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Un poisson dans le netRéflexionExamen des pratiques catholiques (3/21) : L'ascétisme et les premiers ordres monastiques

Examen des pratiques catholiques (3/21) : L'ascétisme et les premiers ordres monastiques

Voici la troisième partie de l’Examen historique et biblique du catholicisme (cf l’article introductif). Consultez le sommaire complet de l’étude pour suivre l’avancement de cette nouvelle publication et rendez-vous sur le dossier catholicisme pour en savoir plus sur ce thème.

Article précédent : Les prêtres

L’ascétisme, et les premiers ordres monastiques

Quid ?

Quelques définitions pour mieux comprendre la suite (extraites du formidable Trésor de la Langue Française Informatisé)

  • Mortification : Acte volontaire par lequel on s’inflige une souffrance corporelle ou morale dans un souci de pénitence ou d’élévation spirituelle, privation ou souffrance infligée à la chair.
  • Pénitence : Peine expiatoire imposée par le confesseur au fidèle qui reçoit ce sacrement comme sanction des péchés confessés.
  • Ascétisme : Ensemble des pratiques ascétiques (mortification, pénitence, …) qui ont pour but l’union intime avec Dieu.

  • Monachisme : Mode de vie et de spiritualité, état de moine ; ensemble des communautés monastiques.

Au fil du temps

L’ascétisme débuta à Thèbes en Haute Egypte.

  • En 250, on connut le premier pratiquant de l’ascétisme " chrétien " : Paul de Thèbes.
  • En 258 le deuxième pratiquant connu de l’ascétisme " chrétien " fut Saint Antoine. C’est à Basile, " père " de l’église grecque, qu’on attribue le triple voeu monastique de pauvreté, chasteté et obéissance et à Augustin les doctrines monastiques dans l’église latine.
  • En 529, le premier ordre monastique fut fondé par Benoît de Nursie. Benoît fondateur de l’ordre Bénédictin impose à ses moines l’obligation de confesser leurs péchés à une tierce personne.
  • Le Moyen âge développe les ordres religieux :
    • en 1098 les Cistérciens,
    • en 1209 les Fransiscains,
    • en 1215 les Dominicains…
    • Après 1545-1563 suite au concile de Trente, on assiste à une réforme des ordres monastiques et à l’apparition de nouveaux ordres.

D’un point de vue biblique

Il est commun dans nos mentalités d’associer la religion à des pratiques d’ascèse, d’auto-condamnation, de pauvreté et de mortification.

Ces préceptes n’ont rien de scripturaire : " Ils ont à la vérité une apparence de sagesse en ce qu’ils indiquent un culte volontaire de l’humilité, et le mépris du corps. Mais ils n’ont aucun mérite et ils contribuent à la satisfaction de la chair ". (Colossiens 2.23).

La Parole de Dieu condamne l’isolement du monde qu’entraîne la vie monastique. Jésus prie son Père en Jean 17.15 : " Je ne Te prie pas de les ôter du monde mais de les préserver du mal. " Avec assurance nous pouvons dire que le monachisme n’a jamais été le mode de vie enseigné par le Christ.

Voici ce qu’Il prêchait : " Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde, un ville située sur une montagne ne peut être cachée et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau. Mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes oeuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. " (Matthieu 5.13-16).

La Parole de Dieu dénonce ceux qui " ayant l’apparence de la piété renient ce qui en fait la force " (2Timothée 3.5). Elle ne mentionne nulle part un quelconque avantage lié à un voeu de pauvreté.

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15 thoughts on “Examen des pratiques catholiques (3/21) : L'ascétisme et les premiers ordres monastiques

  1. Vous allez un peu vite en besogne et vous faites quelques raccourcis.

    – L’ascèse ou l’ascétisme ne sont pas forcément mortification, pénitence et, somme toute, haine de soi. Il est vrai que cela a longtemps été compris comme cela, mais le mouvement monastique ne s’y résume pas.
    – Le judaïsme connaissait déjà des pratiques ascétiques, comme le jeune, le naziréat, etc. Le mouvement de Jean Baptiste était un mouvement ascétique (cf. son régime!) et Jésus n’écarte pas cet aspect pour ses disciples (Mt 9, 14-17).
    – Il y a eu des mouvements ascétiques chrétiens dès le début du christianisme, souvent déviants. Mais l’ascèse en tant que telle est une dimension présente dans le NT (cf. par ex. la parole de Paul: « Je traite durement mon corps »).
    – Ce qui naît au IIIe siècle, c’est le mouvement monastique, pas l’ascèse chrétienne.
    – Le monachisme est présent en Occident dès avant Augustin. Il a eu une importance considérable pour l’évangélisation de l’Europe au début du Moyen Age.
    – Le monachisme ne consiste pas forcément à se retirer du monde. Il y a des ordres catholiques et des communautés monastiques protestantes actifs dans le monde.

