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Un poisson dans le netRéflexionLa divinité de Jésus-Christ – 18 – Jésus est-il une créature ou le Créateur ?

La divinité de Jésus-Christ – 18 – Jésus est-il une créature ou le Créateur ?


 Voici la dix-huitième partie de l’étude sur la divinité de Jésus-Christ. Retrouvez ici le sommaire de la série

De nouveau, ceci semble évident. Mais une fois de plus, comme les Témoins de Jéhovah prétendent que Jésus est une créature, il est utile de montrer que ce n’est pas le cas. Il n’est pas une créature ; au contraire il est le Créateur de tout.

C’est ce qui est enseigné à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament. Commençons avec Jean 1:3. Le texte parle de « la Parole » — qui est clairement identifiée comme Jésus-Christ — en disant : « Tout a été fait par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. »

Il serait difficile d’être plus explicite. Rien de ce qui est venu à l’existence a été fait autrement que par Jésus. Cela veut dire qu’il n’y a que deux catégories de choses qui n’ont pas été crées par Jésus : celles qui ne sont pas créées car elles existent de toute éternité, et celles qui ne sont pas créées car elles n’existent pas. Cette dernière catégorie, évidemment, ne contient rien de réel, par la définition même des termes.

Autrement dit, seul ce qui est éternel n’a pas été créé par Jésus. S’il est lui-même une créature, il n’existe pas de toute éternité. Il ne pouvait pas « se créer », car ce serait une absurdité philosophique au plus haut degré, et il ne pouvait pas être créé par un autre (Dieu), car ce serait en contradiction flagrante avec l’enseignement explicite de ce verset.

Ce texte ne laisse donc aucune possibilité à la notion que Jésus est une créature. Dans un langage simple mais clair, Jean a éliminé définitivement toute possibilité de supposer qu’il y ait ne fut-ce qu’une seule créature qui a été créée autrement que par Jésus. Il est par conséquent impossible de supposer qu’il est lui-même une créature.

Ce n’est pas le seul texte à enseigner cela. Colossiens 1:16 le dit aussi : « Car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs. Tout a été créé par lui et pour lui. »

Une fois de plus, le langage ne permet aucune ambiguïté. Aussi bien les êtres spirituels que les êtres physiques, aussi bien ce qui est céleste que ce qui est terrestre, tout a été créé par Jésus et pour Jésus.

Ce que la soi-disant « traduction » des Témoins de Jéhovah fait avec ce texte est un scandale. Il est évident qu’il s’agit de mauvaise foi, car personne qui prétend « traduire » le grec ne peut se tromper aussi fortement sur le sens du texte. D’autant plus qu’il n’y a aucune controverse sur le texte de ce verset dans les manuscrits.

Voici ce que dit la « traduction » du monde nouveau : « …parce que par son entremise toutes [les autres] choses ont été créés dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou gouvernements, ou autorités. Toutes [les autres] choses ont été créées par son intermédiaire et pour lui. »

D’abord, c’est sans la moindre justification que les « traducteurs » ont ajouté, deux fois, les mots « [les autres] ». D’ailleurs, ils les ont mis entre crochets pour indiquer qu’ils ne figurent pas dans le texte grec. Mais tout le monde peut voir qu’ils changent fondamentalement le sens du texte. Dire que des mots qui changent le sens sont « impliqués dans l’original » est une absurdité. Si j’écris « blanc », personne n’a le droit de dire que cela implique « noir ». Si on enlève ces mots que même les auteurs de cette « traduction » admettent ne figurent pas dans le texte, nous avons de nouveau la pensée de Jean, comme quoi rien de ce qui a été créé l’a été autrement que par Christ.

Ensuite, qu’en est-il de cette tournure « par son entremise » et « par son intermédiaire » ?

Est-ce là ce que signifie le texte original ?

Il est intéressant de comparer le texte grec de ce passage avec celui de Romains 11:36. En français, Romains 11:36 dit : « Tout est de lui, par lui et pour lui ! » Les deux dernières clauses contiennent la même construction en grec que le texte à la fin de Colossiens 1:16, et il s’agit d’un passage qui est très clair, puisqu’il y est question de Dieu.

Et là, la « Traduction du monde nouveau » donne : « Car de lui, et par lui, et pour lui sont toutes choses. » On constate que quand le texte ne dérange pas les doctrines des Témoins de Jéhovah, ils savent rendre en français ce que dit le grec. Mais quand la même construction va à l’encontre de leurs doctrines, au lieu d’admettre que leurs doctrines ne découlent pas de la Bible, ils changent le texte, ce qui est une façon scandaleuse et honteuse de falsifier la Parole de Dieu. Les dirigeants du mouvement seront tenus pour responsables devant Dieu d’avoir ainsi caché — de façon volontaire — le message de la Bible pour tromper des gens.

