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Un poisson dans le netÉtude bibliqueL’accueil du Roi : Matthieu 2.1-12

L’accueil du Roi : Matthieu 2.1-12

Rising Seagull at DawnNoël est là ! Nous vous proposons pour l’occasion de redécouvrir nos études sur le début de l’Évangile de Matthieu. Loin du folklore, plongez au cœur du texte biblique, vous y trouverez le véritable sens de cette fête. Voici donc la troisième étude de la série (et sa version audio). Consultez l’index général des études de Matthieu pour lire la suite. Joyeux Noël !

Introduction

Quel accueil pour un roi ?

Je me rappelle avoir lu l’histoire d’un homme vêtu simplement qui entra dans une église aux Pays-Bas et qui s’assit à l’avant de l’église. Quelques minutes plus tard, une femme s’avança dans l’allée, vit l’inconnu occupant sa place et lui demanda sèchement de la quitter. Il se leva tranquillement et se rendit dans une section réservée aux pauvres.
Après la réunion, un ami de la femme lui demanda si elle connaissait l’homme à qui elle avait ordonné de quitter sa place. Non ! Répliqua-t-elle. Son ami lui dit alors : « L’homme à qui vous avez ordonné de quitter votre banc est le roi Oscar de Suède ! Il rend visite à la reine ». La femme était grandement embarrassée et aurait tant voulu honorer le roi en lui cédant sa place, mais il était trop tard. Il était parti.
Je ne sais comment j’aurais accueilli Jésus-Christ, si j’avais été dans la région de Bethléhem au 1er siècle de notre ère. Comment aurais-je réagi devant l’excitation des bergers ? Devant la venue de dignitaires étrangers. Je crains que mon égocentrisme ne m’ait conduit à attendre de voir ce que cet enfant pouvait m’apporter de concret avant d’ouvrir mon cœur à Lui.
Et vous ?

Lecture : Matthieu 2.1-12

Aujourd’hui comme hier, l’Enfant Roi invite à une réponse : l’indifférence, le rejet ou l’adoration.

Les mages cherchent ! (Matt. 2.1-2)

 » 1 Jésus était né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode. Des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem 2 et dirent : ‘Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer.’ « 

Jésus est né à Bethléhem.

  • C’est d’ailleurs un « hasard divin  » que Marie ait accouché dans cette ville. Elle ne s’y trouvait que par le décret de César Auguste ordonnant le recensement des populations (Luc 2.1). Joseph et Marie venaient d’une ville du nom de Nazareth, en Galilée, à plus de 100 km au nord. Les découvertes archéologiques ont confirmé de manière remarquable ce contexte historique. Les recensements étaient réguliers sous la tutelle romaine, et les familles devaient se déplacer au lieu de naissance du chef de famille.
  • Bethléhem était une bourgade située entre deux crêtes, à 7-8 km au sud de Jérusalem, sur l’autoroute qui allait en Egypte 🙂 . A cause du recensement, il y avait beaucoup de voyageurs. L’Évangile de Luc nous précise que c’est dans l’écurie d’un hôtel complet que naît l’enfant.

Les mages se sont d’abord arrêtés à Jérusalem en pensant qu’il était normal que le roi naisse dans la capitale ! Le verset 2 montre qu’ils connaissaient l’identité de cet enfant. A leurs yeux, cet enfant est le « roi des Juifs.  » Une compréhension remarquable, précoce, qui force l’admiration. Qui étaient ces « mages…  » ?

  • Les mages étaient des prêtres, des conseillers des cours royales d’Orient. Adeptes des sociétés secrètes de l’antiquité, descendants des cultes égyptiens. On les retrouve organisés chez les Chaldéens en 5 classes allant du magicien à l’exorciste, en passant par le sorcier, le devin, l’interprète des rêves [voir Unger’s Bible dictionary, « magi « ].
  • Sous l’influence d’un guru perse du nom de Zoroastre (6e siècle), ils devinrent les adorateurs d’un dieu unique du nom de Ahura Mazda. Leur préoccupation centrale était l’astronomie et l’astrologie. Darius le Grand, que l’on retrouve dans les livres bibliques : Néhémie, Esdras, Zacharie, Aggée & Daniel, avait fait du zoroastrisme la religion d’état.
  • Lorsqu’on arrive à l’époque du N.T., le terme « mage  » est très péjoratif. Les romains parlent d’eux comme des vipères. Simon le magicien (Act. 8.9), tout comme Bar Jésus (Act. 13.6) reçurent ce qualificatif peu glorieux.
  • La Bible est virulente à l’encontre de ces diseurs de bonne aventure. Elle interdit la pratique de la divination, de l’astrologie et tout ce que pouvaient faire de tels individus. La Bible l’interdit parce que ce sont des spéculations humaines, parfois démoniaques, et qui en tout cas violent la responsabilité des hommes.

