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Un poisson dans le netRéflexionAu commencement… Dieu ? Les alternatives (2)

Au commencement… Dieu ? Les alternatives (2)

Au risque de copier un détail d’un film comique assez connu (1), imaginons une petite tribu d’indiens située en pleine forêt équatoriale, qui n’a jamais eu le moindre contact avec le monde moderne… jusqu’au jour où, au cours d’une partie de chasse, un groupe d’hommes tombe soudainement sur un poste de radio, sans doute largué par accident d’un petit avion qui survolait la région. Leur étonnement est compréhensible, d’autant plus que le poste est en marche et qu’ils entendent, sans comprendre, un groupe musical qui joue et commente le dernier tube… poste de radio Que faire devant cette  » chose  » pour le moins insolite ? On comprend bien que l’un des leurs, poussé par la peur et la superstition, tombe à genoux devant cet objet clairement envoyé par des esprits surnaturels. C’est courant, n’est-ce pas, de vouloir invoquer le surnaturel devant l’inexpliqué ? Mais tous ne sont pas dupes. Alors, supposons qu’un autre des chasseurs déclare :  » Mais non, tu es trop crédule. Moi, je ne crois pas au surnaturel. Cet objet s’est fabriqué tout seul, par la combinaison fortuite des éléments que nous connaissons tous.  » Que dire ? Laquelle des deux réactions est la plus intelligente ?

Nous vivons dans un monde dont la complexité et l’organisation défient l’imagination. Les recherches et les découvertes de ces dernières décennies n’ont fait qu’accroître notre étonnement, surtout devant la finesse, la beauté et l’infinie variété de la vie. La vie ! La plupart du temps, nous la parcourons sans trop réfléchir sur ce qu’elle est, ni d’où ellearaignée sur sa toile vient. Mais il suffit de prendre un bref moment de réflexion pour se rendre compte combien la vie est un phénomène prodigieux. D’où vient cette profusion d’êtres vivants, tous différents les uns des autres, ayant pourtant tant de points communs ? Comment ce petit rouge-gorge a-t-il pu maîtriser les mécanismes si compliqués du vol ? Comment l’araignée s’est-elle offert les moyens aussi sophistiqués qui lui permettent de tisser sa toile ? L’oeil humain, avec ses 125 millions de cellules photo-électriques, est-il le résultat final d’une lente évolution ou l’objet d’un dessein créateur ? Quelle est l’origine de tout cela ? D’où est-ce que je viens ? Comment expliquer ma présence sur cette petite planète terre, perdue dans l’immensité de l’espace ? Tant de complexité… Tant de précision, de perfection…

Sans aucun doute, l’origine du monde et de la vie, avec cette fine et minutieuse organisation, pose la plus grande énigme que nous ayons à résoudre. En fin de compte, il n’existe pas beaucoup de solutions possibles. On pourrait dire que la vie, telle que nous la connaissons, a toujours existé. A ma connaissance, personne ne l’affirme de nos jours. Reste alors (seulement ?) deux autres possibilités :

  • La vie est apparue par pur hasard, et s’est complexifiée par l’effet des processus naturels inhérents à l’univers, sans l’intervention d’un dieu quelconque.
  • C’est Dieu qui est à l’origine de la vie.

Inutile de dire que sous ces deux grandes affirmations, il existe quantité de positions et de propositions différentes. Pas besoin non plus de rappeler que ce sujet fait l’objet d’un débat animé depuis l’aube de l’humanité. Et avec raison… car les implications de chacune des deux positions sont énormes dans la vie de celui ou celle qui la tient.

Forts des énormes progrès dans toutes les sciences, certains sont convaincus que la première affirmation est juste ; qu’il est possible de tout expliquer sans avoir recours au surnaturel. Ils pensent que la connaissance scientifique de nos jours a rendu superflue la notion de Dieu et de la foi. La croyance en un dieu, disent-ils, est la réponse superstitieuse de gens ignorants en face des phénomènes de la nature qu’ils n’arrivent pas à expliquer. Plus on connaît, moins on a besoin de cette béquille de la foi. Mais finalement, ceux qui croient ainsi font aussi preuve d’un acte de foi dans leurs affirmations, une foi même plus grande, à mon avis, que celle d’un chrétien. Comme le suggère ce titre d’un petit livre,  » Il faut beaucoup de foi pour être athée !  » (2)

Car, quelle que soit notre conception du commencement, nous la tenons en grande partie de la foi. Personne n’y était (sauf le cas échéant, Dieu !). Et les traces qu’ont laissées les êtres vivants d’autrefois sont de plus en plus rares et floues au fur et à mesure que nous regardons plus loin dans le passé. De plus, personne n’a la compétence nécessaire dans toutes les disciplines concernées pour déterminer avec certitude ce qui s’est passé. Il faudrait être à la fois géologue, paléontologue, biologiste, astronome, physicien, et j’en passe… Pour être honnête, nous avons tous construit nos opinions concernant nos origines en grande partie sur la foi dans les affirmations de nos professeurs et de nos collègues, souvent sans avoir poussé la question beaucoup plus loin. D’autant plus que, si nous voulons en savoir d’avantage, nous nous trouvons rapidement devant les délibérations ardues des spécialistes qui deviennent incompréhensibles pour ceux qui ne sont pas de la partie.

