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Un poisson dans le netNon classéDoctrines des Témoins de Jéhovah : (7) Les transfusions sanguines

Doctrines des Témoins de Jéhovah : (7) Les transfusions sanguines


Voici la septième partie des Réflexions bibliques sur quelques doctrines des Témoins de Jéhovah. Merci de lire l’introduction de cette série pour en savoir plus…

D’une importance nettement moindre, il y a cependant quelques autres doctrines des Témoins de Jéhovah qu’il peut être utile de considérer rapidement. Entre autre, tout le monde sait qu’ils refusent systématiquement les transfusions sanguines, prétendant que la Bible les interdit.

Or, il est évident pour tout le monde, y compris pour les Témoins de Jéhovah, que la Bible ne parle pas du tout des transfusions sanguines. Il s’agit d’une technique médicale absolument inconnue à l’époque des écrits bibliques. Leur doctrine n’est donc pas basée sur un texte qui interdit explicitement les transfusions sanguines, mais sur le principe biblique de la nécessité d’éviter « le mauvais usage du sang ». C’est ainsi qu’ils formulent eux-mêmes le principe. Dans « le mauvais usage du sang » il y a (parmi d’autres abus) les transfusions sanguines.

Tout d’abord, on est en droit de se demander quelle autorité permet de définir les transfusions sanguines comme « le mauvais usage du sang ». Comme il ne s’agit pas d’une définition biblique (comme ils doivent l’admettre eux-mêmes), comment savoir que cette définition est juste ? Qui le dit ? Les chefs du mouvement à Brooklyn ? Sont-ils, tout comme le Pape, censés être infaillibles dans leurs déclarations, même quand elles ne se basent pas sur la Bible ? Même si la Bible interdit « le mauvais usage du sang », qui dit que les transfusions sanguines le sont ? Accepter sans débat une question dont l’enjeu est parfois littéralement la vie ou la mort, quand la Bible ne tranche pas sur la chose, me semble assez incroyable.

Notons ensuite que ce n’est pas « le mauvais usage du sang » que la Bible interdit. Cette expression n’est pas présente dans les textes bibliques. Les textes bibliques interdisent de manger du sang, interdiction qui est répétée à maintes reprises dans l’Ancien Testament mais sérieusement nuancée dans le Nouveau Testament. (Marc 7:19 nous dit très explicitement que Jésus a déclaré tous les aliments purs ; toutefois, pour des raisons qu’ils n’ont pas expliqué les apôtres ont décidé au conseil de Jérusalem de demander même aux croyants non-juifs de continuer à s’abstenir du sang ; Actes 15:28-29.) Il n’y a pas un seul texte biblique où il est question d’interdire un autre « usage » du sang que le fait de le consommer.

Le plus grave dans tout cela, c’est que les Témoins de Jéhovah passent complètement à côté de la vraie implication de cet enseignement, puisqu’ils ne tiennent nullement compte du contexte historique dans lequel cette interdiction a été donnée. (C’est d’ailleurs ce contexte qui explique pourquoi le Nouveau Testament maintient l’interdiction, bien qu’il ne soit plus question d’aliments « purs » ou « impurs ».)

On constatera d’abord dans Lévitique 3:16-17 que ce n’est pas seulement le sang mais aussi la graisse qui est interdite. Par la suite, les Juifs ont bien retenu l’interdiction de manger du sang, mais ne semblent plus mettre en avant l’interdiction de consommer de la graisse. Vraisemblablement, le problème avec la graisse se posait moins. Je sais, en tout cas, que dans mes études des croyances païennes j’ai rencontré très rarement des pratiques qui appliquaient à la graisse la notion qui s’attache très souvent au sang.

Quelle est donc cette notion païenne qui explique pourquoi Dieu a interdit si sévèrement la consommation du sang ? Pour la saisir, il faut comprendre ce qu’était un sacrifice dans les rites païens.

Dans l’antiquité, le but des rites et des sacrifices religieux était davantage lié à la magie qu’à l’adoration. Il s’agissait beaucoup plus de se procurer une puissance magique et spirituelle, que d’exprimer une communion ou une reconnaissance envers Dieu (ou des dieux).