En tout cas, Colossiens 1:16 est tout aussi clair que Jean 1:3. Jésus a tout créé.

Ajoutons un dernier texte (qui n’est pas le seul, mais qui est tout aussi clair que les deux que nous venons de voir) à nos considérations, celui d’Hébreux 1:10-13. Nous avons déjà vu ce passage, car il s’agit d’une citation de l’Ancien Testament qui, dans son contexte, est une prière adressée à Dieu. Il est en même temps un texte clair pour indiquer que Jésus est le Créateur des cieux et de la terre. Hébreux 1:8 nous dit que les textes suivants sont adressés « au Fils », et à partir du verset 10 nous avons cette citation : « Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains. »

Nul besoin de multiplier les passages. Jésus est le Créateur. Cela ne peut pas faire de doute. Pourquoi donc les Témoins de Jéhovah disent-ils qu’il est une créature ?

La raison profonde est à trouver ailleurs que dans les textes bibliques, comme il est indiqué dans le document « Comment annoncer l’évangile aux Témoins de Jéhovah ? ». Toutefois, ils mettent en avant quelques passages bibliques comme des indications que Jésus est une créature. Il vaut donc la peine de regarder leurs arguments sur ce point, pour voir ce qu’il en est.

Commençons avec le texte de Proverbes 8:22-26. La « Traduction du monde nouveau » rend ces versets de la façon suivante : « Jéhovah lui-même m’a produite comme le commencement de sa voie, la plus ancienne de ses oeuvres d’autrefois. Depuis des temps indéfinis j’ai été installée, depuis le début, depuis des temps antérieurs à la terre. Quand il n’y avait pas les eaux des abîmes, j’ai été enfantée comme dans les douleurs, quand il n’y avait point de sources chargées d’eau. Avant que les montagnes fussent établies sur leurs bases, avant les collines, j’ai été enfantée comme dans les douleurs, lorsqu’il n’avait pas encore fait la terre, ni les espaces découverts, ni la première partie des masses de poussière du sol productif. »

La traduction des Témoins de Jéhovah pose quelques problèmes sur ce texte, n’étant pas l’ouvrage de gens qui saisissent bien le génie de la langue hébraïque. Toutefois, dans l’ensemble, on ne peut pas dire que le sens a été faussé ici.

Et pourtant, ce n’est pas la seule façon de comprendre le texte. La « Bible à la Colombe » traduit ces versets d’une autre manière : « L’Eternel me possédait au commencement de son activité, avant ses oeuvres les plus anciennes. J’ai été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre. J’ai été enfantée quand il n’y avait point d’abîmes, point de sources chargées d’eaux ; avant que les montagnes soient établies, avant les collines j’ai été enfantée ; il n’avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier grain de la poussière du monde. »

Notons que cette façon de comprendre le texte, et notamment le fait de Dire que « l’Eternel me possédait » plutôt que « Jéhovah … m’a produite », est suivie par un nombre considérable de traductions, et non les moindres. C’est l’idée qui sort non seulement de « la Colombe » mais aussi de la traduction de Louis Segond, de celle de Darby, et de la « Bible du Semeur ». En langue anglaise, c’est le sens donné par la traduction dite de « King James », par la « New International Version », et surtout par la « New American Standard », une des traductions les plus rigoureuses qui existent en langue moderne.

Cela ne prouve pas que ce sens est juste, parce qu’il est vrai que le texte original est ambigu et peut se comprendre dans les deux sens. Mais c’est justement là un des problèmes de l’argumentation des Témoins de Jéhovah : on ne se base pas sur un texte ambigu pour une doctrine aussi fondamentale que le fait de dire que le Créateur (principe annoncé par plusieurs passages clairs, comme nous l’avons vu) est une créature. Il faudrait un texte qui l’enseigne bien plus clairement.

Au-delà de cette considération, on peut s’étonner du fait que la « Traduction du monde nouveau » rend ce texte d’un point de vue féminin. S’il s’agit de Jésus-Christ, cela ne semble pas très logique.

Et effectivement, il n’y a qu’à reprendre le texte dans son contexte, depuis le début du chapitre, pour voir qu’il ne s’agit nullement ici de Jésus-Christ, mais de la sagesse. La sagesse est mise en avant dans ce chapitre sous forme d’un personnage, ce qui est un trait bien connu de la littérature hébraïque. Il aurait été étonnant, d’ailleurs, dans un livre comme les Proverbes de trouver un enseignement sur l’origine de Jésus-Christ. Mais un enseignement sur la priorité de la sagesse (le sens de l’ensemble du passage, vu dans son contexte) y trouve tout à fait sa place.

Voilà donc l’un des passages « clés » que les Témoins de Jéhovah utilisent pour affirmer que Jésus-Christ est une créature. Le sens est ambigu, et le sujet et tout autre que Jésus. Ceci est typique d’une certaine façon d’utiliser le texte biblique, plutôt que de se laisser instruire par le texte biblique.

