 ;
  • (18) Denton, Michael. Evolution : Une théorie en crise, pages 317-321.
  • (19) Schützenberger, M-P. Les failles du Darwinisme. La Recherche, Janvier, 1996, Mensuel No 283. page 89.
  • (20) Felden, Et si l’homme était seul dans l’univers… ?, page 156.

 

Ce texte est la 12ème partie d’ Au commencement… Dieu ?, un ouvrage en texte intégral en cours de republication. Retrouvez-en le sommaire ici, dont les chapitres seront complétés régulièrement.

Suite…

Credit photo:
fpalazzi

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