Comment savaient-ils que l’enfant été né ? Je vous donne trois raisons probables :

  • Anticipation du monde de l’époque. Suétone :  » la rumeur s’était établi sur tout l’Orient que le temps était venu pour des hommes de Judée de conduire le monde.  » Tacite : « Il existait une conviction que l’Est deviendrait puissant et que les gouvernants de Judée devaient obtenir un Empire universel.  » Ceci est écrit par des historiens non juifs et non chrétiens !
  • Ministère du prophète Daniel. Daniel, exilé de Juda, et emmené dans la cour de Néboukadnetsar, devint l’un des principaux conseillers spirituels de ce roi, au-dessus de tous les mages de son époque. Jaloux, ceux-ci montèrent un plan pour le faire dévorer par les lions. Vous connaissez la suite. Son ministère était d’une telle intégrité qu’il obtint le respect de beaucoup de mages. Or Dieu donna à Daniel des prophéties parmi les plus spectaculaires de l’Histoire Prophétique :
    • La statue et les animaux représentant les empires Babylonien, Médo-Perse, Grec et Romain (Daniel 2:31, 7).
    • Les 70 semaines d’année (Da 9:24ss).

  • Une étoile. Là encore cette étoile a donné lieu à d’innombrables spéculations.
    L’astronome Kepler évoqua la conjonction de 2 planètes et 1 étoile variable en déc. 1603. Il calcula qu’il y avait eu conjonction des mêmes planètes, en 7 et en 6 av. J.-C. Mais ceci est assez tardif. D’autres évoquent une comète, ou encore une super nova.Il me semble que c’était un phénomène miraculeux. Peut-être similaire à la colonne de feu qui a conduit les Israélites hors d’Égypte. La présence de Dieu se manifeste souvent par de la lumière. Pensons à la transfiguration, à la conversion de Saul qui deviendra l’apôtre Paul (Act 9.3 & 26.13 : «  plus brillante que le soleil « .)
    Cette étoile était apparue pour les mener en Israël. Apparemment, elle s’était éteinte (voir 2.10).

Quand des ministres arrivent dans un pays, il est normal qu’ils viennent dans la capitale. Ils arrivent à Jérusalem, et ils demandent à tous ceux qu’ils rencontrent (c’est le sens de la grammaire) : «  où est le roi des Juifs ?  » Dans leur candeur, ils doivent se dire que tout Jérusalem, le pays de la spiritualité par excellence, doit être au courant… Pire, ils disent qu’ils veulent « adorer  » cet enfant qui est né – adorer un enfant ? !

Sans anticiper sur le reste de l’histoire, ceci me rappelle Jérémie 29.13 : «  Vous me chercherez, et vous me trouverez, car vous me chercherez de tout votre cœur.  » Ces hommes qui n’avaient pas beaucoup de lumière, empêtrés dans des conceptions occultes & dépassées, étaient semble-t-il sincères. Ils étaient ouverts. Ils cherchaient Dieu, pas eux-mêmes. Dans sa grâce, Dieu s’est révélé à eux. Eux les parias du spirituel…

Hérode s’inquiète ! (Matt. 2.3)

 » A cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. « 

    Hérode est agité. Son trouble doit être un mélange de peur et de colère.