  2. Vous avez dit que vous pensez pouvoir dire avec assurance que le monachisme n’a jamais été le mode de vie enseigné par le Christ.Etant donné l’idéal de pauvreté qui lui est..généralement attaché, il existe pourtant, à mon avis, des chrétiens qui considèrent que cet état est la « porte étroite » de l’Evangile.

  3. Bonjour,
    cet idéal de pauvreté dont vous parlez est une dérive catholique et non pas un enseignement biblique. Jésus n’idéalise pas la pauvreté matérielle mais il loue la pauvreté spirituelle, c’est-à-dire ceux qui sont humbles devant Dieu.
    Disons-le clairement, la pauvreté n’est pas un ticket pour le paradis, comme la richesse n’est pas un ticket pour l’enfer…
    Amicalement

  4. En réponse à Vicardo, je pense pouvoir dire que l’ascétisme dont ont fait preuve nombre de personnages bibliques était temporaire et pour préparer une mission particulière du Seigneur. En ce sens, Jean s’est temporairement retiré du monde, mais il est devenu par la suite un personnage public, tout comme Jésus poussé au désert pendant 40 jours. Paul traitait durement son corps, on dirait aujourd’hui qu’il ne s’écoutait pas, mais il ne se mortifiait pas non plus, ce n’est pas du tout le sens du contexte biblique !!!

    Dont acte, il existe des communautés monastiques non retirées du monde, mais elles ne soustraient pas les autres aux critiques de cet article, et il reste la question du voeu de pauvreté, cf mon commentaire précédent.

    Amicalement

  5. Dans l’AT comme dans le NT, il est question de jeûne et de prière. Bon nombre d’églises évangéliques pratiquent cela, comme beaucoup d’autres. J’ai connu un pasteur qui pratiquait le jeûne et la prière avant de rencontrer les gens quand la situation était délicate. Le jeûne est biblique. Ce qui m’attriste, c’est la radicalité de certains commentaires émanant d’internautes. Je constate aussi que le catholicisme est disséqué et examiné à la loupe de façon souvent caricatural: c’est dommage

  6. Remarquez bien que le contraire serait infiniment pire : se contenter de vagues sentiments sur le catholicisme et en tirer des conclusions hâtives. Ce document, publié sous forme de petits articles, donne à chaque lecteur la possibilité de réagir et d’humaniser les propos. Il a l’avantage de se baser sur des faits (je m’inscris en faux sur le reproche de caricature) et de regarder ce que la Bible enseigne. Bien entendu, on ne peut embrasser en quelques lignes l’ensemble des pratiques d’une religion aussi protéiforme que le catholicisme, mais on peut tout de même comprendre que l’esprit que la Bible enseigne n’est souvent pas celui que le catholicisme présente. L’exemple du jeune est éloquent à cet égard. Retrouvez ce que Jésus en dit et comparez avec l’ascèse monastique…
    Je suis allé visiter récemment le monastère de la grande chartreuse : certains moines s’isolent au point que le « passe plat » qui sert à faire passer leur pitance dans leur cellule est à double porte : le cuisinier ouvre la 1ere et dépose l’assiette. Il la referme ensuite soigneusement. C’est seulement alors que le moine isolé ouvre la seconde et se sert — ainsi ils ne se seront même pas vus… Ce n’est pas le cas de tous les moines bien sûr (et heureusement) mais c’est un aspect bien réel et assumé du catholicisme. Comprenez qu’il soit possible de s’interroger !

