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Un poisson dans le netRéflexionLa Bible et l’esclavage (4/6)

La Bible et l’esclavage (4/6)

child slaveryLe texte que nous vous proposons ci-dessous traite d’un sujet rarement abordé dans nos assemblées, peut-être parce que certains prédicateurs se sentent un peu ” gênés aux entournures ” avec ce qu’en dit la Bible. C’est à l’honneur de l’auteur de ce long article de s’y atteler. Nous sommes heureux de vous le présenter, en plusieurs épisodes.

N’hésitez pas à commenter ses propos, sans oublier que vous n’aurez une vue globale de la pensée de l’auteur … qu’une fois l’article entièrement publié (oups, c’est la première lapalissade de l’année ;-) ). Après la partie 1, la partie 2, et la partie 3, voici donc la partie 4 de " La Bible et l’esclavage ".

­Il y a une autre raison pour laquelle la Bible accorde peu d’importance à l’élimination du problème de l’esclavage. Elle découle du but que Dieu poursuit dans tout ce qu’il fait dans ce monde, ainsi que de l’échelle à laquelle il travaille. C’est parce que, mesuré de cette façon, l’esclavage n’est tout simplement pas un problème suffisamment grave, aussi étonnant que cela puisse paraître.

­Parlons d’abord de l’échelle. Nous disons parfois trop facilement que Dieu est éternel. Non que ce ne soit pas vrai, mais c’est une vérité trop importante pour être banalisée de la façon dont nous le faisons d’habitude. Faisons un peu de mathématique, pour comprendre quelque chose d’important sur la vie humaine. Si nous examinons les choses depuis le début de l’existence humaine et jusqu’à la fin, que découvrons-nous ?

D’abord, que la “fin“ ne veut rien dire. Tout homme meurt. Toute société humaine finit par s’écrouler. Mais la mort d’un homme ne marque pas la fin de son existence ; le déclin d’une civilisation donnée non plus. A la mort, tout homme passe dans l’éternité, et sa vie continue. Tôt ou tard, tous les hommes passeront dans l’éternité … et continueront à vivre. Et là où il y a des hommes, il y a par définition ce qu’on peut appeler une “société humaine“. Nous savons très peu de choses sur la nature de ce que nous vivrons dans l’éternité, puisque le seul homme qui est venu de l’autre côté de la barrière qui sépare le temps de l’éternité n’a pas estimé sage de trop nous en parler, mais peu importe. La nature de cette “société“ n’est pas, pour l’instant, la question. Elle est là, et elle est éternelle.

Parler de la “fin“ de l’existence humaine n’a donc pas de sens précis. Si nous déroulons notre fil à travers les siècles pour essayer de mesurer d’un bout à l’autre de l’existence humaine, nous nous découvrons en train de mesurer un intervalle infiniment long. (Quelqu’un a dit, d’une façon peu sérieuse mais qui ne manque pas d’exprimer un aspect de cette vérité si importante : “L’éternité est longue … surtout vers la fin.“) Cet “intervalle“ commence le jour où Dieu a créé l’homme, et continue à travers toute l’éternité.

Mais on peut faire des calculs, même quand il y a des valeurs infinies qui doivent être prises en compte. Et celui que je voudrais faire, c’est comprendre quel “pourcentage“ de l’existence humaine se situe de ce côté-ci de l’éternité. Il nous est rapidement évident qu’il est faible. On dirait même que ce devrait être un pourcentage infime. Mais peut-on cerner la réponse de plus près ?

La réponse s’exprime en forme de fraction. Il y a la durée de l’existence humaine sur la terre, divisée par la durée totale de cette existence. La partie sur cette terre est déjà longue, à mesurer en milliers d’années. (Pour certains, ce serait même à mesurer en millions d’années. Je disputerais sérieusement les considérations qui poussent à une telle réponse, mais pour notre calcul, cela n’a pas d’importance. Même si les hommes doivent peupler la terre pendant des millions d’années, le résultat en sera le même.) Mais elle est d’une durée finie, c’est à dire une durée qui n’est pas infinie. La durée totale, par contre, est effectivement infinie.

Imaginons donc cette fraction de l’existence humaine qui se situe sur cette terre, divisée par une durée qui va augmenter. Commençons avec une durée totale qui n’est que le double, c’est à dire, en supposant que les hommes vivront dans l’éternité pour un temps égal à la période que nous aurons vécu ici. La fraction en question représente donc 50%.

Mais il est évident que, l’éternité étant infiniment longue, une telle période est insuffisante pour exprimer le résultat. Il reste beaucoup de temps qui n’a pas été pris en compte, du côté de l’éternité.