  • Les mages étaient des dignitaires Parthes. Le roi Hérode, accompagné d’une armée romaine avait chassé les Parthes de Palestine 37 ans plus tôt. Ils ne se seraient jamais déplacés sans un encadrement suffisant.
  • Ils n’étaient pas forcément trois, comme le relate cette légende du 6e siècle, qui leur a donné les noms de Melchior, Balthasar et Gaspar. C’est surtout à cause des trois cadeaux offerts que l’on a imaginé qu’ils étaient trois. Il est probable qu’ils ont été nombreux, accompagnés d’une escorte puissante
  • Hérode était un homme brillant. Fin politique, il s’était fait élire « roi des Juifs  » par Octave & Antoine, après ratification par le sénat romain. Il s’était concilié les bonnes grâces de Rome grâce à son père, nommé par Jules César préfet de Galilée. Bon militaire, Hérode avait su pacifier la région en seulement trois ans de campagne. C’est lui qui fit construire ce qui deviendra, en 73 après J.C. le symbole de la résistance juive, la forteresse de Massada. Bon économe, il tenta de faire oublier les impôts énormes qu’il faisait peser sur Israël par la construction de théâtres, d’un hippodrome, et du 3e Temple dont la structure était impressionnante. C’est lui également qui est à l’origine de la ville de Césarée, nommée en l’honneur de l’empereur qui lui avait été si favorable.
  • Mais Hérode était aussi un homme cruel et paranoïaque. Comme il n’était pas Juif mais Edomite, on le considérait comme un usurpateur (et comme nous l’avons vu, Joseph aurait dû régner sur le trône…). Il s’était marié à une femme juive issue d’une famille de prêtres. Mais il avait tellement peur d’être renversé qu’il fit noyer son beau-frère. Il prétendit verser d’abondantes larmes lors des obsèques grandioses qu’il fit observer. Par la suite, il tua sa femme et deux de ses fils. Cinq jours avant sa mort, il fit tuer son 3e fils (Jésus devait avoir alors un an). Comme il savait que personne ne le regretterait, il fit arrêter plusieurs dignitaires que l’on devait tuer à sa mort, afin que l’on entende des pleurs à Jérusalem…

Lorsque Hérode entend qu’un  » roi des Juifs  » est né, vous voyez pourquoi il était troublé. Il pensait à son poste chèrement acquis. Comment accepterait-il la moindre compétition ? D’autant que les mages semblent avoir été très loquaces, en demandant partout où était le roi des Juifs…

Tout le peuple est agité : Il craint la colère d’Hérode et la présence du détachement Parthe. Est-il annonciateur d’une autre invasion ? César était âgé et, comme son chef des armées était mort, le moment était propice pour une attaque.

Hérode a raison d’être inquiet. L’enfant qui naît ici est celui qui est destiné à régner sur l’ensemble de la terre. Certes, son règne débute dans les cœurs. Mais le temps vient où Christ, ressuscité et monté au ciel, redescendra, jettera toute personne indésirable en dehors de son royaume, et régnera pour 1000 ans.

Christ ne souffre aucun compétiteur. En parlant de la domination de l’argent, Christ a dit : «  Nul ne peut servir deux maîtres. Car ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon  » (Matt. 6:24).

Le premier portrait de ceux qui se soucient de la naissance de cet enfant, décrit des gens qui le cherchent de tout leur être. Pour découvrir Dieu, pour découvrir la vérité, ils sont prêts à tout, même à voyager plusieurs mois. Le second portrait décrit un homme qui s’attache à lui-même, qui maintient à tout prix le contrôle de sa vie, la pseudo préservation de son statut social et politique.

Cela ne vous rappelle-t-il pas les paroles de Jésus « celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera  » (Luc 17:33). «  Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle  » (Jean 12:25) ? Ces versets se retrouvent dans les quatre Évangiles. Je suis surpris de voir les hommes choisir les maîtres les plus vils (la drogue, l’alcool, le sexe, le pouvoir, l’indépendance) et s’opposer avec tant d’ardeur au règne du Fils de Dieu. «  Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos  » (Mt 11:28)

Les prêtres s’en fichent ! (Matt. 2.4-6)

 » Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui dirent : A Bethléhem en Judée, car voici ce qui a été écrit par le prophète : Et toi Bethléhem, terre de Juda tu n’es certes pas la moindre parmi les principales villes de Juda ; car de toi sortira un prince, qui fera paître Israël, mon peuple. « 

Un troisième portrait est réalisé. Il est encore plus étrange que les deux premiers. C’est le portrait des religieux de l’époque. On ne peut ignorer le contraste entre l’ardeur de ces païens qu’étaient les mages, et l’indifférence des prêtres.

