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Un poisson dans le netRéflexionLa Bible et l’esclavage (6/6)

La Bible et l’esclavage (6/6)

­Le texte que nous vous proposons ci-dessous traite d’un sujet rarement abordé dans nos assemblées, peut-être parce que certains prédicateurs se sentent un peu ” gênés aux entournures ­” avec ce qu’en dit la Bible. C’est à l’honneur de l’auteur de ce long article de s’y atteler. Nous sommes heureux de vous le présenter, en plusieurs épisodes.

N’hésitez pas à commenter ses propos. Après les parties 1, 2, 3, 4 et 5, voici la sixième et dernière partie de " La Bible et l’esclavage ". Une page d’index, dans la rubrique Approfondir ses connaissances, présente tous les épisodes publiés ici ainsi qu’un document pdf les rassemblant tous

C’est comme l’histoire d’un homme qui vient d’être contaminé par le SIDA. Les médecins ont beau lui dire qu’il est condamné, il ne voit aucune confirmation de cela. Les mois passent, les années passent, et la vie continue comme avant. C’était des blagues, ça. Il faudrait changer de médecin. Me dire que je suis malade, moi, alors que je suis en pleine forme !

Il n’est pas impossible que le jour vienne où il sera possible de soigner le SIDA. Déjà, on peut prolonger et faciliter la vie des malades. Mais plus on repousse le traitement, plus une amélioration devient problématique. Cela ne changera pas, même le jour où une guérison réelle sera possible.

Le péché (c’est à dire, le choix de se passer de Dieu) est comme cela. L’homme a un mal énorme pour prendre le problème au sérieux. Les années passent, les Chrétiens disent qu’il faut se repentir, mais la vie va toujours à peu près bien. Quant à Dieu, s’il est là, je ne le vois pas. Qu’est-ce qui pourrait me faire penser que j’ai besoin de Dieu ?

Imaginons que Dieu doive éliminer la plus grande partie des abus et injustices qui résultent du péché de l’homme. Quelqu’un veut tuer un autre, Dieu l’empêche de le faire. Quelqu’un veut commencer une guerre, Dieu intervient. Les gens sont incapables de gérer l’économie de façon à ce qu’il y ait à manger pour tout le monde, Dieu fait descendre la manne du ciel pour que personne ne meurt. Et ainsi de suite. Il améliore les conditions dans lesquelles vivent les hommes.

Qu’en serait le résultat ? (A part le fait, évidemment, que la vie serait plus facile et agréable.) Cela confirmerait l’homme dans l’idée qu’il n’a pas tort d’agir comme il le fait. “Se tourner vers Dieu, ridicule ! Tout va bien. On n’a pas besoin de lui.“ Autrement dit, il y aurait encore moins de gens qui se tourneraient vers Dieu qu’à présent.

Et à plus long terme ? Il y auraient encore moins de gens qui vivraient avec Dieu pour l’éternité. Le SIDA spirituel que nous appelons le péché met du temps à se manifester, mais il finit par le faire. Et puisque tout pousserait les gens à penser que leur façon de vivre est correcte, personne ne se préparerait pour l’éternité.

Dès que nous comprenons que le premier but de Dieu, dans son action dans le monde actuel, est de faire comprendre aux êtres humains que nous faisons fausse route, nous comprenons mieux pourquoi il permet que toute la méchanceté du coeur tordu et pécheur de l’homme puisse se manifester. Pourquoi transformer une voie abandonnée en autoroute, simplement pour que ceux qui se sont égarés puissent avoir un voyage plus agréable ? Au contraire, plus cette voie est mauvaise, plus ils ont de chance d’admettre qu’elle n’est pas la bonne.

D’ailleurs, nous remarquons un phénomène intéressant dans l’histoire du monde à ce niveau. Il nous pousse à nous poser des questions importantes sur les priorités dans la société.

Régulièrement, que ce soit parce que les gens se tournent réellement vers Dieu ou parce qu’ils observent simplement une partie de la sagesse qu’il a mis à notre disposition (sans marcher personnellement avec lui pour autant), la société humaine s’améliore. Dieu l’a prédit, d’ailleurs. Maintes fois dans la Bible, et surtout dans l’Ancien Testament, Dieu a dit à Israël que s’il appliquait ses principes en tant que société, sa situation s’en trouverait améliorée sur le plan matériel.