Un deuxième texte utilisé par les Témoins de Jéhovah pour argumenter que Jésus est une créature se trouve dans Colossiens 1:15, où il est dit de Jésus : « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. » Ils disent que « le premier-né de la création » signifie « la première créature » (en ordre chronologique).

Ce qui montre une fois de plus une ignorance profonde sur le contexte historique. Dans les sociétés anciennes, où il y avait dans chaque famille un « premier-né », ce n’était pas du tout obligé que le « premier-né » soit né en premier. Abraham, Isaac et Jacob ont tous les trois eus comme « premier-né » un fils qui n’était pas le premier. Pour Abraham il était le premier de sa vraie femme, mais le deuxième fils d’Abraham. Pour Isaac, c’était le deuxième fils. Pour Jacob, c’était le premier fils de sa femme préférée, mais c’était son onzième fils.

Si le « premier-né » n’est pas forcément le premier dans l’ordre de naissance (tout en reconnaissant que traditionnellement c’était le cas), pourquoi est-il appelé le premier ? Parce qu’il est premier, non chronologiquement mais en priorité. Il est celui qui exerce l’autorité du père dans la génération suivante, le chef parmi ses frères.

Jésus est effectivement le « premier-né » de toute la création dans ce sens. Quand Dieu s’introduit lui-même dans la création, il devient le « chef parmi les frères ». Rien de plus normal ; c’est le contraire qui nous aurait étonné au plus haut degré. À partir de Bethléhem, Jésus fait effectivement partie de la création, et il exerce l’autorité du Père dans toute la famille. Mais de là à dire qu’il est une création quant à sa nature essentielle, s’est se méprendre complètement sur la signification d’un premier-né. Il y a plusieurs textes qui présentent Jésus comme premier-né (Romains 8:39, Colossiens 1:18, Hébreux 1:6 et Apocalypse 1:5, en plus de Colossiens 1:15), mais c’est toujours dans le but d’appuyer son autorité et sa priorité. Aucun texte n’indique de quelque manière que ce soit que le « premier-né » n’existait pas avant d’être créé par Dieu, tout au début de la création. Ce n’est pas du tout le sens du terme « premier-né ».

Le seul autre passage que les Témoins de Jéhovah utilisent pour dire que Jésus est une créature, à ma connaissance, se trouve dans Apocalypse 3:14. Dans ce verset, Jésus se présente à l’église de Laodicée comme le « arché » de la création. Ce mot grec « arché » prend souvent le sens de « commencement », et c’est pourquoi certains l’ont traduit comme tel dans ce passage. Mais cela signifie-t-il que Jésus est donc une créature, en l’occurrence la première créature (chronologiquement) à venir à l’existence ?

Dans Apocalypse 22:13, Jésus dit : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » C’est bien le mot « arché » qu’il utilise. Il définit donc lui-même ce qu’il entend par ce terme.

Si « arché », commencement, veut dire qu’il est chronologiquement la première créature, dire qu’il est « le dernier » devrait signifier qu’il est chronologiquement la dernière créature. Ce qui serait un non-sens complet. Il est évident qu’une fois de plus, il parle de sa priorité sur la création. Il est celui qui est à l’origine de la création ; il est aussi celui qui mettra fin à tout le système qui existe actuellement quand le moment sera venu.

C’est dans ce sens que certaines traductions disent dans Apocalypse 3:14 qu’il est « l’auteur » de la création. Il veut montrer à l’église de Laodicée qu’il a autorité sur eux (parce qu’ils font partie de la création), et non simplement indiquer qu’il existe depuis plus longtemps qu’eux. Cela n’aurait aucun sens dans le message de cette lettre, et ne découle pas du tout du texte original.

Voilà donc ce qu’il en est de la doctrine des Témoins de Jéhovah sur la personne de Jésus en tant que créature. Il y a plusieurs textes qui ne permettent aucune ambiguïté et qui montrent clairement qu’il est le Créateur de tout ce qui a été créé. Les Témoins de Jéhovah les ont modifiés autant que possible dans leur « traduction », sans le moindre appui dans les textes originaux, pour s’appuyer sur d’autres textes tirés de leur contexte pour leur donner un tout autre sens que celui qui découle naturellement des passages en question. Leur position est absolument intenable ; il est manifestement illégitime de transformer le texte de la Bible là où il ne nous arrange pas et de mettre en avant nos interprétations ambiguës de versets tirés de leur contexte.

Quand on regarde ce que dit la Bible, on n’a pas à hésiter sur ce point. Jésus n’est pas une créature, sauf dans la mesure où il le devient par l’incarnation. Au contraire, il est le Créateur de l’univers.

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