Les  » sacrificateurs  » étaient les descendants d’Aaron, chargés d’opérer les sacrifices prescrits par la Loi. Ils formaient une hiérarchie ayant à sa tête le souverain sacrificateur. Cette tâche faisait l’objet d’un tel prestige que les romains veillaient à ce que cet homme soit à leur goût. Immédiatement après lui, se trouvait un  » chef « ,  » commandant du Temple  » (Ac 4.1 ; 5.24). Il avait le droit d’arrestation, et détenait sous ses ordres un groupe de soldats juifs. Les  » principaux sacrificateurs  » sont donc les chefs politico-religieux d’Israël. Hérode les convoque avec les  » scribes « , sorte d’avocats chargés d’interpréter et d’appliquer la Loi. Beaucoup s’identifiaient aux Pharisiens, la mouvance spirituelle la plus stricte du Judaïsme.

Hérode rassemble le gratin spirituel ! Il veut obtenir une information toute simple : où doit naître le messie ? Remarquez qu’il n’y a pas eu beaucoup de débats. Les religieux citent deux prophéties.

  • Celle de Michée 5.1 (un contemporain d’Esaïe, 8e siècle av. Christ). Le texte hébreu détaille 3 aspects de ce messie : la ville d’origine (« Bethléhem « ), le type du ministère (« il dominera sur Israël « ), et sa divinité (« et dont l’origine remonte au lointain passé, aux jours d’éternité « )
  • Celle de 2 Samuel 5.2 qui évoque la fonction pastorale, de berger du Roi David, dont le messie est le descendant.

C’est incroyable. Ces religieux ont la tête remplie d’informations correctes à l’égard du Messie. Ils savent qu’il doit naître à Bethléhem. Vous croyez qu’ils se bougeraient ? Pas le moins du monde ! Ils délivrent leur speech, et s’en vont. Aucune aspiration à le rencontrer ! Aucun désir d’en tirer les conclusions logiques ! Quelle tragédie !

Ceci me rappelle les paroles du Christ : «  A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils ? Ils ressemblent aux enfants assis dans la place publique, et qui, se parlant les uns aux autres, disent, Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes, et vous n’avez pas pleuré.  »

Ce troisième tableau évoque l’un des plus grands dangers de la spiritualité : la tiédeur spirituelle.

  • Un peu de religion inocule contre la religion.
  • Une foi qui ne s’attache qu’au cerveau et qui ne touche pas l’engagement de tout notre être est plus dangereuse que l’absence de foi.

Lecture : Apocalypse 3.14-21

 » 14 Ecris à l’ange de l’Eglise de Laodicée, Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le principe de la création de Dieu, 15 Je connais tes oeuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! 16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. 17 Parce que tu dis, Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, 18 je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. 20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. 21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. 22 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises. « 

  • Être  » entre deux  » pour Christ, c’est ne pas être pour lui.
  • S’appuyer sur le passé sans maintenir une persévérance en son œuvre, c’est dépérir.
  • Vivre en tiède, c’est se faire vomir de sa bouche.
  • Et si Christ parle ainsi, c’est par amour :  » je corrige tous ceux que j’aime « 
  • La réponse : la repentance, le changement de mentalité, le retour au culte personnel, du zèle dans le témoignage, l’expression d’amour aux prochains…
  • Chacune des lettres se termine par :  » au vainqueur  » Ceci décrit bien la nature de la vie chrétienne. Elle est combat, persévérance, engagement.
  • Ceux qui sont chrétiens de longue date ont le plus grand risque de devenir avachis… comme ces prêtres.

Hérode rejette ! (Matt. 2.7-8)

 » 7 Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et se fit préciser par eux l’époque de l’apparition de l’étoile. 8 Puis il les envoya à Bethléhem, en disant : ‘Allez, et prenez des informations précises sur le petit enfant ; quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que j’aille moi aussi l’adorer.’ « 

Hérode a pris sa décision. Cet enfant roi est une menace. Il envoie les mages en cachette (pour éviter de faire croire qu’il porte crédit à cette histoire ?). S’il demande l’époque de l’apparition de l’étoile, c’est pour mieux apprécier le temps qui lui reste avant que la menace devienne tangible – un enfant ne peut régner dès sa naissance !

Son souci est hypocrite. Comme nous le verrons par la suite, Hérode n’a qu’une intention : Tuer le bébé. Ecraser toute compétition contre son règne. Le deuxième portrait se referme sur un ferme rejet.