Comme la chair des animaux offerts en sacrifices était le plus souvent mangée par quelqu’un (par les sacrificateurs ou par ceux qui offraient les sacrifices), on pensait souvent que cette viande « sacrée » conférait une sorte de « puissance spirituelle » quand on la mangeait.

Cette notion s’appliquait très spécialement au sang. Le sang, en effet, était censé être « la vie » qui circulait dans l’animal. La fonction précise du sang n’était pas connue à cette époque, mais on constatait facilement qu’une personne ou un animal qui saignait trop en mourrait. D’où la conclusion que « trop de vie s’était échappée ». Le sang était considéré dans un sens plus ou moins magique comme une sorte de « fluide vital ». De ce fait, on voulait manger le sang pour se procurer directement le « principe spirituel » qui faisait vivre l’animal, la force que certains systèmes occultes appellent encore aujourd’hui le « mana ». Le mot vient de l’occultisme polynésien, mais le principe se retrouve dans beaucoup de systèmes religieux du monde antique.

Dans un moindre degré, cette notion pouvait s’attacher également à la graisse. La graisse représentait une sorte de « cumul » de vie, puisqu’un animal gras était considéré comme en meilleure santé — c’est à dire « plus vivant » — qu’un autre. C’est pourquoi Dieu interdit également la consommation de la graisse des animaux tués.

Cette conception magique du « mana », c’est à dire de la puissance vitale dans un être vivant, a même été la motivation de certaines pratiques cannibales. Le cannibalisme a été extrêmement rarement pratiqué « pour la viande ». D’ailleurs, le plus souvent, seules certaines parties du corps humain étaient consommées, le reste étant brulé ; ce reste contenant généralement une grande partie de ce qui pourrait servir de « nourriture ». Le but recherché n’était pas de s’alimenter, mais de se procurer la « puissance vitale » d’un autre être humain, les humains étant considérés comme les êtres les plus élevés et donc les plus dotés en « mana ».

Dieu ne voulait pas que les sacrifices parmi les Juifs soient compris dans ce sens. Un sacrifice tel que Dieu le conçoit n’a rien de magique ; il ne s’agit pas de se procurer « de la spiritualité » ou une force quelconque. Par les offrandes et les sacrifices, l’homme se tourne vers Dieu en s’appuyant sur sa grâce ; un point, c’est tout. Dieu ne veut pas que l’homme pense faire autre chose par les sacrifices.

La loi de Dieu interdit donc systématiquement le fait de manger le sang ou la graisse des victimes offertes en sacrifice. Pour ce qui est de l’interdiction de manger le sang, au moins, cette interdiction a été donnée dès que Dieu a donné la permission de manger de la viande (voir Genèse 9:3-4), avant même que la pratique puisse se généraliser. Autrement dit, Dieu permettait à l’homme de manger de la viande, mais ne voulait pas qu’il pense qu’il était en train de manger en même temps la « force vitale » (et magique, dans un sens forcément occulte) des animaux.

Cette notion païenne nous aide à comprendre également les débats sur la viande offerte aux idoles. Les uns, ayant compris que toute la pensée présente en arrière-plan des rites païens était fausse, pouvaient en manger sans problème ; la viande, c’est de la viande. La « force spirituelle » que les « dieux » devaient conférer à cette viande par les rites n’existe pas, pas plus que les soi-disant « dieux » d’ailleurs. Mais d’autres n’étaient pas encore convaincus de cela. Ils devaient donc montrer leur engagement envers Dieu par leur refus de chercher de la « puissance spirituelle » auprès des autres dieux.

Ce sont d’ailleurs les mêmes considérations qui apparaissent dans la façon de prendre la Cène à Corinthe ; ce n’est pas pour rien que Paul en parle dans la section consacrée à la viande sacrifiée aux idoles. Certains chrétiens voyaient le pain et le vin comme des « aliments sacrés », des mets dotés d’une « force spirituelle » dans un sens païen. Ils voulaient donc en prendre autant que possible. Cela explique pourquoi certains mangeaient tant de pain qu’il n’en restait pas pour tout le monde et buvaient tant de vin qu’ils finissaient par s’enivrer (1 Corinthiens 11:21). Paul a dû leur rappeler très sévèrement que le repas du Seigneur n’est qu’un souvenir de ce que Jésus a fait pour nous.

