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Un poisson dans le netNon classéPrêtres, anciens et évêques dans l'histoire de l'église catholique

Prêtres, anciens et évêques dans l'histoire de l'église catholique

Ce billet publié aujourd’hui fait suite au commentaire déposé il y a quelques temps déjà sur l’article : Examen des pratiques catholiques (2/23) : les prêtres

La réponse ne pouvant s’effectuer dans le cadre réduit d’un commentaire, nous vous la proposons sous forme d’article…

Vous écriviez : En ce qui concerne le rôle de l’évêque, la direction des communautés locales par un évêque unique a été un processus qui s’est achevé vers le milieu du IIe siècle (Rome ayant été une des dernières Eglises à se doter d’un évêque unique !), mais qui a commencé très tôt, notamment en Orient. Dans l’Eglise d’Antioche, dès le début du IIe siècle au plus tard, il y un évêque unique (cf. lettes écrites par Ignace, évêque de cette ville, au début du IIe siècle). Mais le début de ce mouvement pourrait même s’observer à la fin de l’époque apostolique: dans 1Tm et Tt, il est toujours questions des presbytres (ou anciens) au pluriel et de l’évêque au singulier, alors que d’abord les termes de presbytre et d’évêque étaient synonymes (cf. le discours de Paul à Ephèse, Ac 20).

Bonjour,

Il nous semble que votre analyse est incomplète : La distinction ancien / évêque n’est pas d’ordre hiérarchique. Chaque terme évoque un aspect particulier du ministère (sages / sur-veillants) auquel on pourrait apporter en égalité hiérarchique le ministère de pasteur (berger). L’idée que le concept ait déjà évolué au temps biblique est erronée :

  • Tite utilise en termes équivalents ancien et évêque : « que tu établisses des anciens dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable… il faut en effet que l’évêque soit irréprochable » (Tite 1.5, 7). Il n’y a donc pas d’évolution du sens entre Actes 20 et les épîtres pastorales.
  • Le singulier « ancien » se retrouve autant que le singulier d’évêque en fonction du sens du texte (ex. : « Ne reçois pas d’accusation contre un ancien, si ce n’est… » 1 Timothée 5:19).
  • L’apôtre Jean se présente comme « l’ancien » (2 Jean 1.1 et 3 Jean 1.1) là même où il pourrait prétendre à des titres plus glorieux. Nous sommes à la fin de l’ère apostolique (longtemps après les épîtres pastorales), et il ne se réclame ni de l’apostolat ni d’un rôle d’évêque particulier supérieurs aux anciens.
  • L’apôtre Pierre se présente aussi en tant qu’ancien (1 Pie 5.1), se plaçant au même rang que ceux qui portaient les églises locales sujettes à bien des persécutions.


L’établissement d’anciens dans chaque assemblée est à rapprocher du modèle des synagogues (avec une direction collégiale d’hommes reconnaissant des postes particuliers à certains d’entres eux), plutôt qu’à celui des pontifes du paganisme (avec un homme « pont » entre Dieu et les hommes, dispensateur de rites salvateurs et séparation nette entre clergé et séculier).

Lorsque Paul écrit aux Philippiens, il l’adresse aussi « aux évêques et aux diacres », un pluriel qui caractérise bien la pensée constatée de l’Ecriture : l’église est dirigée par un collège d’anciens c’est-à-dire d’évêques (ou d’évêques c’est-à-dire d’anciens) parmi lesquels plusieurs pourront être reconnus pour leur charisme particulier d’évangéliste de pasteur ou de docteur (Eph 4.11)

Amicalement.

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