  7. Exact: le catholicisme que j’ai quitté il y a une dizaine d’années après un « séjour » de quatre ans présente bon nombre de déviances fort regrettables: Croyez que j’ai eu tout le loisir de m’interroger. Quand je parle de « caricature », ce n’est pas un reproche mais un avis. Comme vous avez dû le constater, j’ai donné mon point de vue sur plusieurs thèmes du site « catholicisme » avec le plus de nuances possibles. Je ne suis pas forcément en accord avec tout ce qui est dit, mais je me garde bien de faire un reproche: j’expose mon opinion. La situation que vous exposez au sujet de ce monastère de la Grande Chartreuse reste exceptionnelle.J’ai fréquenté une communauté franciscaine au temps où j’étais dans l’église catholique: En arrivant dans une église évangélique, je vous assure que je n’ai pas été dépaysée. On reproche aux catholique de ne pas lire la Bible: c’est de moins en moins le cas, sous l’influence du protestantisme d’ailleurs. J’ai appris à lire la Bible quotidiennement au sein du catholicisme. Ce qui est vrai, c’est que c’est un phénomène récent. J’ai 54 ans et la génération de mes parents avait INTERDICTION d’avoir la Bible à la maison. Le catholicisme s’en remet lentement mais rattrape son retard à pas de géant. Il faut lui laisser le temps de se dépoussièrer et de se réformer. Le « paroissien moyen » est bien éloigné des pratiques monachales et des mortifications. Ce qui est exact, c’est que lire la Bible n’est pas encore entrée « dans les moeurs », si on peut dire ainsi. Mais de plus en plus, les plus jeunes s’y mettent. Des enseignements ex – cathédra s’organisent et je trouve que c’est une bonne et agréable nouvelle

  8. Est-ce que Jésus parlait symboliquement quand il a dit à un homme riche de vendre tout ce qu’il possédait puis de se séparer de l’argent reçu en le donnant aux pauvres, ce qui aurait entraîné la pauvreté matérielle? Les premiers moines, en Orient,ont été poussés à cet état par cette scène de l’ Evangile.
    (Je parle peut-être pharisaïquement,mais c’est ainsi. Etpuis,je ne suis pas moine!)
    Et cette histoire de « ticket », c’est quoi?

  9. Le problème de ce jeune homme, ce qui le dominait, c’était la richesse. Jésus lui a simplement demandé de choisir entre lui-même et ce à quoi il tenait le plus dans la vie. La Bible ne présente pas forcément la richesse comme un mal en soi (cf Job, David, Salomon et d’autres encore qui possédaient de grandes richesses) mais alerte les hommes sur les dangers d’un trop grand bien être matériel qui ferait qu’on l’oublierait. Concernant le « ticket » je ne vois pas à quoi vous faites allusion, merci de m’expliquer !!!