En tout cas, c’est ce contexte païen qui explique l’interdiction biblique de consommer du sang. D’ailleurs, l’interdiction de manger du sang n’est jamais donnée dans un sens total et absolu. Autrement, il ne faudrait jamais manger de la viande, car il en reste forcément un peu, même si l’animal a été soigneusement saigné. Même la cuisson n’enlève pas le sang ; elle ne fait que de le cuire. (Le sang cuit est d’une couleur marron grisâtre, tandis que le sang cru est rouge. C’est la raison principale qui fait que la viande change de couleur quand elle est cuite.) Ce n’est pas possible de l’enlever entièrement. Pourtant, Dieu n’a jamais fait un cas de cela, parce que le problème n’est pas le sang en soi mais la notion sous-jacente. Et personne n’a jamais pensé que le fait de consommer le peu de sang qui reste dans la viande rouge allait leur procurer une force magique. Sinon, ils mangeraient directement le sang.

Quand nous comprenons cela, nous voyons très clairement que l’enseignement biblique sur le sang n’a strictement rien à voir avec les transfusions sanguines. La transfusion sanguine est une pratique médicale qui n’a aucun rapport avec une pensée magique et occulte. Personne ne voit la chose dans ce sens. De même qu’un chrétien pouvait manger de la viande sacrifiée aux idoles à condition qu’il n’y associe pas de croyance païenne  (1 Corinthiens 10:25-28), il peut aussi « faire usage du sang » du moment qu’il n’y mette pas une signification occulte. Les transfusions sanguines ne sont donc pas du tout un problème, puisque même ceux qui auraient des croyances douteuses sur le sang et sa prétendue puissance magique n’y verraient pas de lien. Par conséquent, la Bible ne dit absolument rien qui les interdirait.

4 thoughts on “Doctrines des Témoins de Jéhovah : (7) Les transfusions sanguines

  1. Le texte fetiche des Témoins de Jéhovah , Actes 15:29 , ne parle pas de Sang Humain et encore moins de Transfusion .

    Le Grec Haima ( sang ) englobe Sang animal et Humain . Indiscutablement dans ce passage il s’agit de sang animal si on s’en refere au contexte du Chapitre ( Sacrifices) .

    En discutant une fois avec un TJ , il m’a été impossible de lui faire admettre que Haima ici désignait du sang animal . Il a preferé rester sur les enseignements de la Secte , ce que j’etais persuadé de toute maniére .

  2. L’un de nos lecteurs signale l’existence d’alternatives à la transfusion sanguine et d’un DVD, disponible auprès des Témoins de Jéhovah, faisant la promotion de ces alternatives. Je vous invite à être extrêmement prudent sur ce sujet. Pour une bonne introduction à cette problématique, je vous renvoie sur la page Wikipédia (recodée) : http://tinyurl.com/3xrrp3
    qui note, je cite : “Les techniques ne faisant pas appel à la transfusion de sang sont de plus en plus fiables et courantes, néanmoins il reste encore de nombreuses situations où la transfusion sanguine demeure la seule solution thérapeutique, notamment en cas d’accident. Dans de nombreux pays, la justice intervient dans les cas litigieux et ordonne en urgence que l’autorité parentale soit suspendue afin que la transfusion soit administrée. C’est la procédure appliquée en France pour les enfants hospitalisés. Dans tous les cas, en France, pour les mineurs, le médecin doit prendre les décisions qu’il juge nécessaires à la santé de l’enfant, même contre l’avis des parents (cf supra Partie juridique). Cependant, certains pays ont une législation qui ne protège pas aussi bien l’enfant mineur et aujourd’hui des enfants meurent encore dans le monde pour avoir refusé cette technique médicale”
    Consultez aussi les nombreux liens proposés en annexe.
    Dont acte… Soyez prudents et vérifiez soigneusement les propos des TJ avant de leur confier votre santé…