Prenons donc une période dix fois plus longue. Quelle que soit la durée de l’existence humaine sur la terre, il est évident que l’éternité est plus que dix fois plus longue, puisqu’elle est infinie. Le résultat n’est plus que 10%.

Mais ceci ne nous donne pas encore notre résultat, puisque la partie qui représente la durée totale laisse toujours de côté une partie infinie de l’éternité. Prenons encore dix fois plus. La partie ici ne représente plus qu’un pour cent. Prenons encore dix fois plus, et encore dix fois plus, et encore dix fois plus…

Au fur et à mesure que nous procédons de cette façon, comparant la vie ici-bas à une période de plus en plus longue dans l’éternité, la fraction de l’existence humaine sur cette terre diminue. Mais la période prise en compte n’est toujours pas la durée totale, puisque l’éternité est infinie. Bien que cette manière de procéder ne nous donne pas le résultat de notre calcul, nous constatons au moins que, plus le temps pris en compte augmente, plus la fraction “ici-bas“ devient petite. Nous pouvons la réduire autant que nous voulons, et nous n’avons toujours mesuré qu’une partie insignifiante de l’éternité. Il en “reste“ toujours autant. Et nous voyons clairement que, plus la partie mesurée s’approche de l’infini, plus la fraction en question s’approche de zéro. Et quand c’est réellement l’éternité qui est mesurée, la fraction représente précisément zéro. D’un point de vue mathématique, l’inverse de l’infinie est zéro.

Ce qui veut dire que zéro pour cent de l’existence humaine se situe dans le monde présent, et cent pour cent dans l’éternité. Même si les hommes devaient vivre sur cette terre pendant des millions d’années, la vie ici ne représente que zéro pour cent de notre existence totale. Ce calcul nous étonne, et nous avons du mal à saisir l’importance du résultat. Nous voyons difficilement comment une durée réelle, qui n’est pas zéro, peut devenir réellement zéro, en comparaison avec une autre mesure, même une mesure infinie. C’est parce que nous ne sommes pas constitués pour concevoir l’éternité.

Dieu, lui, conçoit l’éternité sans la moindre difficulté. Nous avons du mal à tenir compte de l’éternité dans nos plans ; il ne peut pas ne pas en tenir compte. L’éternité est aussi réelle pour lui que ce monde physique qui nous entoure l’est pour nous. Il ne peut pas oublier que nous allons vivre pour l’éternité, non seulement parce qu’il le sait, mais parce qu’il le voit déjà. N’étant pas limité dans le temps comme nous, n’importe quel instant est autant “présent“ pour lui qu’un autre. (Y compris donc l’instant que nous, limités dans le temps par notre nature, appelons présent … mais pas plus qu’un autre pour autant.) Une fourmi peut imaginer que le mètre carré qu’elle connaît est, sinon l’univers entier, au moins la partie de loin la plus importante. Mais l’empereur qui règne sur un vaste empire voit les choses différemment.

Quand nous savons que Dieu travaille en fonction de l’éternité, nous commençons à comprendre que l’esclavage a peut-être moins d’importance pour lui que pour nous. L’esclavage étant le résultat du coeur tordu de l’homme, le jour où Dieu aura banni de sa présence tous ceux qui n’en veulent pas de lui, et aura achevé l’oeuvre de transformation chez ceux qui désirent marcher avec lui, il en résultera une société où l’esclavage n’existera plus jamais. Le problème sera réellement et définitivement réglé, par la racine la plus profonde.

Note : Il est à remarquer qu’une exploitation des plus faibles par les plus forts, qui ressemblerait peut-être à l’esclavage, peut bien continuer à exister chez ceux qui refusent Dieu. De toute façon, il est évident qu’il y existera tous les abus que les coeurs tordus des hommes et des anges qui ne veulent pas vivre avec Dieu peuvent imaginer, à la seule condition qu’ils arrivent à l’imposer aux autres. Mais par définition, ceci ne peut être le domaine de compétence de Dieu. Il s’agit de la société créée par ceux qui choisissent d’être indépendants de Dieu, et puisque Dieu ne viole pas la liberté humaine en imposant sa voie à ceux qui la refusent, ils sont par conséquent libres de faire ce qu’ils veulent. La seule condition que Dieu leur impose, c’est qu’ils ne peuvent pas le faire en sa présence, ni en présence de ceux qui ont choisi d’être avec lui, ce qui revient au même. Ce n’est donc pas à Dieu de dicter les pratiques de ceux qui passeront l’éternité sans lui. Mais sachant ce qu’est le coeur humain, nous pouvons bien imaginer que le monde qu’ils se feront ne sera pas du tout agréable. Ce n’est pas pour rien que la Bible l’appelle enfer, et l’illustre toujours par des images angoissantes.­

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