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Un poisson dans le netRéflexionLa divinité de Jésus-Christ – 8 – Jean 8:58-59

La divinité de Jésus-Christ – 8 – Jean 8:58-59


 Voici la huitième partie de l’étude sur la divinité de Jésus-Christ. Retrouvez ici le sommaire de la série

Nous retrouvons cette même construction dans la bouche de Jésus à maintes reprises. Il insiste sur sa personne. Mais dans un des textes où nous retrouvons cette formulation, la tournure est encore plus étonnante. Il s’agit d’une discussion entre Jésus et les responsables spirituels du peuple juif dans Jean 8. Les Juifs disaient qu’Abraham était leur père, et Jésus leur a répondu qu’Abraham s’était réjouit de le voir, lui. La conclusion était donc inévitable : s’ils étaient réellement les enfants d’Abraham, ils se réjouiraient de connaître Jésus de même qu’Abraham l’a fait.

Mais les Juifs n’ont pas cru à cette remarque. Ils ont simplement relevé l’absurdité évidente (si Jésus n’était qu’un simple homme), en faisant remarquer que Jésus était bien trop jeune pour avoir connu Abraham. Et c’est là que Jésus a répondu : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, moi, je suis. »

La particularité ici n’est pas simplement dans le fait d’insister sur sa personne, mais aussi dans la construction de la phrase. On devrait dire : « avant qu’Abraham fût, j’étais. » C’est d’ailleurs comme cela que les Témoins de Jéhovah ont « arrangé » le texte (on ne peut pas dire « traduit », parce qu’il ne s’agit pas d’une traduction du texte ; le texte grec est très clairement au présent). Puisque cette façon qu’à Jésus de s’exprimer n’arrange pas leurs doctrines sur lui, il fallait l’éliminer.

Mais si nous acceptons le texte comme nous le trouvons, nous sommes étonnés d’une telle construction. Affirmer qu’il a connu Abraham a déjà dérangé les Juifs ; c’est pourquoi ils ont fait remarquer l’absurdité de cette idée dans le verset 57. Mais quand Jésus dit : « avant qu’Abraham fût, moi, je suis » cela dépasse les limites. Plus aucune discussion n’est nécessaire ; même s’ils n’ont pas le droit de mettre quelqu’un à mort (comme nous le lisons dans Jean 18:31) ils passent à l’acte. Le verset 59 dit : « Là-dessus, ils prirent des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se cacha, et sortit du temple. »

Si les Juifs réagissent si violemment à l’affirmation de Jésus, ce n’est pas parce qu’ils sont scandalisés pour une telle faute de grammaire. C’est parce que sa formulation est une référence claire au nom même de Dieu.

Dans Exode 3:14, dans la discussion avec Moïse au buisson ardent, Dieu a dit : « Je suis celui qui suis. Et il ajouta : c’est ainsi que tu répondras aux Israélites : Celui qui s’appelle «Je suis» m’a envoyé vers vous. »

De nouveau, cette formulation dérange les Témoins de Jéhovah. Malgré leur fierté d’être ceux qui sont le plus attachés au nom de Dieu, ils n’ont pas hésité à modifier même le texte où Dieu révèle son nom. La « traduction » du monde nouveau rend ce verset de la façon suivante : « Alors Dieu dit à Moïse: «Je me révélerai être ce qui je me révélerai être.» Et il ajouta: «Voici ce qu’il te faudra dire aux fils d’Israël: `Je me révélerai être m’a envoyé vers vous.' »

L’hébreu n’a pas le passé et le futur comme dans nos langues indo-européennes ; les verbes se forment d’une toute autre manière. Toutefois, la notion du passé et du futur existe (évidemment), et les Juifs savaient bien les exprimer dans leur langue. Quand les Juifs d’Alexandrie ont traduit la Bible (l’Ancien Testament) en grec, quelques deux siècles avant Jésus-Christ, ils ont porté une attention particulière aux cinq livres de Moïse. Même si cette traduction (celle qu’on appelle la traduction des Septante, car à peu près 70 traducteurs y ont participé) peut se critiquer dans certains passages, elle est très bien effectuée pour les cinq premiers livres.

Comment ces Juifs d’il y a plus de deux mille ans ont-ils compris la formulation hébraïque d’Exode 3:14 ? Il suffit de lire la Septante pour le voir, et là nous voyons que la falsification du texte par les soi-disant « traducteurs » des Témoins de Jéhovah n’a rien à voir avec le sens du texte. Sens qui est clair pour tous les autres traducteurs de nos jours, et sens qui était tout aussi clair pour les Juifs d’Alexandrie. La Septante rend ce verset : « Et Dieu parla à Moïse en disant, Je suis celui qui existe. Et il dit : Ainsi tu parleras aux fils d’Israël : Celui qui existe m’a envoyé vers vous. »

C’est donc un non-sens gratuit de prétendre que le nom de Dieu signifie : « Je me révélerai être ce que je me révélerai être. » Une telle absurdité ne peut tromper que ceux qui n’ont aucune connaissance de l’hébreu. En réalité le nom sacré de Dieu que les Juifs ne prononcent pas signifie à quelque chose près : « Je suis celui qui existe » ou « Je suis celui qui suis ». En forme « abrégée », il est tout simplement : « Je suis » (comme à la fin d’Exode 3:14).

Les Juifs le savaient, eux. Et ils savaient que Jésus le savait. Quand il dit « avant qu’Abraham fût, moi, je suis » il est évident qu’il s’applique à lui-même le nom de Dieu, le nom qui exprime l’existence éternellement présente de Celui qui seul existe d’éternité en éternité. C’est pourquoi il ne peut plus avoir de discussion. Soit on accepte que Jésus ait raison de dire ce qu’il dit et on reconnaît par conséquent qu’il est Dieu manifesté aux hommes, soit on constate qu’il est coupable de blasphème et on agit en fonction. Éviter le problème en falsifiant la traduction aussi bien dans le livre d’Exode que dans l’évangile de Jean cache la vérité à ceux qui ne connaissent pas les textes originaux mais ne change rien à la réalité.

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