Les mages adorent ! (Matt. 2.9-12)

 » 9 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici : l’étoile qu’ils avaient vue en Orient les précédait ; arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta. 10 A la vue de l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. 11 Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. 12 Puis divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leurs pays par un autre chemin. « 

Heureusement, le premier portrait dépeint par Matthieu se referme sur une note bienheureuse. Ni l’indifférence des prêtres, ni la méconnaissance de la population n’ont eu raison de leur détermination. Ils quittent Jérusalem, et l’étoile réapparaît. Elle les conduit au-dessus de Bethléhem, une ville riche de symbolisme par son histoire :

  • Ruth l’étrangère y rencontra Boaz son mari. Une grâce qui touche une païenne…
  • David était né dans cette ville.
  • C’est là également que Samuel lui donna l’onction royale.

Les bergers avaient dû ameuter les environs, et le village devait savoir que des événements inhabituels s’étaient produits chez lui. Cela n’a pas dû être difficile, une fois arrivés au village, de trouver le couple et son enfant. Aux dires du verset 11, Joseph et Marie vivaient maintenant dans une maison.

Les mages répondent de trois manières à l’enfant qui arrive sur terre :

  • Verset 10 : «  ils éprouvèrent une très grande joie.  » Littéralement : «  ils se réjouirent avec joie  » Dieu vient sur terre.
  • Verset 11 : «  ils se prosternèrent et l’adorèrent…  » Le « l  » apostrophe est masculin singulier en grec, il ne s’applique pas à Marie, mais uniquement à Jésus.
  • Verset 11 : « … ils offrirent […] de l’or, de l’encens et de la myrrhe « . L’encens est la résine parfumée d’un arbre et se recueille par gouttes. Les ‘larmes’ font à peu près 2 cm de longueur. Brûlées, elles exhalent un parfum très agréable. La myrrhe est une huile odorante onéreuse qui servait de parfum. L’or est bien entendu une substance rare servant de monnaie d’échange. C’est ce qui permettra à la famille de fuir en Égypte et d’y vivre quelque temps.

Notre premier tableau se ferme sur une triple expression d’amour envers Dieu : la joie, l’adoration, et l’offrande. Nous aussi, nous pouvons réagir de la même manière.

  • Par la joie du Seigneur, en toutes circonstances, la joie qu’il donne et que nous répandons.
  • L’adoration : une attitude d’admiration, de révérence et d’obéissance.
  • L’offrande : notre temps, nos talents, nos ressources.

Je prie que nous ne soyons pas comme Hérode qui rejette avec orgueil celui qui se veut Roi de sa vie et de son royaume. Ni comme les prêtres, blasés par leur connaissance.

Conclusion

On raconte qu’un tsar voulut prendre le pouls de son peuple. Incognito, pauvrement vêtu, il se rendit dans la capitale et demanda l’hospitalité. Partout les portes se fermaient devant lui et les gens le chassaient. Il frappa à la porte d’une maison et un pauvre homme le fit entrer, le pria de s’installer et de se restaurer tout en lui disant qu’il n’avait qu’un peu de paille à lui offrir et du pain. Sa femme venait d’accoucher et il était un peu perturbé. Le tsar se contenta du peu qu’il y avait dans la maison et qui lui avait été offert avec générosité. Puis le pauvre homme le laissa pour aller s’occuper de sa femme. Le lendemain, le « clochard » avait disparu.
Quelques jours plus tard, le carrosse royal, accompagné de son escorte s’arrêta devant la maison. L’homme sortit, tremblant, demandant ce qu’il avait fait pour recevoir pareille visite. « Ce que vous avez fait ? Rien de moins que recevoir votre empereur. Le Tzar offrit une bourse à cette famille et déclara que l’enfant irait dans les plus grandes écoles du royaume, pour y recevoir la meilleure éducation.

Et vous, saurez-vous reconnaître en Jésus votre Roi ? Comment lui répondrez- vous ? Par le rejet, l’indifférence ou bien allez-vous le laisser entrer dans votre vie et accepter le salut qu’il vous offre ?