Ce traité est un plaidoyer pour la deuxième affirmation : le monde que nous connaissons ne peut pas exister sans l’intervention d’un Etre intelligent et créateur. Je l’écris avec la profonde conviction que la science, loin de rendre inutile la foi en Dieu, nous donne des raisons probantes de croire en lui. J’invite alors le lecteur, en premier lieu, à considérer brièvement quelques raisons pour lesquelles un scientifique peut croire en Dieu sans pour autant abandonner sa lucidité. Par la suite, je voudrais présenter tout simplement certaines des implications qui découlent de ce premier verset de la Bible qui déclare :  » Au commencement, Dieu…  » (3)

Il me semble souhaitable, pour les besoins de ce livre, d’éviter deux pièges. Le premier consiste à écrire un traité scientifique qui, à force de discussions détaillées sur les cellules eucaryotes et procaryotes, sur l’acide désoxA.D.N.yribonucléique (ADN) et l’acide ribonucléique (ARN), et sur maints autres  » iques  » et  » otes « , devienne hermétique et inabordable. De tels livres existent déjà et sont d’une valeur incontestée ; mais malheureusement ils ne sont pas toujours d’un accès facile. Certains seront cités au cours de notre parcours, et j’encourage vivement leur lecture à ceux qui ont la capacité et la formation pour les comprendre (4). Cependant, j’aimerais que ce livre soit à la portée de tous – même au risque certain d’être trop simple par moments. C’est pour cela que j’ai choisi, parmi l’abondance des arguments possibles en faveur de la création, seulement quelques-uns qui me semblent être les plus convaincants.

Je voudrais aussi éviter un deuxième piège : celui qui consiste à vouloir démontrer comment Dieu a créé le monde et à vouloir défendre une certaine interprétation de la Bible. Ce sujet, qui soulève un débat passionnant (et parfois passionné !) entre chrétiens, est d’un très grand intérêt – pour un chrétien. Mais avant de savoir comment Dieu a créé l’univers et la vie, il faut bien accepter qu’Il les ait faits. C’est le sujet qui nous préoccupe, et qui constitue la question la plus importante de la vie. Elle détermine en grande partie non seulement notre optique de la vie mais aussi notre raison d’être. Car si Dieu n’existe pas, alors nous pouvons dire avec Monod :  » L’ancienne alliance est rompue ; l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part.  » (5). Par contre, si Dieu est notre créateur, nous avons tout intérêt à écouter le Roi Salomon qui termine son traité sur la vie par ce conseil :

 » Ecoutons la fin du discours : Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là ce que doit faire tout homme. Car Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal  » Ecclésiaste 12.15-16

 

  • (1) Les dieux sont tombés sur la tête
  • (2) Shallis, Ralph. Il faut beaucoup de foi pour être athée. Fontenay-sous-Bois : Farel, 1983, 151 pages.
  • (3) Genèse 1.1
  • (4) Le lecteur trouvera dans les pages qui suivent plusieurs citations du livre, Evolution : Une théorie en crise, écrit par le microbiologiste australien, Micheal Denton. Il est sans doute un des meilleurs exposés en français des grandes lacunes de la théorie générale de l’évolution.
  • (5) Jacques Monod, Le hasard et la nécessité, page 194-195.

Ce texte est la deuxième partie d’ Au commencement… Dieu ?, un ouvrage en texte intégral en cours de republication. Retrouvez-en le sommaire ici, dont les chapitres seront complétés régulièrement.

Suite…

One thought on “Au commencement… Dieu ? Les alternatives (2)

  1. Tres bon article. Je vous rejoint entierement sur ce sujet.

    Et c’est marrant car hier soir, j’imaginais aussi une histoire metaphorique mais avec des petits bonshommes verts, qui ne seraient pas tres avances technologiquement. Un jour ils trouvent une montre en dehors de leur biosphere. Etant donne qu’ils n’ont pas encore invente de montre personne ne sait a quoi cet objet peut bien servir.

    Certains pensent qu’il ne sert a rien et commencent a imaginer une histoire a cet objet. Comment il serait apparu et ce serait assemble par le jeu ds forces de la nature et du hasard.

    D’autres se demandent si cet objet ne provient pas d’une autre intelligence. Ils commencent a etudier l’objet et se rendent compte de la complexite de celui-ci. Il n’est pas seulement complexe mais chaque composant semble avoir sa place, sans quoi si un des composant est enleve ou modifier, la montre semble s’arrete.

    Bref je voulais imaginer une sorte de recit metaphorique qui miroiterai le debat du materialisme et du non-materialisme.

    Debat extrement interessant et qui j’espere s’amplifira.

    -D

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