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Un poisson dans le netRéflexionAu commencement… Dieu ? La réplication (6)

Au commencement… Dieu ? La réplication (6)

Il serait impossible d’exagérer l’écart qui existe entre la matière inorganique et les formes de vie les plus  » simples « .  » Simple  » est entre guillemets pour la bonne raison que la vie simple n’existe pas. Même un organisme unicellulaire est d’une complexité effarante. Un auteur écrit :

L’organisme le plus simple capable de vie indépendante, la cellule bactérienne procaryote, est un chef-d’œuvre de complexité miniaturisée à côté de laquelle un vaisseau spatial paraîtrait primitif. (1)

A vrai dire, ce sont les découvertes récentes (à partir des années 1950) en biologie moléculaire qui ont montré d’une manière concluante le fossé énorme qui existe entre les molécules non-vivantes et cette micro-usine fantastique qu’est la cellule vivante. Nous ne relèverons que deux faits qui indiquent nettement que la vie est l’œuvre d’un Créateur : la réplication dans une cellule, et ses archives – l’ADN.

A. La réplication (2)

Une machine à faire des photocopies est d’une complexité telle que peu d’entre nous tenteraient d’en réparer une. Mais que diriez-vous d’une machine capable d’en créer une autre identique à elle-même ? Car, c’est ce niveau de complexité que nous trouvons dans chaque cellule. Michael Denton décrit un peu le problème : ADN

La conception générale des automates autoreproducteurs a été étudiée du point de vue théorique par des mathématiciens et des ingénieurs éminents comme Von Neumann. Ces travaux ont montré que tout automate suffisamment complexe pour se reproduire lui-même devait nécessairement être composé de certains sous-systèmes strictement analogues à ceux que l’on trouve dans une cellule. Une de ces composantes serait une usine automatique capable de rassembler des matériaux bruts et de les transformer en un produit spécifié par une instruction écrite. C’est l’analogue d’un ribosome. Un autre sous-système serait un duplicateur, automate qui prend les instructions écrites et qui les copie. C’est l’analogue du système de réplication de l’ADN. Il y aurait aussi une instruction écrite contenant des spécifications du système complet, soit l’analogue de l’ADN (3).

Dans son livre, L’Horloger aveugle (4), Richard Dawkins, un des grands défenseurs de la théorie générale de l’évolution, essaie de lever cette difficulté. Il reconnaît d’abord combien les appareils de réplication de l’ADN et de la synthèse des protéines sont complexes, et ont, selon lui  » tous les attributs d’une machine hautement évoluée et construite sur mesure,  » y compris un système de stockage de données d’une précision vertigineuse (5). Il explique :

La sélection cumulative peut donc fabriquer la complexité, ce que ne peut faire la sélection en une seule étape. Mais la sélection cumulative ne peut fonctionner à moins qu’il y ait une amorce quelconque de mécanisme de réplication et un minimum de pouvoir réplicateur, et le seul mécanisme de réplication dont nous avons connaissance semble trop compliqué pour avoir accédé à l’existence par rien de moins que de nombreuses générations de sélection cumulative ! D’aucuns voient là un vice fondamental de toute la théorie de l’horloger aveugle (l’évolution due uniquement au hasard). Ils y voient la preuve ultime qu’il a dû y avoir à l’origine un concepteur, non pas quelque horloger aveugle, mais un horloger surnaturel et qui voit loin (6).

Effectivement, sa logique semble impeccable, et pose un réel problème à sa thèse principale ! Sa façon de le résoudre est révélatrice d’une attitude très répandue dans la communauté scientifique. D’abord, il écarte d’emblée tout appel au surnaturel :

Mais bien évidemment tout Dieu capable de concevoir intelligemment quelque chose d’aussi complexe que la machine réplicatrice ADN/protéine aurait dû être au moins aussi complexe et organisé que cette machine elle-même. Et c’est encore plus vrai si l’on suppose qu’il soit de surcroît capable de fonctions aussi avancées que l’écoute des prières et le pardon des péchés. Expliquer l’origine de la machine ADN/protéine en invoquant un Concepteur surnaturel revient à n’expliquer rien du tout, car l’origine de ce Concepteur reste inexpliquée. On est obligé de dire quelque chose du genre  » Dieu a toujours existé « , et si l’on se permet ce genre d’échappatoire facile, on pourrait tout aussi bien dire  » l’ADN a toujours existé « , ou  » la vie a toujours existé  » et tirer un trait (7).

Ensuite, après avoir fermé la porte devant toute explication métaphysique (8), son argumentation est simple : Il est hautement improbable que la vie ait commencé, mais puisque  » nous savons que la vie est née ici-bas, donc elle ne peut pas être aussi improbable que ça.  » (9) Peu lui importe de savoir ce qui s’est réellement passé à l’origine. Invoquer le surnaturel, pour lui, c’est tricher ; c’est trop facile. S’il ne peut pas comprendre ou expliquer un phénomène, il considère, tout simplement, que ce phénomène n’existe pas. Dawkins reconnaît clairement la nécessité absolue d’un système hautement développé pour qu’un organisme puisse se reproduire et survivre. Sans ce système, l’évolution est impossible. Mais pour le créer, il aurait fallu des millions d’étapes évolutives ! Néanmoins, malgré l’impossibilité qu’il vient de décrire, Dawkins préfère croire à ce miracle, plutôt que d’admettre l’existence d’un Dieu qui est hors de la portée de ses investigations scientifiques.

L’apparition de la vie avec toute sa finesse reste un problème majeur pour celui qui croit qu’elle est apparue par hasard. Il n’est certainement pas plus déraisonnable de croire au Dessinateur omniscient.

Comment peut-on croire que des processus aléatoires aient pu construire une réalité dont les plus petits éléments – une protéine ou un gène – sont d’une complexité bien au-delà de la portée de nos capacités créatrices ? Cette réalité est l’antithèse même du hasard ; elle dépasse de loin tout ce que l’intelligence humaine a produit. A côté du niveau d’ingéniosité et de complexité présenté par la machinerie moléculaire, nos objets artificiels même les plus avancés paraissent grossiers (10).

 

  • (1) Philip Johnson, Darwin on Trial, page 105. Pour une description détaillée de cette comparaison, voir Denton, pages 338-9
  • (2) La réplication : la capacité d’une cellule de se dupliquer, de créer une autre cellule qui lui est identique.
  • (3) Denton, Michael. Evolution : Une théorie en crise, page 278.
  • (4) Dawkins, Richard. L’Horloger aveugle. Paris : Robert Laffont,1989. 380 p. M. Dawkins est un biologiste britannique qui enseigne à l’Université d’Oxford.
  • (5) Dawkins, Richard. L’Horloger aveugle, page 168
  • (6) Ibid., page 169 [commentaire ajouté entre parenthèses]
  • (7) Dawkins, Richard. L’Horloger aveugle, pages 169-170
  • (8) Ce qui est métaphysique est hors de la portée de la recherche scientifique, étant au-dessus de la physique.
  • (9) Dawkins, op. cit., page 171
  • (10) Denton, Michael. Evolution : Une théorie en crise, page 352

Ce texte est la 6ème partie d’ Au commencement… Dieu ?, un ouvrage en texte intégral en cours de republication. Retrouvez-en le sommaire ici, dont les chapitres seront complétés régulièrement.

Suite…

Credit photo:
exothermic

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