4 thoughts on “L’accueil du Roi : Matthieu 2.1-12

  1. La description de l’étoile « divine » que vous faîtes me laisse songeur…

    Ces astrologues ont suivi une étoile depuis l’Est et ils amènent des dons pour “ celui qui est né roi des Juifs ”. (Matthieu 2:2.) Mais l’étoile ne les a pas menés à Bethléhem : elle les a attirés à Jérusalem et jusqu’à Hérode le Grand. Aucun homme au monde n’a autant de moyens et de motifs de nuire à l’enfant Jésus. Cet homme ambitieux et homicide a déjà tué plusieurs membres de sa famille immédiate en qui il voyait une menace. Troublé d’apprendre la naissance d’un futur “ roi des Juifs ”, il a envoyé les astrologues trouver Celui-là à Bethléhem. Les astrologues se sont mis en chemin, mais alors une chose étrange s’est produite : l’“ étoile ” qui les avait amenés à voyager jusqu’à Jérusalem semblait bouger ! — Matthieu 2:1-9.

    On ignore s’il s’agissait d’une vraie lumière dans le ciel ou d’une vision. Mais une chose est sûre : cette “ étoile ” ne venait pas de Dieu. Avec une précision sinistre, elle a conduit les astrologues, des païens, tout droit jusqu’à Jésus, enfant vulnérable, sans défense, ayant pour tous protecteurs un charpentier pauvre et sa femme. Les astrologues, dupes involontaires d’Hérode, seraient probablement revenus donner au monarque haineux des nouvelles de l’enfant, dont la mort n’aurait pas tardé à suivre. C’est alors que Dieu intervient au moyen d’un rêve et qu’il renvoie les hommes chez eux par un autre chemin. L’“ étoile ” était donc certainement un stratagème de Satan, l’ennemi de Dieu, prêt à tout pour nuire au Messie. Quelle ironie de penser que “ l’étoile ” et les astrologues sont présentés dans les scènes de la Nativité comme des agents de Dieu ! — Matthieu 2:9-12.

    D’ailleurs, aucun personnage biblique présent dans le récit (Joseph, les Bergers…)ne témoigne avoir vu cette « étoile »…

    Autre point intéressant :

    Une version de la Bible (New International Version Study Bible) fait la remarque suivante au sujet de Matthieu 2:11 :  » Contrairement à ce que veut la tradition, les mages ne sont pas allés voir Jésus à la crèche la nuit de sa naissance, comme l’ont fait les bergers. Ils sont venus des mois plus tard et lui ont rendu visite alors qu’il était un ‘ enfant ‘ et habitait dans une ‘ maison ‘.  » C’est ce que confirme le fait qu’Hérode, qui cherchait à tuer le jeune enfant, a ordonné que tous les garçons de deux ans et au-dessous soient mis à mort, dans tout Bethléhem et son territoire. Il a déterminé cette tranche d’âge  » selon le temps dont il s’était informé exactement auprès des astrologues « . — Matthieu 2:16.

    Si les astrologues étaient venus voir Jésus la nuit de sa naissance et lui avaient apporté de l’or et d’autres cadeaux de valeur, Marie n’aurait vraisemblablement pas offert que deux oiseaux quand, 40 jours plus tard, elle a présenté Jésus au temple, à Jérusalem (Luc 2:22-24). Cette clause de la Loi s’appliquait aux pauvres qui n’avaient pas les moyens de se procurer un jeune bélier (Lévitique 12:6-8). Par contre, les dons précieux des astrologues sont sans doute arrivés à point nommé ; ils ont certainement été bien utiles pour couvrir les dépenses du séjour que la famille de Jésus a effectué en Egypte.-Matthieu 2:13-15.

  2. L’étymologie des mots pour les presents des Mages referent a des produits issus de Yemen, de Somalie et d’Oman d’où les Mages ne viennent pas de Chaldée. De plus ces produits etaient utilises par Moise dans le service du Tabernacle institue au desert du Sinai ou ailleurs.

    Ensuite pour proclamer la naissance d’un enfant divin, qui a ce pouvoir? Les pretres d’Israel qui appartiennent a une branche dissidente, mais revendiquant le pouvoir pour EL. Par peur des represailles politiques, la visite de certains de ses responsables du Temple deguises en devins se fait connaitre et entendre au public afin de lever une acclamation populaire en reponse a leur souhait qui est de retablir le culte d’EL. Malheureusement, l’acclamtion n’eut pas lieu a cause de l’etat d’urgence decrete par Herode.

    Cela refere à l’election d’un enfant-roi comme sujet a un decret des pretres du Temple qui ont mis Athalie a mort.

    Marie anti-theses pour Athalie?

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