  3. « Le texte fetiche des Témoins de Jéhovah , Actes 15:29 , ne parle pas de Sang Humain et encore moins de Transfusion . »
    Vois-tu, Jean Baptiste, si tu demandes à un TJ comment il peuvent appliquer ce texte (que comme tu l’as bien dit s’applique au sang animal) à la transfusion, étant donné qu’à l’époque celle-ci n’existait pas, il te répondra qu’il s’agit d’une interdiction « prophétique ». Malheureusement « ils ont laissé les commandements de Dieu pour suivre des fables d’hommes ». Les dirigéants manipulateurs de l’Ecriture auront à répondre de beaucoup de sang!

  4. « Vous ne devez manger le sang d’aucune sorte de chair, car l’âme de toute sorte de chair est son sang.
    Quiconque le mangera sera retranché.  » »Par rapport à Lévitique 17:13,14, c’est la vie qui est sacrée (l’âme) et qui appartient à Dieu, le sang en lui-même n’est sacré que parce qu’il porte la vie.
    Comment comprendre que l’on puisse accepter d’utiliser et injecter certains produits de fractionnement du plasma (albumine, immunoglobulines, antithrombine, facteurs de coagulation…) qui dit-on reste à la conscience de chacun individuellement et refuser la transfusion sanguine .
    On n’a pas le droit non plus , si on suit les prescriptions du levitique ,de prendre la vie d’un animal ou d’un humain sans la permission de Dieu, qui est le seul propriétaire de la vie ; pour démontrer le respect de cette règle, on rend la vie de l’animal tué à Dieu, en versant le sang.
    Comment comprendre que dieu puisse permetre que l’on se nourrisse de la chair qui est une composante issue de molècule carbonée dont l’atome et les acides aminés composent aussi celui du sang et ne pas autoriser la transfusion?
    Les protéines sont assemblées à partir des acides aminés en fonction de l’information présente dans les gènes. Leur synthèse se fait en deux étapes :
    La transcription où l’ADN codant le gène associé à la protéine est transcrit en ARN messager
    La traduction où l’ARN messager est traduit en protéine en fonction du code génétique
    L’assemblage d’une protéine se fait donc acide aminé par acide aminé de son extrémité N-terminale à son extrémité C-terminale.
    Il faut également bien noter qu’un gène n’est pas forcément associé à une seule protéine mais bien souvent à plusieurs.

    La viande est un aliment proteiné de grande valeur nutritionnelle par sa richesse en protéines, (de 20 à 30 % selon les types de viandes) et elle apporte également des acides aminés essentiels (ceux que l’organisme humain est incapable de synthétiser).
    Comme ces acides qui sont présentes dans la chair comme dans le sang, on ne devrait pas non plus si on suit les TJ, manger de viande
    La viande rouge est également une source importante de fer et de vitamines du groupe B, notamment la vitamine B12 antianémique. Elle apporte également des quantités notables de lipides et de cholestérol.
    La transfusion n’est pas un meurtre ni l’enlevement de la vie. Les chretiens qui acceptent que le sang du christ ait coulé pour racheter le prix du peché ont commis, si on suit la philosophie de TJ, une faute impardonable et sont devenus des apostats et des heretiques. Jésus est devenu fou, puisqu’il a accepté contrairement aux prescriptions de l’eternel de se laisser sacrifier en expiation pour le pecheur. Les romains, , les grecs, etles juifs sont aussi coupables de meurtre puisqu’ils ont tous paricipé à la cricifixion du christ et ont fait couler son sang.
    Lorsqu’on est blessé lors d’un combat et que du sang coule, celui qui a donc fait couler le sang doit être condamné, car dans le sang réside la vie ,on a donc par extention perdu une partie de la vie. Que faire alors lorsque la plaie est béante et que l’on doive pour arreter l’hemoragie la refermer et transfuser. ? Dieu a aussi dit qu’il n’y avait pas un seul juste et que tous meritent la mort que doit il faire laisser vivre ou faire mourrir?

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