Et quand la situation s’améliore, les gens commencent à penser que c’est l’état “normal“. Que “Dieu nous doit cela“. Ils se persuadent qu’ils ont “droit“ à une vie facile, correcte, prospère, et en sécurité. Ils mettent plus l’accent sur leurs “droits“ que sur leurs engagements à observer les principes qui ont construit leur prospérité. Leur société se dégrade. A la longue, leur civilisation s’écroule, même. La misère, l’injustice incontrôlée, les problèmes de tous types se trouvent multipliés.

Cette situation étant intolérable, les survivants (ou descendants, puisque le phénomène peut facilement se manifester sur plusieurs générations) s’appliquent à vivre une vie plus responsable. Peut-être qu’ils se tournent vers Dieu. Peut-être qu’ils observent les principes de comportement correct que Dieu veut, sans connaître Dieu. (Après tous, ce que Dieu nous dit n’est pas si difficile à comprendre que cela. Son principe de base, en ce qui concerne les relations entre nous au moins, est que nous devons nous aimer les uns les autres. Ce principe a été compris par maintes religions et philosophies à travers les siècles. Il découle d’une logique que l’homme peut comprendre, même sans Dieu, s’il le veut.) Peu importe. L’important, c’est que la situation s’améliore. Une nouvelle civilisation se construit sur les cendres de la précédente.

Et quand cela va bien, on recommence à penser que c’est normal, on décide que l’homme n’est pas si mauvais que cela, et on se persuade que tout va aller en s’améliorant. (Considérons l’humanisme naïf du 19ème siècle, qui pensait que les grands problèmes de l’humanité étaient finalement sur le point de se solutionner définitivement, que nous étions en train de construire une civilisation qui ne tomberait jamais. Que de mauvaises surprises pour cette philosophie dans ce 20ème siècle, et rien qui indique que le 21ème sera meilleur.) Et on se déresponsabilise. On s’amuse comme on veut, on réclame ses “droits“, refusant de croire qu’il y a des problèmes. “Mais tout va bien ! Les choses s’améliorent constamment, même !“ (La mémoire courte aide à penser que le niveau de civilisation est en progression plus ou moins droite, d’une façon permanente.)

Et cela produit de nouveau le déclin. Et ainsi de suite. Nous voyons ce phénomène d’une façon très intéressante (par la durée extrêmement courte des cycles, ainsi que par la visibilité facile des éléments qui le produisent) dans le livre des Juges dans la Bible. Nous le voyons à une échelle bien plus grande à travers les millénaires de l’histoire humaine. Mais il est toujours là.

La leçon à en tirer est importante : ce n’est pas quand les maux de la société sont réduits que l’homme travaille les vrais problèmes de fond. Au contraire, la situation relativement agréable le pousse inéluctablement à croire qu’il n’y a pas de problème de fond. Autrement dit, quand les résultats du péché humain sont tenus en bride, l’homme poursuit son péché sans frein. (Et détruit les bons résultats sur le plan social en passant.)

Pour cette raison, nous comprenons pourquoi Dieu ne met pas une importance excessive à améliorer la société dans laquelle nous vivons. Dans la mesure ou une amélioration découle de la transformation d’un nombre suffisamment important de gens, les injustices reculent un peu. Mais tant que le problème de fond est là -le coeur humain qui croit pouvoir se passer de Dieu- le but de Dieu n’est pas d’en éliminer les conséquences, ni même de les réduire de façon significative. Au contraire, ces conséquences sont essentielles pour qu’un maximum de gens puissent admettre la folie de cette façon de vivre, et chercher à se tourner vers le Dieu juste qui seul nous donnera la possibilité de vivre dans la véritable justice.

Quand nous ajoutons la perspective de l’éternité, sachant que les injustices sont pour un temps limité alors que la justice sera éternelle, nous comprenons encore davantage que la priorité de Dieu soit ailleurs. Si nous mettons tant d’importance sur la société autour de nous, c’est parce que nous ne comprenons ni la gravité du problème du péché personnel, ni sa portée éternelle. Mais Dieu n’ignore ni l’un ni l’autre. Il s’occupe donc bien davantage à produire une transformation en nous qu’autour de nous. La transformation autour viendra le jour où la transformation intérieure et personnelle sera parfaitement achevée, et que l’homme marchera réellement avec Dieu.

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