    Amicalement

  10. Les commentaires précédents ont déjà dégagés quelques lignes de force pour éclairer cette analyse historique trop brute pour être complète. Faut-il rappeler qu’au IVème siècle, en Judée, à quelques km de Jérusalem, il existait déjà plusieurs milliers de moines, souvent ermites, parfois vivants en communautés ? Des moines dont une des activités principales était la méditation de la Parole de Dieu accueillie dans toute sa radicalité, jusque dans les tréfonds de l’existence humaine ? Faut-il rappeler aussi qu’à cette même époque (empire byzantin) de nombreux grands fonctionnaires de l’Empire devenus chrétiens sont venus se mettre au service des pèlerins curieux de voir les lieux où Dieu avait pris chair ? Ces fonctionnaires ont souvent tout vendu ou donné pour vivre une vie d’accueil au nom de l’Evangile. De grands biblistes sont issus de ces traditions monastiques : on pourrait citer simplement Jérome, à Bethléem, qui traduit en entier la Bible.
    Alors pourquoi l’ascèse ? Pourquoi des voeux monastiques ? Je conseille à ceux qui veulent le comprendre de faire un essai concret de vie communautaire, sur un temps suffisant. Eh bien, très rapidement, vous découvrirez, comme l’ont fait ces hommes, qu’une règle de vie commune est nécessaire pour permettre à chacun d’avancer à son rythme. La tradition catholique et orthodoxe ont hérité pour cela des essais de vie de ces « illuminés » du Christ qui lachaient tout pour le suivre et s’enfonçaient dans le désert pour vivre, eux aussi, le temps de l’Exode et de la tentation. On peut trouver cela ridicule, non-évangélique, exagéré… Faut-il rappeler qu’on ne peut jamais juger l’histoire ? Est-il moins « fou » de se laisser manger par des bêtes dans un cirque comme le firent les chrétiens de Lyon au nom de leur foi ? N’y aura t-il pas des esprits forts parmi nous pour juger cela comme fanatisme déplacé ?
    L’expérience monastique reprend sans aucun doute des éléments présents dans toutes les grandes traditions spirituelles : l’expérience spirituelle est d’abord celle d’une rencontre avec le « Très-Haut », le « Tout-Autre », et cela dans un face-à-face à reprendre jour après jour. C’est là une solitude à assumer. Cette solitude nécessaire, c’est cela que « dit » la vie du moine à tout homme. (moine = monos = seul). Il n’est pas du tout celui qui se met en avant, mais celui qui se met en retrait pour inviter tout croyant à oser le temps du désert, du face à face, de l’écoute de la Parole. La vie monastique ne se résume pas à la grande Chartreuse, et les voeux ne se résument pas à celui de pauvreté. Faire le voeux de pauvreté peut être vécu de manière très différente : pour les uns, c’est une radicalité de vie qui veut interpeller nos comportements économiques ordinaires qui épuisent ce monde donné par Dieu ; pour d’autres, c’est une disponibilité aux autres ou le choix d’un engagement auprès des plus pauvres ou des démunis, au nom du Christ. Faut-il rappeler qu’il y a aussi les voeux d’obéissance et de chasteté ? Ils ne sont ni soumission infantilisantes ni peur de la relation conjugale, quand ils sont vraiment vécus dans la liberté. Dans ce cas, ils sont une attitude concrète de vie à reprendre sans cesse, pour interpeller les lieux de pouvoir et de domination, les lieux de possession et d’irrespect de l’autre et de soi.
    Ah oui, le Christ ne parle pas de la vie monastique dans l’Evangile. Bon, c’est vrai, lui-même aimait bien se retirer loin de la foule, prendre le temps du désert avant de commencer sa mission, fait le choix d’une vie simple avec ses disciples, visiblement n’a pas fondé de vie familiale, revendique l’obéissance au Père comme source de toute décision, s’émerveille des petits, des humbles et des pauvres et annonce un ROyaume plus que difficile à saisir pour les riches.
    Mais bon, l’Evangile ne parle pas non de l’école du dimanche, des consistoires,des temples, de l’orgue et des cantiques de J.S-Bach, de la musique d’Exo et des téléévangélistes américains… Comme quoi, l’Evangile nous invite aussi à une fidélité créatrice en son nom. Amitiés.

  11. En ce qui concerne le ticket, je faisais allusion à votre propre phrase: « Disons-le clairement, la pauvreté n’est pas un ticket pour le paradis, comme la richesse n’est pas un ticket pour l’enfer… » : c’est pourquoi je ne comprends pas bien pourquoi vous me demandez ça.
    Et pour le reste, c’est justement pour éviter ce mal-l’oubli de Dieu au profit des biens matériels- qu’ont été inventés les ordres monastiques.

  12. Pour Vivien : « un ticket pour » signifie simplement « l’assurance d’aller » soit au paradis, soit en enfer !

  13. Voilà qui est clair: mais il a existé, au cours de l’histoire de l’église catholique, des gens qui se sont fait pauvres non pour se sauver, mais parce qu’ils aimaient Dieu et voulaient éviter le mal que vous m’avez décrit. Comme François d’ Assise, par exemple:quoique vivant dans la pauvreté la plus totale, il n’a jamais eu l’assurance d’aller au paradis mais a eu cent fois l’attitude du publicain durant sa vie.

  14. (Saint)François d’Assise, Jean Bodorone pour les intimmes est issu d’une famille richissime de drapiers italiens.

    Il vivait dans le luxe le plus total.

    Quand il fut question d’héritage, il a renoncé à tout et s’est dépouillé de tout …….

    Et même de ses vêtements!!!!

    Il s’est mis nu devant tout l’intelligensia de la « bonne société » et est parti sur les routes avec un bâton et une simple tunique.

    Il a rencontré les pauvres, les lépreux et les parias?

    Il leur a offert Dieu.
    Il a offert sa vie pour répandre l’Evangile.

    Une vie digne des béatitudes!!!!!!!!!!!

    Il est l’auteur d’une très belle prière:
    « Seigneur fais de moi….. »

    Alors,
    Est-ce chrétien ou pas??????????

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